La Femme en l'Islam

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La Femme en l'Islam

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La Femme en l'Islam
  • Le Paradis est sous les pieds des mères

  • La maternité : Une cime de dévouement et d’affection

  • Apprécier les dons de la mère

  • I- La jalousie du mari

  • II- La jalousie de la femme

  • L'EGOiSME DANS LA VIE CONJUGALE

  • LA ROUTINE DE LA VIE CONJUGALE

  • LA GESTION DE LA VIE CONJUGALE

  • INTEGRATION ET COMPLEMENTARITE

  • LES QUESTIONS PERSONNELLES DE LA VIE CONJUGALE

  • LE SENS DE LA TRADITION QUI DIT:

  • CONSULTEZ-LES MAIS FAITES LE CONTRAIRE DE CE QU'ELLES VOUS CONSEILLENT

  • LA LUTTE SACREE DE LA FEMME ET L'AUTORISATION DU MARI

  • COMMENT RESSOUDER LES DIFFE'RENDS CONJUGAUX?

  • LES DIMENSIONS DE LA RELATION CONJUGALE

  • LES APPELS A LA LIMITATION DES NAISSANCES

  • LES RELATIONS SEXUELLES ET LE MARIAGE

  • L'EXPERIENCE SEXUELLE: EST-ELLE NECESSAIRE?

  • LA NECESSITE DE LA CULTURE SEXUELLE?

  • LEs TROIS CHOSES DE VOTRE VIE…

  • LE PROBLEME DU CELIBAT PROLONGE

  • LE MARIAGE TEMPORAIRE

  • LES LIMITES DU MARIAGE TEMPORAIRE

  • LES DEPENSES DANS LE MARIAGE TEMPORAIRE

  • CONFUSION DISSIPEE

  • LES DEUX AVIS DU MARTYR MUTAHHARI ET DE AS-SAYYID MUHAMMAD TAQI AL-HAKIM

  • L'INFLUENCE DU MARIAGE TEMPORAIRE SUR LA VIE FAMILIALE

  • LES ASPECTS NEGATIFS DU MARIAGE TEMPORAIRE. COMMENT LES RESOUDRE?

  • COMMENT RESOUDRE LE CONFLIT AU SUJET DES ENFANTS NES DU MARIAGE TEMPORAIRE?

  • PRUDENCE ET CONSCIENCE

  • LE CONTRAT DE TAHRIM:

  • LE MARIAGE CIVIL

  • LA DISTINCTION FONDEE SUR LA DIFFERENCE DE L'APPARTENANCE RELIGIEUSE

  • LA CONCORDANCE DES RESULTATS

  • LE MARIAGE CIVIL: UNE SOLUTION POLITIQUE

  • LE DIVORCE

  • LE DIVORCE: LE LICITE LE PLUS DETESTABLE

  • LE DROIT DU JUGE LEGAL DE PROCEDER AU DIVORCE

  • LES CAS OU` LA FEMME PEUT DIVORCER ELLE-MEME

  • LA POLYGAMIE

  • LES ASPECTS NEGATIFS DE LA POLYGAMIE DU POINT DE VUE DES AUTRES:

  • LA QUALIFICATION LEGALE ET LA BALANCE DES AVANTAGES ET DES INCONVENIENTS

  • COMPARAISON ENTRE LES ASPECTS POSITIFS ET LES ASPECTS NEGATIFS DE LA POLYGAMIE

  • POURQUOI L'HOMME A-T-IL DROIT A` LA POLYGAMIE ET NON PAS LA FEMME?

  • LA CONDITION DE LA POLYGAMIE, OU LA LIBERTE DANS LES LIMITES DE LA LOI: REALISER L'EQUILIBRE.

  • ETRE JUSTE AVEC SES FEMMES

  • LA JUSTICE EST-ELLE UNE CONDITION POUR LA VALIDITE DE LA POLYGAMIE?

  • COMMENT TROUVER L'EQUILIBRE ENTRE CE VERSET ET CELUI QUI NIE LA POSSIBILITE DE LA JUSTICE?

  • REFLEXIONS SUR REGARDS ISLAMIQUES SUR LA FEMME

  • LA FEMME CORANIQUE EST PAREILLE A` L'HOMME ET LA REALITE NUIT AU TEXTE

  • LA LIBERATION DE LA FEMME-ETRE HUMAIN; L'ISLAM VEUT QU'ELLE SOIT NOBLE

  • LE SLOGAN DE LA LIBE'RATION DE LA FEMME

  • LA FEMME, LA REALITE ARRIEREE ET LA FEMINITE

  • LA LOI ET LE TRAVAIL DOMESTIQUE DE LA FEMME

  • LA FEMME ENTRE DEUX ROLES: CELUI DE LA MUSULMANE ET CELUI DE L'EPOUSE

  • LE MARIAGE: UN ESPRIT DE CHARITE

  • LES DEUX EPOUX DOIVENT S'INTEGRER ET SE COMPLETER TOUT EN CONSERVANT LA PARTICULARITE DE CHACUN D'ENTRE EUX

  • LE MARI ET LA FEMME: DROITS ET DEVOIRS

  • LES LIMITES LEGALES DES DROITS DU MARI

  • LE CARACTERE MORAL DE L'EPOUX (I)

  • LE CARACTERE MORAL DE L'EPOUX (II)

  • LES MANIFESTATIONS DE LA COMPASSION

  • RELATIONS ET VIE CONJUGALE

  • LE MARIAGE: UNE RELATION D'AMOUR ET DE COMPASSION

  • CONSEILS ET DIRECTIVES

  • LES FIANçIAILLES: UN MOYEN D'ECLAIRCIR LE TABLEAU

  • LA NON-EQUIVALENCE DES DEUX EPOUX

  • L'HARMONIE DES DEUX EPOUX

  • LES QUALITES RELIGIEUSES ET MORALES

  • LA DOT N'EST PAS UN PRIX QU'ON PAYE EN ECHANGE DE LA FEMME:

  • LES ELEMENTS DU CHOIX

  • LA JEUNE FILLE ET LA LIBERTE DE CHOIX

  • LE MARIAGE: UN LIEN SACRE

  • L'AMOUR ET LA PROBLEMATIQUE DE L'IDOLATRIE DANS L'AMOUR

  • LA PROMISCUITE ET LA TRADITION ATTRIBUEE A AZ-ZAHRA

  • L'AMITIE ENTRE LES DEUX SEXES

  • LA NECESSITE D'UNE LARGE CAMPAGNE D'EDUCATION

  • LA FEMINITE DE LA FEMME TELLE QU'ELLE EST PERçUE DANS LES AUTRES SOCIETES

  • LA RELATION HOMME/FEMME ET LA QUALIFICATION LEGALE

  • L'ISLAM ET LA BEAUTE

  • LA DISCIPLINE DE LA LIBERTE ET LA VOIE ISLAMIQUE

  • LA FEMINITE DE LA FEMME

  • LE MEILLEUR MOYEN POUR ABOUTIR A DES RE'SULTATS EQUILIBRES

  • EXEMPLES DE LA SUPERIORITE DE LA FEMME

  • LA REINE DE SABA, CAS EXEMPLAIRE DANS LE RECIT CORANIQUE

  • LA FEMME DE PHARAON, UN AUTRE EXEMPLE

  • LA FEMME CROYANTE, L'IDEAL DE LA PUISSANCE HUMAINE

  • L'APPROCHE CORANIQUE N'ADOPTE PAS LA METHODE SYNCRETIQUE

  • LA FEMME CROYANTE, L'IDEAL DE LA PUISSANCE HUMAINE

  • LE CORAN AFFIRME-T-IL LA DISTINCTION DE L'HOMME ET DE LA FEMME?

  • LA LEGISLATION PREND LA PARTICULARIT EN CONSIDERATION

  • LA NECESSITE DE CONSTRUIRE LA PERSONNALITE

  • LA POSSIBILITE D'UN ROLE ADEQUAT

  • LE PROCESSUS D'INTEGRATION HUMAINE

  • LE SLOGAN DE LA LIBERATION DE LA FEMME

  • FEMME ET LA REALITE DE L'ARRIERATION

  • L'ARRIERATION, DEFINITION DU CONCEPT:

  • L'ARRIERATION: QUI EN EST RESPONSABLE

  • LE ROLE DE LA FEMME DANS LE PROCESSUS DU DEVELOPPEMENT:

  • LA NECESSITE D'EDUQUER LA FEMME

  • LA FEMME ET LE DROIT AU TRAVAIL

  • L'ACTION MISSIONNAIRE DE LA FEMME

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La Femme en l'Islam

La Femme en l'Islam

Auteur:
Français
Le Paradis est sous les pieds des mères La Femme en l'Islam

La Femme en l'Islam
Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux
Louange à Dieu et que la paix soit sur les serviteurs qu'Il a élus.

Dieu créa l'homme et la femme et a voulu qu'ils se meuvent dans les profondeurs de la difficile expérience vivante, pour qu'ils puissent se comporter, avec responsabilité dans la sphère du permis et de l'interdit… le Paradis fut –selon le Noble Coran- le premier lieu de l'épreuve: ils pouvaient, telle fut l'objet de l'épreuve, manger là où ils le voulaient, de tous les fruits du Paradis et de tous ses arbres, sauf d'un seul.

Tout se passait bien dans le sens du respect de l'engagement car l'homme et la femme ne connaissaient qu'une seule dimension de l'expérience: celle consistant à obéir et à se conformer aux recommandations de Dieu. Mais envieux et injuste, Satan qui fut mécontent de la création d'Adam et de l'honneur qu'il obtint auprès de Dieu refusa, par orgueil, de se prosterner devant lui, puis profita de la naïveté d'Adam et d'Eve, de leur bonté, de leur faiblesse et de leur manque de fermeté et de volonté pour leur insuffler l'idée obsessionnelle. Il les incita donc à découvrir l'autre dimension de l'expérience et, les plongeant dans des rêves agréables, il les poussa à s'interroger: pourquoi cet arbre a-t-il été interdit parmi tous les autres? Ils ne pouvaient pas trouver la réponse, mais il la leur insuffla: c'est l'arbre de la vie éternelle, l'arbre des biens inépuisables. Celui qui en mange ne connaîtra pas la mort!

De la sorte, le premier rêve prit place dans l'imaginaire de l'homme et de la femme. Ils en mangèrent donc sans réfléchir et sans se pencher sur les conséquences négatives de cet acte… Ils trébuchèrent ensemble et leurs nudités apparurent à leurs yeux. Alors, ils se mirent à se couvrir avec des feuilles cueillies sur les arbres du Paradis.

L'initiative était prise par l'homme et la femme, mais Adam en fut seul responsable. Cependant, Adam reçut des paroles de son Seigneur qui lui accorda le pardon et le dirigea sur la bonne voie.

L'homme comprit, et sa femme aussi, ce qu'est Satan. Ils saisirent aussi ce qu'est l'autre dimension des choses et ce qu'est l'expérience dans ses conséquences négatives et positives… Ils saisirent ce que veut dire la responsabilité dans son contenu spirituel, intellectuel et pratique… Ils saisirent ce qu'est le terrain du conflit, ce qu'est l'éducation de soi par la crainte révérencielle (taqwâ) et ce qu'est la culture de la volonté par la détermination et la fermeté.

Adam descendit donc avec sa femme et ils s'établirent sur terre. Satan descendit avec eux pour que prenne naissance, dans le bas-monde, l'histoire du conflit entre la raison et l'instinct, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal.

Les messages divins se succédèrent pour mettre l'homme et la femme, ensemble, face à la responsabilité. Si la continuité de la vie s'assurait à travers leur interaction physique, de telle sorte que chacun d'eux, pris séparément, ne pouvait aucunement reproduire la vie dans la nouvelle naissance, l'évolution spirituelle ainsi que le développement pratique et la prospérité matérielle de la vie ne pourraient prendre leur élan que dans la responsabilité commune. Ainsi, chacun –de l'homme et de la femme- a un rôle qui correspond à ses caractéristiques spécifiques les distinguant l'un de l'autre et un rôle commun qui correspond à la communauté de leur appartenance humaine et à celle de leur volonté, de leur pensée et de leur mouvement.

Ainsi, Dieu voulut que l'homme et la femme mettent leur raison en action afin d'équilibrer l'affectivité en la sauvegardant de l'évanouissement et de la déviation. Il voulut qu'ils fertilisent l'affectivité pour ainsi raffiner la raison en l'empêchant de se durcir et de dépasser la mesure. Il leur dit qu'il se peut que l'un d'eux soit plus affectueux que l'autre, en vertu de ses caractéristiques propres relatives à la masculinité ou à la féminité, à la paternité ou à la maternité… Mais cela ne doit pas empêcher la raison d'être puissante, supérieure et dynamique. La raison ne doit être ni figée ni exclue. Il faut la consulter même pour se prononcer au sujet des sentiments relevant du domaine de l'affectivité; il faut s'ouvrir à la raison même quand il ne s'agit que des petites choses de la vie.

A la lumière de cet enseignement, la législation islamique cherche à assurer l'équilibre humain et s'intéresse au rôle central de l'équilibre dans la vie. Elle légifère pour l'homme et la femme pris ensemble; ce qui exige la diversité à l'intérieur de l'unité; ce qui enrichit le contenu intérieur de l'unité à travers la diversité des éléments aux caractéristiques différentes et permet de discerner l'utile dans ce qui est permis et recommandé et le nuisible dans ce qui est interdit et rejeté. Et tout cela à la suite de l'étude minutieuse de ce qui peut leur être avantageux et de ce qui peut rendre meilleur le monde qui les entoure.

Pour toutes ces raisons, il est indispensable de se pencher sur la question des droits de la femme dans la vie, à travers le contenu théorique de ces droits pris dans leur rapport avec le sens de ce qui est avantageux pour la vie pratique, et non à travers le contenu de nos sensibilités affectives. Le caractère limité de notre univers implique que chacun de ces phénomènes, ou des éléments constitutifs de ces phénomènes, perde une partie de son être, de sa conscience, de son tempérament, de son statut ou de ses ambitions, au profit de l'autre. Et ce pour que, dans la vie, il y ait, pour ainsi dire, et puisqu'il est impossible d'atteindre l’absolu, des concessions réciproques pour que chacun échange avec l'autre ce qu'il lui prend contre ce qu'il lui donne.

Le problème de certains penseurs est, peut-être, dans le fait qu'ils se laissent absorber par le drame du sujet au lieu de s'intéresser à l'équilibre de la vie. Ils se détournent ainsi de la réalité pour sombrer dans le déséquilibre, ce qui est un drame encore plus douloureux, dans la mesure où le préjudice touchera les deux parties, l'homme et la femme, à la fois. Car ce que l'une des deux parties fait, sans prise en considération du pour et du contre, est nuisible pour cette partie elle-même et pour l'autre partie.

Ces considérations sont en rapport avec la question des libertés et des modalités de leur respect, lorsqu'on a à observer la réalité sous tous ses aspects et lorsqu'on a à être conscient de toutes les dimensions du problème humain, pris dans son sens réel. Il se peut qu'une contrainte, donc quelque chose d'indésirable en soi, soit imposée à la femme. Mais il se peut aussi que cette contrainte conduise à quelque chose de positif vu sous l'angle de l'équilibre du mouvement vital. Il se peut aussi qu'une contrainte semblable, en rapport avec ses responsabilités et ses devoirs, soit imposée à l'homme. Elle pourrait porter atteinte à son orgueil mais pour lui assurer beaucoup de bien sur le plan de l'équilibre des droits et des devoirs qui sont communs à l'homme et à la femme.

Le problème est que beaucoup de gens regardent le tableau sous un seul angle et se penchent sur un seul aspect des problèmes. Ils ne s'aperçoivent pas, de ce fait, du secret qui explique la présence de la beauté ici et de la laideur ailleurs, du bien sous cet aspect-ci et du mal sous cet aspects-là.

Ces réflexions sont une tentative pour saisir la ligne de l'équilibre dans le regard que porte l'Islam sur la femme considérée dans son indépendance, mais aussi sous l'angle de sa vie avec l'homme, sous l'angle de sa responsabilité dans la vie et dans les appels discrets de son humanité et de ses aspirations.

Il nous semble que, dans leurs expériences dans le domaine de l'ijtihâd (effort intellectuel), les jurisconsultes doivent multiplier leurs efforts et se pencher sur l'affaire avec l'ouverture intellectuelle nécessaire pour comprendre le texte sans rester prisonniers des aspectes négatifs de la réalité. Et ce pour découvrir la profondeur de la conception islamique de cette question vivante qui continue à alimenter les discussions qu'elles soient au niveau des idées, de la législation, de la méthode et du mouvement…. Certaines fatwa (qualifications juridiques) sont prononcées, il est vrai, à partir de conditions subjectives et non objectives.

Nous espérons tant que ce livre arrivera à traduire la contribution de la conception islamique de la femme et que les observations et remarques des lecteurs seront assez critiques pour corriger l'erreur, empêcher la déviation et éclairer l'idée.

Louange à Dieu, le Maître des Mondes!

Nous comptons sur Lui,

Il est le meilleur de ceux auxquels on se confie!

Le Paradis est sous les pieds des mères
La maternité : Une cime de dévouement et d’affection
Dès ses débuts dans le Noble Coran et la sainte Sunna prophétique, l’Islam a donné à la mère un statut distingué par rapport à celui du père pour ce qui est du dévouement, d’affection et de charité. Car pour donner la vie à l’enfant, la mère met la totalité de l’effort et porte la totalité du poids. Il existe une différence entre la paternité et la maternité. La première ne constitue pas une fatigue corporelle pour l’homme qui ne met en œuvre que son instinct et son désir, alors que la seconde constitue une tâche lourde et expose la mère au danger. C’est elle qui entretient l’enfant, qui le nourrit de tout son corps et aux dépens de sa santé, qui s’expose au danger lors de l’accouchement et de l’allaitement, ce qui entrave la liberté de la mère et réduit l’espace de son mouvement.

Dieu, le Très Haut, a parlé des peines de la mère beaucoup plus que celles du père : ((Et nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses parents. Sa mère l’a péniblement porté et péniblement accouché. Grossesse et sevrage en trente mois, puis quand il a atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il a dit : ‘ô Seigneur ! Dispose-moi pour que je rende grâce du bienfait dont Tu nous a comblé, moi et mes parents’)) (Coran XLVI, 15).

D’autre part, le père a le mérite de travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Pour cette raison, Dieu considère le père et la mère comme égaux dans la responsabilité à l’égard de l’enfant et dans le devoir de bienfaisance de ce dernier à leur égard. Cette égalité est signalée dans beaucoup de versets coraniques, mais la mère a beaucoup de mérites en raison de ses peines dans la grossesse et l’accouchement.

Dans ce sens, la Tradition Prophétique dit que « Le Paradis est sous les pieds des mères ». D’autres Traditions disent que si la mère enceinte est décédée lors de l’accouchement, elle aura la même rétribution que les martyrs, ces derniers protégeant la terre de la nation et sa dignité, alors que la mère donne naissance aux martyrs, aux combattants, aux savants, aux dirigeants et aux réformateurs.

Dans l’Epître des Droits, l’Imâm Zayn al-‘âbidîn (p) adresse à chacun de nous les paroles suivantes : « Le droit de ta mère revient au fait qu’elle t’a porté là où personne ne supporte personne, qu’elle t’a donné du fruit de son cœur ce que personne ne peut donner à personne, qu’elle t’a protégé par la totalité de son corps sans se soucier de sa faim pour te donner à manger, de sa soif pour te donner à boire, de son dépouillement pour t’habiller, du soleil brûlant pour t’ombrager, d’avoir des insomnies pour te procurer le sommeil. Elle t’a protégé de la chaleur et du froid et il n’est dans ton pouvoir de la remercier que par l’aide de Dieu ». Il est clair que ce que la mère procure à son enfant ne peut être procuré par personne à quiconque d’autre.

Apprécier les dons de la mère
On rapporte qu’un homme a dit au Messager de Dieu (P) : « Je donne à manger à mes parents, je les porte sur mon dos et je les lave. Ai-je ainsi accompli mes devoirs envers eux ? ». - « Non ! a répondu le Prophète (P), car tu les sers tout en attendant qu’ils meurent, alors qu’ils t’avaient servi en ne pensant qu’à ta vie ». D’après l’Imâm al-Bâqir (p) « Mûsâ Fils de ‘Imrân (Moïse) (p) a dit : ‘ Seigneur ! Fais-moi une recommandation !’. Dieu a répondu : ‘Je te recommande de ne pas M’oublier’ et Il l’a répété trois fois. Moïse (p) a demandé une deuxième fois : ‘Seigneur !

Fais-moi une recommandation !’ Dieu a répondu : ‘Je te recommande de ne pas oublier ta mère’. Et comme Moïse (p) demandait encore une recommandation, Dieu lui a recommandé sa mère trois fois et son père une seule fois ». D’après l’Imâm as-Sâdiq (p) « Un homme a demandé au Messager de Dieu (P) : ‘ô Messager de Dieu ! Avec qui je dois être plus charitable !’. Le Messager de Dieu (P) a répondu : ‘Avec ta mère’ et il l’a répété trois fois avant de dire une seule fois : ‘Avec ton père’». A un homme qui s’appelait Abû Muhzam et qui a parlé durement à sa mère, l’Imâm as-Sâdiq (p) a dit : « ô Abû Muhzam ! qu’as-tu fait avec ta mère ? Hier, tu as parlé durement avec elle ; ne sais-tu pas que son ventre est une maison où tu as habité, que son giron est un berceau qui t’a bercé et que son sein est un abreuvoir d’où tu as bu ? Et comme l’homme répondait par l’affirmatif, l’Imâm (p) lui a dit : « Ne lui parle pas durement ». Le Noble Coran a recommandé de ne pas maltraiter les parents même par le plus infime des mots : ((Si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse près de toi ; alors ne leur dis point : ‘Fi’ et ne les repousse pas, mais dis-leur noble parole. Et par miséricorde baisse pour eux l’aile de l’humilité et dis : ‘ô mon Seigneur ! Fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit)) (Coran XVII, 23-24). Cette humilité ne rabaisse pas l’homme mais l’élève car elle est l’humilité de la miséricorde.

Un homme qui a embrassé l’Islam après y avoir été appelé par l’Imâm as-Sâdiq (p) alors que sa mère n’a pas abandonné sa religion est venu voir l’Imâm et lui a demandé conseil au sujet de la manière d’échanger avec sa mère. L’Imâm (p) lui a dit : « Change la manière avec laquelle tu servais ta mère et tu la soignais lorsque tu suivais encore sa religion, mais en doublant les services que tu lui rendais ». Remarquant ce changement, la mère a appris de son fils que c’est en raison de sa conversion à l’Islam et lui a demandé de lui expliquer l’Islam qu’elle a fini par l’embrasser à son tour.

Le Commandeur des Croyants (p) marchait un jour avec un homme de religion juive. Arrivant à un carrefour, l’Imâm (p) a continué à accompagner le Juif qui lui a demandé s’il a changé de chemin. L’Imâm (p) a dit : « Non ! Mais le Messager de Dieu nous a recommandé lorsque nous accompagnons quelqu’un en route de continuer à l’accompagner, sur son chemin, pour quelque temps par respect du droit de la compagnie ». Apprenant que cela fait partie des moralités de l’Islam, le Juif a prononcé la profession de foi de l’Islam. Voilà une façon d’appeler à l’Islam par la bonne parole et par la belle exhortation et qui diffère de celle où certains le font comme s’ils tenaient les portes du Paradis dans leurs propres mains, alors que Dieu dit : ((Dis : ‘Si vous étiez maîtres des trésors de la miséricorde de mon Seigneur, vous les serreriez, certes, de peur de dépenser)) (Coran XVII, 100).

La question de la maternité est donc essentielle en ce qui concerne le programme islamique propre à la famille. Ce que nous avons dit à ce propos nous met face à deux responsabilités : Celle des parents à l’égard de l’enfant qu’il soit garçon ou fille, d’une part, et celle de l’époux, d’autre part. Le problème de certains époux est qu’ils ne donnent pas la juste valeur à la maternité. Ils ne respectent pas les efforts de la mère et son dévouement. I’un d’eux entre dans la maison et sort comme s’il était « Antar » !

D’autre part, l’homme doit être conscient lorsqu’il choisit la mère de ses enfants. Il doit choisir celle ayant assez de conscience, de bons caractères et de bonne éducation. Il ne doit pas compter sur le coup de cœur, car la Tradition dit : « Celui qui épouse une femme pour sa fortune ou sa beauté, Dieu le privera de sa fortune et d sa beauté », car en vivant dans le cadre de la vie conjugale, on ne vie pas avec le carnet de chèques ou avec le tableau d’art, mais avec une femme et à travers sa raison, son humanité et ses bons caractères. « Epouse celle qui est pieuse » a dit le Prophète (P) à un homme qui lui a demandé conseil à ce propos. Bien sûr, il ne s’agit pas de la piété formelle, mais de la piété par la raison, par les sentiments et par toute la vie.

Une fois que l’homme choisit sa femme, il doit prendre sa maternité en considération et reconnaître ce qu’elle fait en matière d’effort. De son côté, la femme doit prendre son mari en considération, car si elle a peiné pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, le mari peine aussi jour et nuit pour que la vie familiale soit complémentarité entre l’homme et la femme dans tous les domaines. Ensemble, ils se rapprochent de Dieu et si tous les deux sont bons avec leurs enfants, Dieu les réunit tous dans la demeure de Sa miséricorde : ((Les Jardins d’Eden, où ils entreront, eux et aussi ceux qui font le bien parmi leurs ancêtres, épouses et descendants. De chaque porte, sur eux, les anges entreront : ‘Paix sur vous, pour ce que vous avez enduré !’ ; combien meilleure est la demeure finale !)) (Coran XIII, 23-24). Dieu dit aussi : ((Et c’est là que doivent entrer en concurrence les concurrents)) (Coran LXXXIII, 26).

I- La jalousie du mari
Il existe deux raisons qui peuvent être à l'origine de la jalousie:

La première consiste dans la puissance des sentiments que le mari porte envers sa femme, sentiments qui lui font craindre toute autre personne, qui lui font craindre la possibilité que sa femme ne soit attirée, d'une manière spontanée, par un autre homme. Avec ces sentiments, il commence à la harceler par des doutes, par des pressions concrètes ou par des expressions violentes. Il commence à se conduire vis-à-vis d'elle comme se conduit celui qui aime quelque chose et qui craint la perte de ce qu'il aime.

La seconde consiste dans la peur des conditions et des circonstances qui entourent la femme et qui peuvent conduire à la déviation. Ces conditions peuvent être en rapport avec l'éducation de la femme qui peut parfois la poser dans une situation proche de la déviation, ou avec les circonstances issues des contraintes sociales qui poursuivent la femme et la poussent dans le sens de la chute. Ces contraintes deviennent actives lorsque l'homme se trouve soumis à une sorte de chantage dans le milieu social et moral où il vit, surtout si cet homme a déjà connu l'expérience de l'infidélité conjugale, en étant lui-même le victime ou le bourreau des autres. Dans ce cas, il peut lui être difficile d'avoir confiance en une autre femme et même s'il arrive à trouver une femme qui lui inspire la confiance nécessaire, il ne peut jamais se libérer de la peur de voir cette femme devenir comme les autres qui dissimulent l'infidélité derrière le voile de la pudeur.

Nous pensons que la jalousie trouve ses racines essentiellement dans ces deux phénomènes. Il se peut que la manière avec laquelle la femme vit dans la société, ainsi que la nature de ses relations avec l'autre sexe participent à susciter le sentiment de jalousie. Par exemple, la femme de haut niveau de beauté physique peut facilement séduire les hommes et peut être aussi facilement exposée à la séduction de leur part. Nous pensons qu'il est du devoir de l'homme d'aider une telle femme à se protéger, de tous les côtés, des failles ou des brèches qui peuvent laisser la déviation s'introduire dans sa vie. A ce propos, il se peut que certains hommes –parmi ceux qui comprennent mal les besoins de leurs femme sur les différents plans de la communication humaine, morale ou sexuelle- agissent d'une manière qui provoque chez leurs femmes l'apparition de points faibles que les autres pourront bien exploiter…

Il se peut aussi que certains hommes agissent d'une manière qui suscite le doute de la femme et la conduise à perdre sa confiance en elle-même et, par la suite, à dévier du droit chemin. Certaines femmes peuvent répondre au doute par la révolte. Elle cherche à s'y affirmer et la transforme ainsi en une réalité à partir de laquelle elle punit son mari et se venge de lui.

Pour cette raison, le mari doit faire de telle sorte à ce que sa femme ait confiance en lui pour qu'elle puisse avoir confiance en elle-même. Il est indispensable que le sentiment amoureux qu'il a envers sa femme soit un élément qui renforce sa confiance en elle et non pas son doute. S'il doute de certains comportements de sa femme, il doit lui en parler avec franchise, dans le cadre d'un effort de compréhension et d'étude objective des éléments susceptibles de conduire au doute ou aux soupçons.

C'est ce que nous pouvons dégager de la recommandation de l'Imam 'Ali (p) à son fils l'Imam al-Hassan (p) où il dit:

"Evite la jalousie là où il ne doit pas y avoir de jalousie, car celle-ci peut rendre malade celle –d'entre les femmes- qui est saine. Agis sagement avec elles et, au cas où tu remarques une faille, n'hésite pas à réprimander les grands, mais aussi, les petits gestes".

Si l'homme essaye de provoquer la jalousie de sa femme ou d'être jaloux à son égard, dans les situations normales qui ne suscitent ni crainte ni jalousie, comme lorsque la femme parle avec un homme de sa parenté, ou avec n'importe quel autre homme parmi ceux auxquels on peut avoir besoin de parler dans les conditions normales, cet homme peut, avec sa jalousie injustifiable, pousser sa femme innocente à douter d'elle-même et à tomber en proie à de graves problèmes psychiques.

Et lorsque la jalousie se pose comme étant un phénomène normal où l'homme fait face à la question sur la base de la protection de la femme vis-à-vis de la déviation, d'une manière raisonnée et bien étudiée, la jalousie peut alors être considérée comme relevant de la foi.

Mais lorsque la jalousie se transforme en un phénomène morbide, en un "complexe psychique", elle devient un problème pour l'homme et pour la femme. Elle peut, le plus souvent, constituer une injustice qu'on exerce à l'égard de la femme et un moyen de la bouleverser et de lui faire perdre sa confiance en elle-même.

II- La jalousie de la femme
La première cause de la jalousie de l'épouse est l'amour qu'elle porte à son époux et sa crainte de le perdre. C'est ce que l'Imam as-Sadiq (p) exprime dans la réponse qu'il donne à une question que lui pose l'un de ses compagnons disant que "la femme poursuit son mari avec sa jalousie au point de l'accabler et de le submerger". "C'est le fait de l'amour!" répondit l'Imam (p).

La femme peut donc être jalouse parce qu'elle aime son mari et craint de le perdre, de le voir partir avec une autre femme. Cette crainte est d'autant plus légitime que son mari a le droit de se marier avec une deuxième ou une troisième femme… qu'il a le droit d'avoir recours au mariage temporaire… La jalousie peut être considérée, dans ce genre de situations, comme un phénomène naturel dans la mesure où elle se fonde sur l'amour que la femme porte à son mari et sur sa crainte de le perdre. Mais en la considérant ainsi, on fait abstraction du fait que la jalousie peut suivre une direction extrémiste lorsque la femme se comporte dans un sens contraire à ce qui est permis par la loi divine…

L'Islam n'intervient pas dans les affaires relatives aux états psychiques de la femme. Celle-ci peut ne pas regarder d'un bon œil le mariage, temporaire ou permanent, de son mari avec une autre femme. L'Islam ne lui reproche pas son mécontentement à cet égard, mais il condamne son comportement négatif qui peut contribuer à empêcher son mari de jouir de son droit ou qui peut lui être injustement désavantageux. Ce sont ces considérations qui permettent de comprendre les paroles du Commandeur des Croyants, l'Imam 'Ali disant que:

"La jalousie de la femme relève de l'impiété".

Cela ne veut pas dire qu'elle est identique à l'impiété, mais qu'elle conduit à certaines manifestations d'impiété, à savoir: considérer comme illicite ce qui est divinement institué licite. Car la femme peut prendre, sur le plan de ses sentiments, une attitude négative extrémiste vis-à-vis du mariage avec une autre femme de son mari, et se comporter comme si ce mariage est illicite, ou comme si son mari pratiquait l'adultère. Elle peut exagérer dans la condamnation du geste de son mari, ce qui peut conduire à une attitude équivalente à la condamnation de la Législation et à la protestation vis-à-vis de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- et de sa législation concernant cette question. En effet, certaines femmes peuvent considérer cette législation comme injuste et ce, sans se soucier de ses justifications légitimes et légales.

La seconde raison de la jalousie féminine consiste dans la nature des comportements de l'homme, surtout lorsque cet homme est brillant et admiré par les femmes, ou lorsqu'il fait partie de ceux qui vivent pour la satisfaction de leurs désirs et caprices.

Il se peut aussi que ce phénomène soit issu des comportements que certaines femmes adoptent dans leurs relations avec leurs maris.

Nous disons donc à la femme et à l'homme que la jalousie est un phénomène humain. Tout homme, qu'il soit homme ou femme, connaît l'instinct d'appropriation. L'homme aime, de son côté, posséder la femme dans son affectivité et dans sa raison et la femme aime, de son côté, posséder l'homme dans son affectivité, dans sa raison et dans toutes les affaires de son existence. Nous devons considérer les relations humaines comme des relations dynamiques et ouvertes qui ne peuvent pas être soumises à des règlements rigoureux. L'homme ne peut pas étouffer les horizons de sa femme d'une manière définitive et décisive et la femme ne peut, non plus, étouffer les horizons de son mari d'une manière définitive et décisive.

Pour ces raisons, il est nécessaire de se comporter, face à la jalousie, d'une manière raisonnée, équilibrée et placide. Il en est ainsi car l'étude minutieuse, par la femme, des dispositions mentales, psychiques et vitales de son mari, ainsi que celle de ses caprices et de ses différentes situations est d'autant plus nécessaire que la femme peut être, parfois, obligée, si elle tient à son mari, de lui laisser une certaine marge de liberté pour la satisfaction de ses désirs licites. Cela veut dire qu'elle doit "laisser tomber" dans certaines situations et "demander des explications", dans certaines autres. Mais cette dernière solution doit se faire "en douceur", de sorte que l'homme se sente envahi par le feu ardent du désir amoureux et non pas par celui de la haine et de la rancune.

Qu'elle soit exprimée dans les relations conjugales ou dans tout autre genre de relations, la question humaine doit être affirmée à travers le fait que l'être humain est capable de gagner le cœur d'un autre être humain au moyen de la bonne parole et du comportement convenable. Ces moyens sont beaucoup plus efficaces que la pression et les autres moyens contraignants. C'est ce que l'enseignement coranique affirme dans le verset qui dit:

"Dis à mes serviteurs de dire les meilleures paroles". Coran, "al-Isra'" (le Voyage Nocturne), XVII 53.

La bonne parole a la valeur de l'aumône. C'est elle qui ouvre le cœur. Il est donc du devoir des deux époux qui souffrent d'une jalousie fondée, dans la plupart de ses manifestations, sur un amour profond…, il est de leur devoir de savoir comment faire face au problème pour le résoudre de manière à rendre la vie conjugale plus ouverte, plus heureuse et plus humaine, au lieu de lui faire face d'une manière qui détruit la vie conjugale et fait tomber ses décombres sur les têtes de tous.

L'EGOiSME DANS LA VIE CONJUGALE
Lorsque nous parlons d'une vie conjugale raisonnée et équilibrée, nous parlons de deux époux normaux et non pas de deux époux anormaux qui éprouvent de la répulsion l'un pour l'autre. Nous parlons de deux époux qui ont, en eux-mêmes, le sens humain et non pas le sens de l'égoïsme qui pèse sur les conditions de l'autre et se heurte à son propre égoïsme qui pèse, à son tour, sur ses propres conditions. Nous parlons de deux époux dont la vie de chacun d'entre eux se fond dans la vie de l'autre. Nous ne parlons pas de deux individus dont chacun ne sent que soi-même, qui pense qu'il n'a d'autre rôle que d'affirmer sa particularité aux dépens de l'autre. Nous parlons d'une situation où le mari sent de la compassion envers sa femme lorsqu'il témoigne des peines et des efforts qu'elle déploie au service de la famille. D'une situation où la femme se sent solidaire de son mari qui peine et passe tout son temps dans des situations dures et difficiles qui l'obligent à souffrir de l'humiliation et de l'oppression des conditions de travail et des patrons pour lui assurer, à elle et à ses enfants, une vie noble et honnête. L'épouse doit comprendre ces situations ainsi que le besoin qu'a son mari de se reposer. Elle doit lui assurer l'atmosphère de tendresse et de chaleur qui lui manque dans ses rapports avec les patrons et dans les dures conditions de travail qui l'oppriment et entament son humanité.

Elle doit sentir le besoin d'être, sur le plan affectif, comme la mère de son mari et se représenter l'image de la mère et son attitude vis-à-vis de son fils, elle doit savoir comment le couver dans sa douleur et dans sa fatigue pendant le jour comme durant la nuit pour compenser ce qu'il perd, ou pour alléger ses peines. Elle doit vivre cette expérience pour connaître ce que veut dire le sacrifice et le don charitable et pour se représenter le sens conjugal qui fait entrer chaque partie de la relation dans l'âme de l'autre pour ouvrir sa vie au grand espoir et à l'immense vie. De son côté, le mari doit répondre à l'affection par l'affection et à l'amour par l'amour. Nous pensons que chacun de nous retient en lui, et jusqu'à sa vieillesse, sa personnalité d'enfant: il sent donc le besoin de la maternité et de la paternité même dans sa vieillesse, la femme peut, de son côté, sentir le besoin de vivre le rôle de mère, vis-à-vis de son mari, et ce pour lui procurer affection et tendresse. L'homme peut, de son côté, sentir le besoin d'être le père de sa femme pour lui procurer ce dont elle a besoin en matière d'affection et de tendresse. Et ce parce que toute personnalité ne meurt pas en nous, mais reste vivante au profond, où elle respire et éprouve le besoin d'assouvir sa faim qui peut demander à être satisfaite durant toutes les phases de la vie humaine. La nature de ces phases que nous traversons affirme, elle-même, l'existence profonde de ce besoin. Ce besoin n'est pas simplement une chose quelconque dans notre histoire, mais la base même au-dessus de laquelle s'élèvent les autres phases dont chacune n'est rien d'autre que la base de la phase suivante.

C'est pour cette raison que l'homme peut être enclin à jouer à l'âge de soixante ans. Il peut sentir le besoin de s'ébattre et de s'amuser comme les enfants. Beaucoup de pères récupèrent leur enfance à travers l'enfance de leurs enfants et vivent avec eux comme s’ils étaient eux-mêmes des enfants. C'est peut-être de ce phénomène que le Prophète (P) parlait lorsqu'il disait:

"Que le père d'un enfant se comporte avec lui comme s'il était lui-même un enfant".

A ce propos, l'éducation de bonne qualité est celle où l'éducateur entre dans la peau de la personne éduquée. Il ne s'agit pas ici d'un artifice où on joue le rôle de l'enfant. Cela peut être le cas au début de l'expérience. Mais au fur et à mesure de l'évolution de la situation, l'enfance de l'adulte se réveille et le plonge totalement dans le rôle qu'il joue au point qu'il oublie pour un instant, le fait qu'il est un vieillard ou un jeune homme et non plus un enfant…

L’homme qui ne vit pas son enfance dans son âge adulte et qui ne vit pas sa jeunesse dans sa vieillesse est un homme qui ne fait que tuer les éléments fondamentaux de sa personnalité au profit d'autres éléments. Un tel homme vit comme un "complexé" qui s'étouffe dans la phase actuelle de sa vie se privant ainsi des phases antérieures qui ont la vertu de lui procurer une ambiance chaleureuse et des états de fraîcheur nécessaires pour adoucir la vie dans les phases à venir.

LA ROUTINE DE LA VIE CONJUGALE
La routine est un phénomène ordinaire qui prend naissance au niveau de toute relation entre deux personnes qui vivent ensemble en permanence, dans toutes les situations et pour une longue période, au point que chacune d'elles perd toute ombre de mystère qui pourrait susciter l'intérêt de l'autre et l'inciter à tendre vers elle pour la découvrir.

Dans la relation conjugale, le mari ne tarde pas à être entièrement connu par sa femme et celle-ci à l'être par celui-là. Leur vie devient alors très commune et sans excitation commune, dans la mesure où ils administrent leurs relations sociales, leur vie privée, leurs désirs et leurs affaires domestiques en les enfermant dans un système clos. De la sorte, il ne reste pas à la disposition de chacun d'eux de quoi intéresser l'autre et l'attirer. Même les éléments d'excitation qui animaient et vivifiaient leur relation avant et au début de leur vie commune disparaissent car, lorsque l'homme satisfait ses besoins sous tous leurs aspects, ceux-ci ne tardent pas à s'émousser et à se banaliser. Cela n'est pas un phénomène qui caractérise la seule relation conjugale, mais un fait qui s'étend pour marquer toutes les relations humaines comme la parenté et l'amitié, etc…

Au début de la relation, les rapports sont normalement dynamiques et énergiques, mais ils finissent, avec le temps, par tomber sous l'emprise de l'inertie, de la fermeture et de la routine, ce qui conduit à l'ennui qui peut menacer la relation.

Le même phénomène peut être constaté au niveau de nos réactions face aux expressions de l'originalité, de la majesté et de la beauté dans la vie.

Ces expressions peuvent parfois ne pas nous sensibiliser. Le soleil, la lune, les fleuves… peuvent ne pas nous sensibiliser. Même la nourriture, les vêtements et toutes les autres choses que nous aimons peuvent perdre leur attrait et cesser de nous intéresser lorsqu'elles nous deviennent familières à force d'être toujours présentes devant nous.

Il est donc nécessaire, pour les deux époux, de se mobiliser pour trouver ce qui pourrait renouveler leur activité et leur dynamisme, même au niveau des petits détails de leur vie au foyer. Il peut être utile, à ce propos, de changer, de temps en temps, l'ordre des choses dans la maison et celui même des désirs conjugaux intimes. Il leur est utile, par exemple, de modifier leurs manières de satisfaire leurs désirs. Il peut leur être utile, dans le cas où ils possèdent le niveau culturel nécessaire, de poser et de discuter des questions nouvelles, dans le domaine culturel ou politique… Cela pourrait introduire quelque chose de nouveau dans leur vie et affecter, pour les améliorer, leurs discussions, leurs désirs, leurs affaires domestiques et leurs relations sociales…

Nous pensons que la découverte de la nouveauté, ou de la création, au sein de la vie conjugale, peut préserver la vitalité nécessaire pour que cette vie suscite l'intérêt réciproque de l'homme et de la femme. Et ce à travers le fait que chacun réalise quelque chose pour l'autre, comble le vide de sa pensée et répond positivement à ses désirs et à ses besoins de renouvellement. Nous aspirons toujours au nouveau et, de ce fait, les deux conjoints doivent agir dans le sens du renouvellement de leur vie conjugale. Il va de soi qu'une telle affaire ne peut se réaliser sans plus de conscience, davantage de conditions favorables et plus d'ambiances sociales convenables. Il faut surtout un niveau culturel suffisant pour ouvrir chez chacun les horizons nécessaires pour constituer le champ du renouvellement escompté.

LA GESTION DE LA VIE CONJUGALE
Il est évident que c'est la personne la plus consciente qui doit tenir la responsabilité de la gestion et de la planification. Dans la vie conjugale, il se peut qu'il y ait harmonie et équivalence des niveaux de conscience de l'homme et de la femme. Mais il se peut que l'un soit plus conscient que l'autre. Dans le premier cas, les deux conjoints doivent s'accorder sur la planification de leur vie et sur la distribution des rôles qu'ils doivent remplir pour mieux gérer cette vie en tout ce qui touche la responsabilité de chacun envers l'autre, ou envers leur vie commune.

Si le niveau de conscience n'est pas le même, la partie qui est plus consciente doit se charger de la planification pour la gestion de la relation conjugale. Elle doit chercher à contenir la pensée de l'autre dans sa conscience, à l'inciter à participer à la planification et à la gestion à travers la découverte et le développement des éléments positifs de sa personnalité, dans le sens de l'intégration et de la complémentarité des rôles dans la gestion commune.

La question de la planification au sein de la vie conjugale ressemble à la question de la planification dans la vie sociale. La planification peut relever des responsabilités de l'élite, comme de celles de la société toute entière, à travers le suffrage universel qui détermine les éléments importants pour le présent et pour l'avenir.

Si la femme est plus consciente que l'homme, elle peut avoir besoin d'étudier la nature des éléments positifs de sa personnalité afin de ne pas provoquer ses susceptibilités quant à la question du niveau de conscience. Elle ne doit pas toucher au sentiment, même s'il est morbide, de sa virilité, sentiment qu'ont les hommes qui imaginent que l'élément masculin est supérieur à l'élément féminin. La femme doit, dans les situations de ce genre, essayer de pénétrer dans sa conscience, dans ses sentiments, pour lui présenter le projet comme s'il était produit en commun. Puis, elle doit passer à l'étude des détails de la gestion au sein de la vie conjugale pour les partager avec l'homme. La femme peut arriver, par son tact, par sa finesse et par sa conscience, à gérer la vie conjugale dans les affaires intérieures, ou aussi, dans certaines affaires extérieures. Mais cela doit se faire d'une manière qui respecte l'importance, pour l'homme, de sentir qu'il a raison et qu'il est important. La femme ne doit pas dépasser les limites au-delà desquelles l'homme commence à sentir que le mouvement de sa femme devient de plus en plus étouffant de sa propre personnalité et de son propre sentiment de soi-même.

INTEGRATION ET COMPLEMENTARITE
Dans le cas où c'est l'homme qui détient la responsabilité de la gestion, il est nécessaire pour lui d'avoir un certain nombre de qualités. Il ne doit pas, par exemple, considérer la femme comme une masse négligeable dont le rôle se réduit à recevoir les ordres et appliquer les instructions.

Il doit la considérer comme un être humain qui a un rôle en rapport direct avec le sien, qui a une vie en rapport direct avec la sienne. Il doit agir dans le sens de sa participation, dans la gestion, à sa propre manière. Il doit s'efforcer d'élever son niveau pour qu'elle puisse vivre dans une ambiance qui lui permette d'atteindre plus d'objectifs et d'arriver à plus de résultats.

Il y a une chose essentielle dans toute situation de gestion, qu'elle doit celle de la vie conjugale par l'homme ou par la femme, ou celle de tout autre responsable de ce dont il est responsable. Celui qui est chargé de la gestion doit être sensible à l'humanité de ses collègues. La gestion n'est pas une instance inerte régie par des articles juridiques ou pour des instructions légales ou sociales. Nous devons considérer la gestion comme une instance humaine qui ne peut réussir que dans la meure où toutes les conditions humaines se trouvent réunies pour les personnes qui travaillent dans l'établissement. Pour que cette condition soit remplie, l'homme doit respecter l'humanité de la femme et la femme doit respecter l'humanité de l'homme. L'un et l'autre doivent se conduire à partir de ce sentiment de respect pour que la relation conjugale soit une instance humaine vécue par l'un comme par l'autre. C'est à cette condition que les sentiments et les idées prennent leur essor et s'intègrent de sorte qu'aucune des deux parties ne pèse sur l'autre. Si l'une des deux parties veut soumettre l'autre à sa volonté, elle doit le faire de manière humaine et non de manière sauvage ou autoritaire.

LES QUESTIONS PERSONNELLES DE LA VIE CONJUGALE
Il est nécessaire, tout d'abord, d'évoquer un point présent au niveau de tous le rapports humains. A savoir que chacune des parties de la relation humaine doit comprendre que l'autre possède, comme nous, une sphère personnelle qu'il ne faut pas envahir ou violer.

Il est donc nécessaire pour chacun de ne pas chercher à supprimer la sphère personnelle de l'autre, dans le but de s'approprier sa liberté de bien s'installer dans sa propre sphère personnelle.

Il est naturel qu'en dehors de la vie conjugale, le mari continue à entretenir des relations avec ses parents et ses amis anciens et nouveaux.

Il est naturel aussi que la femme continue à entretenir ce même genre de relations. C'est que la personnalité de chacun d'eux et les différences de leurs statuts sociaux et de leurs relations peuvent être à l'origine d'une particularité différente pour chacun d'eux. Les différences peuvent aussi être présentes au niveau de la culture. L'un peut avoir une culture scientifique et l'autre littéraire. Il n'est pas possible, dans ce cas, que l'un d'eux impose sa culture à l'autre en lui supprimant sa propre culture. Sur cette base, il est naturel que, dans certaines phases de sa vie conjugale, le mari se voit prisonnier de ses propres particularités au point que cela donne naissance à une attitude négative vis-à-vis de sa femme, et ce en raison de certaines failles dans les relations de ses parents avec sa femme, ou en raison de certaines failles dans les relations de sa femme avec ses amis… Et il en est de même pour ce qui est de la femme.

Les deux parties doivent donc tracer des limites et des frontières fixes entre les sphères personnelles de chacune d'elles, et ce dans le but d'éviter que l'une ne pèse sur l'autre dans ce domaine. Ils doivent, dans le cas où la vie conjugale l'exige, sacrifier certaines de leurs sphères personnelles qu'il est possible de sacrifier si un tel sacrifice ne conduit pas à une situation plus difficile à supporter, comme lorsque la nécessité s'impose de renoncer à certaines amitiés ou à certaines relations occasionnelles sans importance capitale pour la vie conjugale.

Quant aux sphères personnelles qui revêtent une importance fondamentale, comme dans la relation du mari, ou de la femme, avec leurs parents, ou entre eux-mêmes, il est indispensable d'étudier toutes les situations afin de s'accorder sur les règles qui empêchent les questions personnelles de l'un de se transformer en un état d'agression sur celles de l'autre. Une telle étude ne peut se faire sans beaucoup de rigueur et de sagesse en raison des sensibilités particulières de certaines relations qui peuvent causer de l'embarras pour le mari ou pour la femme, comme c'est le cas de l'intervention des parents dans les affaires conjugales de leurs enfants. Une telle situation ne peut pas être étudiée dans ses détails et tout ce qui peut se faire est de fixer une ligne générale en vertu de laquelle le mari doit considérer que sa femme n'est pas la femme de tous ses proches parents. De son côté, la femme doit considérer que son mari est son mari à elle seule et, de ce fait, elle ne doit pas permettre à ses proches parents d'intervenir dans la vie de son mari, comme s'ils avaient un plein pouvoir sur lui. Et il en est de même pour le mari.

Le père peut avoir de l'autorité sur son fils. Mais cela ne lui donne pas le droit d'avoir de l'autorité sur la femme de son fils. Il peut avoir de l'autorité sur sa fille, mais cela ne veut pas dire que son autorité s'étend au mari de sa fille. Le mari et la femme sont deux personnes indépendantes de leurs parents respectifs et, de ce fait, il ne faut pas mélanger les choses.

Mais un peu de courtoisie, de la part du mari ou de la femme, peut parfois être nécessaire pour la protection de la sphère personnelle indispensable, à son tour, pour sauvegarder la sphère commune. Les deux époux doivent donc s'accorder et se comprendre mutuellement sur ces questions pour éviter l'intervention des éléments extérieurs qui pourraient saper, de l'intérieur, les fondements de la vie conjugale.


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LE SENS DE LA TRADITION QUI DIT: La Femme en l'Islam LE SENS DE LA TRADITION QUI DIT:
"CONSULTEZ-LES MAIS FAITES LE CONTRAIRE DE CE QU'ELLES VOUS CONSEILLENT"
Il se peut qu'on attribue cette Tradition au Prophète (P). Mais elle a été comprise et bien exploitée pour signifier le mauvais traitement de la femme. Nous pensons que le sens profond de cette Tradition est différent de la signification qu'on lui attribue et ce pour la simple raison que cette signification ne s'accorde pas avec la nature des droits généraux en Islam. Si l'on prend le sens apparent de cette Tradition, nous trouvons que l'homme doit consulter la femme au sujet de toute question avant de décider que le bon choix est le contrarie de son avis, même si cet avis est bon. Mais s'il est vrai que nous accusons certaines femmes d'être trop affectueuses dans les questions qui touchent à l'affectivité, ou d'être affectées paf l'arriération qui les entoure et qui peut influencer leur réflexion, il est vrai aussi que nous ne pouvons pas dire que toutes les femmes sont soumises à l'influence de l'affectivité dans toutes les évaluations qu'elles font des questions intellectuelles ou sociales. Nous ne pouvons pas dire que toutes les femmes sont arriérées. Dans le même sens, on ne peut pas dire que tous les hommes constituent leurs avis à partir de la réflexion rationnelle, car beaucoup d'entre eux le font à partir de l'affectivité. Il arrive même qu'ils soient, dans certaines situations, plus affectifs que les femmes dans leurs façons de gérer leurs vies. Comment donc comprendre cette Tradition?

Nous pensons que cette Tradition s'inscrit dans le cadre de la nécessité, pour l'homme, de ne pas se soumettre à la femme et ce du fait que l'élément naturel qui régit leur relation est le rapport affectif ouvert sur l'élément instinctif et sexuel. Il est naturel, comme nous le savons, que cette fusion de l'élément affectif et de l'élément instinctif ait une grande influence sur la personnalité de l'homme. Cela peut le pousser à être attiré par elle de la même manière qu'il peut lui être soumis, de sorte qu'elle peut arriver à lui imposer ses opinions et le pousser, en exploitant sa soumission à son instinct et à son affectivité, à adopter des mauvaises attitudes. C'est ce que nous remarquons dans les méthodes des services secrets qui utilisent les femmes pour obtenir, à travers les relations personnelles et intimes, des secrets militaires auprès des dirigeants militaires ou politiques. La Tradition mentionnée souligne, d'après ce que nous pensons, la nécessité, pour l'homme, de ne pas habituer la femme à le dominer et à lui imposer ses avis dans toutes les circonstances. Une telle attitude peut conduire à sa domination définitive par elle ainsi qu'à l'effacement totale de sa personnalité devant elle.

"Consultez-les, mais faites le contraire de ce qu'elles vous conseillent". Veut donc dire: habituez-les à être contredites. Une telle habitude permet à l'homme d'être solide vis-à-vis des exigences de la femme et habitue la femme à comprendre que l'homme peut refuser certaines de ses exigences. Cela s'accorde avec les paroles attribuées à l'Imam 'Ali (p) disant:

"Ne leur obéissez pas dans ce qui est acceptable pour ne pas les encourager à prétendre à l'inacceptable".

Cela veut dire que l'homme ne doit pas habituer la femme à être absolument obéie, dans ce qui est permis ou acceptable, dans le sens où l'obéissance doit être vouée à ce qui est permis et acceptable et non pas à la femme elle-même. L’obéissance vouée à la femme et qui s'identifie à la soumission peut inciter la femme à vouloir habituer l'homme à accepter l'inacceptable par l'exploitation de ses penchants affectifs et instinctifs.

Pour cette raison, la Tradition mentionnée ne parle pas de la valeur de l'opinion de la femme pour dire que l'opinion de la femme est sans valeur.

Elle parle plutôt de la nature de la relation entre l'homme et la femme et indique que cette relation doit être fondée sur la prudence dont la fonction est de signaler à la femme la possibilité qu'a l'homme de la contredire, et à l'homme la nécessité de ne pas se soumettre à elle.

"Consultez-les, mais faites le contraire de ce qu'elles vous conseillent" ne veut pas dire que l'opinion donnée par la femme, en réponse à la consultation de l'homme, est contraire à la vérité. La Tradition demande aux hommes d'habituer les femmes à être contredites dans certaines situations, pour qu'elles ne soient pas tentées par la facilité d'exploiter le côté affectif de l'homme dans le but de l'exploiter, et pour que l'homme, lui-même, se montre assez ferme pour ne pas perdre le contrôle de la situation.

Il est donc naturel que l'homme consulte la femme, sur cette base, et de discuter avec elle tout en acceptant qu'elle discute avec lui pour que la discussion soit la base à partir de laquelle il est possible d'atteindre la vérité à travers la conviction. Nous avons dit, au début, qu'il ne nous est pas possible d'adopter le sens apparent de la Tradition mentionnée, car si nous le faisons ainsi, elle signifierait que l'homme qui, par exemple, ne fait pas la prière et qui consulte sa femme pour savoir s'il doit la faire ou non, doit continuer à ne pas la faire si sa femme lui donne le conseil de la faire! Le sens de la Tradition n'est pas celui-là, mais plutôt: "Consultez-les, dans certaines situations et contredisez les, dans certaines autres, et ce pour que la femme comprenne qu'elle ne possède pas l'homme pour prétendre à le dominer et pour que l'homme comprenne qu'il ne doit pas se soumettre à la femme et qu'il doit être prudent dans ce domaine et résister à l'affectivité qui pourrait le conduire vers ce qui ne plaît pas à Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié-".

On peut ajouter à tout cela le fait que l'Islam considère la société islamique comme la société de la Consultation. Dieu -qu'il soit exalté et glorifié- dit dans son Livre:

"…Ils (les Croyants) décident de leurs affaires par consultation" Coran, "ash-Shura" (la Consultation), XLII, 38.

Cela veut dire que les gens doivent se consulter au sujet de toutes les affaires qu'ils ont à traiter et cette consultation permet de profiter de l'expérience ou de la connaissance des uns et des autres. Sur la base de cette considération, la femme qui fait partie de la société islamique est concernée par la consultation.

Il existe des domaines où l'homme et la femme ont des responsabilités communes comme c'est le cas de la maison, des enfants et des relations sociales communes. Lorsque la femme possède un niveau culturel, politique et social qui lui assure l'expérience nécessaire dans ces domaines, l'homme doit la faire entrer dans un dialogue avec lui qui représenterait la ligne de la Consultation. Il doit délibérer avec elle au sujet des questions politiques, sociales et culturelles. Et si nous considérons que la consultation ne représente pas une affaire d'obéissance de l'un à l'autre, mais un dialogue où chacun présente son point de vue pour qu'il soit discuté par l'autre, et pour que la discussion s'inscrive dans la ligne de l'échange visant à atteindre une conviction ou une entente commune, nous trouvons alors qu'aucun problème ne peut se dresser pour empêcher la consultation de la femme par l'homme ou celle de l'homme par la femme. Cela est d'autant plus utile que chacune des deux parties est libre d'accepter les propositions de l'autre si elles lui paraissent convaincantes ou de les refuser dans le cas contraire. Il est donc possible de consulter la femme au sujet de toutes les affaires qu'elles connaît, surtout si ces affaires font partie de celles en relation avec sa propre expérience à elle et avec leur responsabilité commune à elle et à lui. Nous aimerions affirmer, encore une fois, que la discussion concerne la sphère de l'expérience du désaccord qui peut intervenir, dans certaines situations, et qui doit s'inscrire dans le cadre de l'équilibre qui doit, à son tour, marquer la nature même de la relation entre l'homme et la femme.

LA LUTTE SACREE DE LA FEMME ET L'AUTORISATION DU MARI"
Pour étudier la question de la lutte sacrée de la femme et l'autorisation du mari nécessaire pour que la femme puisse sortir pour l'exercer, nous devons, tout d'abord préciser la nature de cette lutte sacrée. Fait-elle partie des activités obligatoires de la femme, du fait que le moment actuel de l'historie de l'Islam caractérisé par la confrontation avec l'impiété et l'istikbar (l’arrogance) a besoin de l'effort de la femme, comme de celui de l'homme, dans les différents domaines de la culture, de la politique et de la guerre? La lutte dans ces domaines est-elle obligatoire pour la femme comme elle l'est pour l'homme du fait que l'intérêt général exige que tous les efforts soient déployés pour atteindre les objectifs escomptés dans tel ou tel domaine de l'action islamique?

Lorsqu'il s'agit d'un devoir que la femme doit accomplir dans les situations imprévues qui changent en fonction du temps, il est nécessaire de poser une autre question: l'obligation de la femme est-elle du genre "'ayni" ou du genre "Kifa'i"? Car les obligations de l'homme ou de la femme peuvent être du genre "kifa'i" c'est-à-dire, elles peuvent relever des responsabilités de tous les sujets responsables de l'application de la loi, mais cessent de l'être du moment où la tâche est parfaitement accomplie par une partie de ces sujets. Mais elle peuvent être aussi du genre "'ayni" où chaque sujet responsable doit accomplir la tâche lui-même et abstraction fait de la participation ou de la non participation des autres à son accomplissent. Cela veut dire que, dans le cas ou, s'agissant de l'obligation "kifa'i", la tâche obligatoire pour la femme est accomplissable par un homme et qu'un homme ait effectivement accompli et perfectionné cette tâche, comme si son auteur était la femme elle-même, l'accomplissement de la tâche cesse alors d'être obligatoire pour la femme. Mais si l'homme ou n'importe quelle autre femme n'accomplit pas la tâche de la femme en question, il est alors de son devoir de l'accomplir elle-même.

Les jurisconsultes appellent la distinction entre obligations "'ayni" et obligations "kifa'i" quant à la question de l'autorisation que la femme doit demander, à son mari ou à ses parents, pour pouvoir accomplir certaines tâches. Les avis jurisprudentiels sont à ce propos nombreux et diversifiés. Mais certains avancent que, conformément à l'obligation "kifa'i", l'autorisation du mari est indispensable si la tâche que la femme demande à accomplir est contraire au droit légal du mari. L'autorisation parentale est aussi indispensable dans le cas où des dangers liés à l'accomplissent de la tâche par la fille sont à craindre. Si l'obligation est du genre "'ayni", c'est-à-dire du genre où la tâche continue à être obligatoire pour la femme, qu'elle soit ou non accomplie par une autre femme ou par un autre homme, aucune autorisation n'est nécessaire de la part des parents ou du mari. La femme ne doit donc pas, dans cette situation précise, demander l'autorisation des parents ou du mari. Plus encore: elle doit leur désobéir s'ils cherchent à l'empêcher d'accomplir son devoir.

COMMENT RESSOUDER LES DIFFE'RENDS CONJUGAUX?"
Si un conflit oppose l'homme et sa femme, les parents doivent s'efforcer de les réconcilier. C'est ce qui est prôné par le noble verset coranique qui dit:

"Si vous craignez la séparation (des deux conjoints), envoyez un arbitre de sa famille à lui et un arbitre de sa famille à elle. S'ils veulent se réconcilier, Dieu les aidera à le faire". Coran "an-Nisa'" (les Femmes), IV, 35.

Et si les tentatives de réconciliation échouent, on recourt au divorce qui devient la solution inévitable, lorsque tous les moyens de sauver la vie familiale s'avèrent inopérants et lorsque la vie commune commence à constituer un danger pour les deux conjoints, ou pour les enfants et la société.

Dans ce cas, le divorce devient un moyen naturel de mettre fin à la relation, un moyen semblable à toute autre rupture, dans tout autre genre de relations humaines.

Le divorce devient une solution dans les situations où la vie conjugale se transforme en une suite sans fin de problèmes, où la vie devient semblable à un enfer insupportable, où les deux conjoints ne retrouvent plus la paix spirituelle et vitale dans leurs relations l'une avec l'autre.

Il devient une solution lorsqu'en même temps, la discorde menace d'avoir des retombées au niveau du développement spirituel naturel des enfants, retombées qui pourraient être à même de détruire leur constitution psychologique et mentale. La discorde peut aussi donner lieu à des problèmes sociaux à travers les rapports des deux époux avec leurs familles respectives, ce qui veut dire que la poursuite de la vie commune sans pour autant mettre fin aux problèmes peut conduire à une discorde aveugle entre les familles des deux conjoints… Dieu a fondé le mariage sur l'amour et la compassion. Si ces deux instances cèdent la place à la haine, à la rancune et à la cruauté, si la réalité ne peut pas être améliorée et si la relation conjugale commence à menacer de se transformer en un lieu animé par la désobéissance à Dieu, un lieu où la femme désobéit à Dieu à travers sa mauvaise relation avec son mari et où le mari désobéit à Dieu à travers sa mauvaise relation avec sa femme… Il est obligatoire, dans telles situations, de recourir au divorce.

Il est naturel que tout homme en relation avec un autre, dialogue avec lui. Cela est d'autant plus nécessaire dans la relation conjugale dont l'influence, positive ou négative, ne touche pas les deux époux seulement, mais va jusqu'à affecter les enfants et le milieu social ambiant. Il est naturel que tout, entre les deux époux, soit fondé sur le dialogue. Le Noble Coran souligne se fait en disant:

"Repousse (le mal) par ce qui est bien…!". Coran XXIII, 96.

Cela veut dire que l'homme doit toujours imaginer les moyens susceptibles de résoudre les problèmes par l'éclaircissement des zones obscures et ambiguës dans le cas où c'est l'ambiguïté qui est à l'origine de l'incompréhension ou du malentendu, et par la liquidation des complications internes si celles-ci sont possibles à liquider.

Il va de soi que l'Islam n'encourage pas le divorce, tout comme il n'encourage pas la rupture de toute autre relation, même au niveau des amitiés personnelles, qu'une fois que tous les moyens sont épuisés de sauvegarder la relation et de l'ouvrir à tous les horizons des causes humaines qui affirment son évolution dans le sens de l'intérêt des personnes concernées. Il est donc nécessaire pour les deux époux d'apprendre la langue du dialogue avant d'entamer leur vie conjugale. C'est ce que nous avons essayé de souligner dans certains de nos discours. Les parents doivent éduquer leurs enfants, les futurs époux et épouses, et leur apprendre à bien accomplir leurs devoirs conjugaux, non seulement au niveau des services que chacun des deux époux doit rendre à l'autre, mais aussi au niveau de la gestion de la vie conjugale à travers la compréhension réciproque, à travers le dialogue et à travers "Repousse (le mal) par ce qui est bien…!", Coran XXIII, 96. Il est indispensable que chacun des deux époux soit éduqué de telle sorte qu'il comprenne qu'il est voué à être le conjoint d'un autre, à ce qu'il comprenne qu'avec le mariage, chacun perd sa vie individuelle pour s'attacher à l'autre dans toutes les instances de sa vie. Il va de soi que chacun cherche les moyens qui sauvegardent la liaison et l'entretiennent dans un état de cohésion semblable à celle des différents membres d'un seul et même organisme.

Il est aussi naturel que la relation conjugale –comme toute autre relation- ne soit pas soumise à des repères matériels car ces repères peuvent être facilement manipulés par tous. Ainsi, nous remarquons, par exemple, que beaucoup de parents, ou de femmes, essayent de chercher des garanties à la continuité de la relation conjugale en exigeant une dot élevée, ce qui peut rendre perplexe le mari dans le cas où il se trouve obligé de recourir au divorce. La dot élevée pourrait l'empêcher de divorcer et le pousserait, dans le cas où il est dépourvu de piété et de vertu, à maltraiter sa femme au point de l'obliger à abandonner la dot et tous ses autres droits. Pour cette raison, nous pensons que les garanties matérielles ne peuvent jamais produire une relation humaine.

Elles ne peuvent, non plus, assurer la continuité d'une relation humaine, les seules garanties valables étant la personnalité humaine englobant la morale, la piété et la considération de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié. Ce sont là les seules instances capables d'empêcher l'être humain de se mal conduire. J'imagine que l'épouse qui découvre un jour, et sous l'influence de telle ou telle circonstance, que son époux s'éloigne d'elle, par son âme et par son esprit, doit songer à se séparer de lui du moment où, ni par ses propres moyens, ni au moyen des autres, elle n'arrive pas à le convaincre et à changer sa posture. Il en est ainsi car l'être humain ne retrouve pas le sens de la vie s'il vit avec un autre être humain qu'il n'arrive plus à souffrir et qui désire ardemment l'abandonner. Nous imaginons que l'épouse ne retrouve ni le bonheur ni le repos du moment où elle sent que son mari n'a plus de vrais sentiments envers elle. Dans cette situation, le divorce constituerait une solution pour son problème, comme il l'est pour celui de son mari. Il est naturel qu'on rétorque, face à ces paroles: "S'il en est ainsi pour ce qui est du mari, que diriez vous de la femme qui n'arrive plus à supporter son mari? Que peut-elle faire pour se débarrasser de lui?".

Dans une telle situation, le Législateur donne à l'épouse le droit de demander le divorce. Elle peut aussi se réserver le droit de divorcer elle-même et poser cette condition avant le mariage du moment où l'homme accepte qu'elle le représente dans l'opération de divorce. Tel est l'avis de certains docteurs de la Loi contemporains. La chose prend une allure tout à fait formelle lorsque la femme décide, avant le mariage, de se réserver le droit de divorcer elle-même.

On peut répondre que le divorce relève de seules prérogatives de l'homme, car le Législateur lui a donné, à lui et non à la femme, le droit de divorcer. On peut dire aussi que cette condition est en contradiction avec le Livre (le Coran) et la Sunna. Mais la vérité est que la femme peut divorcer elle-même si elle pose, auparavant la condition d'être représentative du mari dans l'opération de divorce. Il lui est donc possible, dans le cadre de cette condition, de divorcer elle-même du moment où elle sent qu'elle ne peut plus continuer à vivre et à évoluer avec son mari.

Il en est ainsi car le problème de la femme ou son besoin de divorcer peut ne pas être représenté dans l'un des deux facteurs humains ou affectifs, mais plutôt dans le facteur économique. Car, le plus souvent, la femme qui ne travaille pas et qui ne trouve pas des conditions favorables pour une vie honorable perd, en divorçant, l'élément de la sécurité de sa vie économique. Mais lorsque la femme trouve des conditions favorables pour une vie honorable, la question du divorce a moins d'influence sur la mentalité sociale qui pèse sur les sentiments de la femme divorcée et l'expose à maintes accusations, considérations et attitudes agressives peu normales. C'est une affaire relative à la nature de la sociétés et les sociétés changent de mentalités lorsque tout le monde sait que le divorce est rendu licite par Dieu tout comme le mariage qui est rendu licite par Dieu et que le divorce ne constitue pas un "complexe" pour l'homme. Et il est naturel, pour deux personnes qui n'arrivent pas à s'accorder, de ne pas vivre ensemble et de se séparer d'une manière toute naturelle.

Nous pensons que, pour résoudre ces problèmes, la femme et tout autre être humain ont le droit de chercher à disposer des éléments de la force pour leurs personnalités, éléments qui les protègent et empêchent qu'ils soient écrasés sous le poids des circonstances imprévues. Nous pensons qu'il est nécessaire pour la femme, mais aussi pour l'homme, d'avoir une profession, une expérience ou une situation dans la vie qui leur permettraient de faire face à toutes les circonstances imprévues qui pourraient les mettre en état de dépendance vis-à-vis des autres. Les gens peuvent être asservis par leurs besoins et Dieu veut que les gens soient libres. Il veut qu'ils vivent la liberté vis-à-vis de leurs besoins pour qu'ils puissent vivre la liberté dans ce qui est humain en eux.

LES DIMENSIONS DE LA RELATION CONJUGALE"
L'homme représente cet être vivant qui se comporte à partir de ses instincts qui sont, à leur tour, à l'origine de son mouvement existentiel dans la direction de la réalisation de ses besoins. Il se comporte aussi à partir de sa dimension intellectuelle qui représente les visions constitutives de la conscience qu'il a de l'univers et de la vie. Si l'on considère la relation conjugale sous cet angle, on trouve que l'instinct y est essentiel pour deux raisons. La première est en rapport avec la satisfaction du besoin sexuel qui est aussi le principal moyen d'établir la chasteté dans la vie de l'homme. La seconde est en rapport avec la reproduction du genre humain. Cela signifie que la dimension instinctive constitue un élément essentiel dans le mariage. D'où le grand intérêt réservé par l'Islam aux qualifications en rapport avec la question sexuelle et son importance dans la relation entre l'homme et la femme.

Mais le mariage possède une dimension humaine qui s'ouvre à l'instinct pour lui donner le sens de l'amour et de la compassion, et ce pour que l'instinct cesse d'être quelque chose d'animal et de raide qui n'innerve pas les profondeurs des sentiments humains. Il existe beaucoup de Saintes Traditions Prophétiques qui attirent l'attention de l'homme sur la nécessité, pour lui, d'attendre et de faire en sorte que sa femme atteigne l'orgasme. En même temps, nous remarquons que l'enseignement islamique appelle l'homme à "se faire beau" pour sa femme, tout comme il appelle la femme à "se faire belle" pour son mari. C'est que les femmes aiment avoir des hommes ce que les hommes aiment avoir des femmes. Ainsi, l'Islam dirige l'état sentimental et humain qui anime l'interaction de l'homme et de la femme sur le plan de l'instinct et du désir…, le dirige de sorte à ce que l'homme ne soit pas égoïste sur le plan de la satisfaction de ses désirs. Il fait de même pour ce qui est de la femme dans le but d'unir l'homme et la femme et de les intégrer à travers les sentiments d'amour et de compassion qui font que chacun d'eux pense à l'autre et se comporte sur la base de diriger l'instinct et le désir dans le sens d'assurer le calme physique et la tranquillité spirituelle.

Il est à remarquer que, dans le but d'assurer cette tranquillité, l'Islam a institué des usages légaux et cultuels spécifiques de la relation sexuelle. Ces mœurs comportent des invocations et des formules à prononcer dont la fonction est de s'intérioriser la légalité de cette relation qui est consacrée par Dieu à travers les paroles divines qu'on adresse à la femme au moment de la conclusion du contrat de mariage.

Tout cela signifie que l'Islam s'intéresse à la dimension instinctive sexuelle qui constitue l'élément matériel et aux deux dimensions spirituelles et humaines, et ce pour que la relation conjugale ne soit pas un simple état occasionnel de la dimension physique de l'homme. Cette relation doit être un état multidimensionnel de la personnalité humaine capable d'activer l'amour et la compassion et d'assurer la présence de l'idée divine dans tous les aspects de cette question. A la lumière de toutes ces considérations, on peut dire que l'instinct sexuel est un instinct humain ayant une dimension spirituelle et une autre matérielle et possédant un caractère essentiel et non marginal dans le mariage.

Cette idée peut nous conduire à une autre: nombreux sont ceux qui cherchent à séparer la dimension sexuelle de la dimension humaine, ou qui cherchent à considérer le sexuel comme marginal dans le contrat de mariage. Ceux-là partent d'une considération selon laquelle l'acte sexuel est une activité honteuse. Cela peut être en rapport avec les vues chrétiennes qui essayent d'établir, d'une manière inconsciente, une relation entre le péché et l'acte sexuel tout en présentant le mariage comme une affaire spirituelle n'ayant aucun rapport important avec le corps. Contrairement à cette attitude, l'Islam part d'une considération selon laquelle les besoins humains charnels sont en rapport avec des instincts bien déterminés et créés par Dieu et fixés dans le corps de l'être humain pour lui permettre de conduire le mouvement de son existence dans le sens de la construction de sa vie. L'Islam considère ce besoin comme étant tout à fait naturel au même titre que les autres besoins relatifs à la consommation de la nourriture et de l'eau. De même que l'être humain ne trouve aucune gêne à chercher la satisfaction des ses instincts en se nourrissant ou en buvant de l'eau, il n'est en rien problématique, ni gênant, pour l'Islam, d'encourager l'être humain à satisfaire son instinct sexuel en exprimant son besoin, en cherchent le moyen de le satisfaire et en parlant de la manière qui lui permet d'atteindre son but par les voies légales.

La sexualité est un état très naturel dans l'existence de la personnalité humaine. Elle fait partie intégrante des profondeurs de son humanité et dans celles de l'étendue de son existence humaine. Pour cette raison, le fait de s'interdire la sexualité n'est pas considéré comme quelque chose de moral en Islam et c'est ce qui explique le refus islamique de la vie monacale et la considération, par l'Islam, du célibat comme contraire à la valeur après avoir été identifiée à la valeur même. Cela veut dire que l'instinct joue un rôle moral essentiel dans la personnalité de l'être humain et l'Islam ne veut pas que cet être humain frustre ou refoule ses instincts. Il veut qu'il les satisfasse dans le respect de la droiture que Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- a ordonnée dans Sa Loi.

LES APPELS A LA LIMITATION DES NAISSANCES"
La question de la limitation des naissances suit une ligne variable en fonction des différentes conditions des Musulmans. Il y a des situations où le monde islamique connaît une démographie galopante. La situation économique peut arriver, dans certaines conditions difficiles, à la limite de la chute. Il peut être nécessaire, dans ce genre de situations, de recourir à la planification de la reproduction comme solution faisant partie intégrante d'un plan pour l'organisation de l'économie ou des autres ressources qualitatives de la force dans la société islamique. Les Musulmans peuvent passer à d'autres situations où il leur est nécessaire d'être quantitativement nombreux lorsque, par exemple, ils se trouvent aux prises avec des défis qu'ils ne peuvent confronter qu'au moyen de la supériorité numérique. La limitation des naissances devient dans de pareilles situations le contraire de la valeur à respecter et la reproduction massive devient l'équivalent même de la valeur positive. C'est à partir de cette dernière situation qu'on peut comprendre les paroles du Prophète (P) disant:

"Mariez-vous et reproduisez: je me vanterai, au Jour de la Résurrection, de chacun d'entre vous et même de l'avorton".

Il évoque ici le besoin, pour les Musulmans, d'être nombreux pour pouvoir faire face, en tant que tels, aux autres nations à un moment où la multitude constituait un élément de force. Il va de soi que le Prophète n'appelle pas à s'intéresser au nombre et à la quantité aux dépens de la qualité, mais il est à signaler à ce propos l'importance de la question spirituelle dans les affaires de la foi… Lorsqu'il est question de planifier dans le but d'organiser la réalité vécue dans le monde musulman, on ne doit pas être matérialiste dans notre vision des choses c'est pour cette raison que Dieu dit:

"Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. C'est nous qui leur accordons leur subsistance et à vous aussi. Les tuer est une faute grave" Coran "al-Isra’" (le Voyage Nocturne), XVII 31.

Cela veut dire que l'homme doit prendre en considération la générosité de Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- et Sa miséricorde imprévisible dont parle le verset qui dit:

"… A celui qui craint Dieu, Dieu trouve une issue favorable. Il lui accorde des dons (qui arrivent) par où il n'e s'y attendait pas" Coran, "al-Talaq" (le Divorce) LXV 2-3.

LES RELATIONS SEXUELLES ET LE MARIAGE
Il va de soi que la recherche du mariage, de la part de l'homme ou de la femme, répond à deux besoins: un besoin charnel, naturel, et un besoin spirituel, psychologique, social et vital dont l'objet est de constituer la première cellule sociale, de fonder la maison conjugale et de préparer l'atmosphère de la quiétude spirituelle et de la tranquillité assurées par la fusion de deux êtres humains d'une manière qui brise toutes les barrières. Il est ainsi naturel, pour l'homme dont le besoin sexuel ne trouve pas une satisfaction suffisante dans le mariage, de ne pas être à l'aise dans l'atmosphère de sa vie conjugale. Cela peut menacer la tranquillité dont parle le Coran en évoquant cette question de "sakan" qui signifie la quiétude et le calme spirituel, alors que la satisfaction sexuelle assure un état de tranquillité et d'apaisement des tensions corporelles qui peut conduire, à son tour, à la quiétude spirituelle. Nous ne prétendons pourtant pas que la réussite des relations sexuelles donne plus de chance de réussite au mariage. Car il existe, comme nous venons de le dire, d'autres besoins qui constituent des éléments essentiels pour la vitalité de la vie conjugale. Nous imaginons seulement que la dimension sexuelle est très importante dans la réussite ou l'échec de la vie conjugale, dans son évolution positive ou négative.

L'EXPERIENCE SEXUELLE: EST-ELLE NECESSAIRE?
En étudiant l'histoire de l'homme sous l'aspect relatif au mariage, nous trouvons que l'expérience sexuelle avant le mariage ne constitue pas un élément important pour la réussite de la relation. Nous voyons, au contraire, que la plupart des mariages se faisaient sans expérience sexuelle préalable. Nous remarquons, à ce propos, que l'homme acquiert son expérience, par la pratique directe, dans la question nutritive et les autres questions semblables puisque les domaines régis par la nature humaine possèdent, à l'intérieur de la personnalité humaine, des éléments vitaux qui, très rapidement, procurent l'expérience nécessaire à l'homme. On peut même dire que l'expérience sexuelle pré-maritale peut intervenir pour faire échouer la vie conjugale, car l'homme qui, dans le cadre de ses relations, vit une certaine expérience, dans des conditions particulières, peut ne pas trouver leur équivalent dans la relation conjugale.

Cela peut le "complexer" dans sa relation avec sa femme qui se trouve dans l'impossibilité de lui procurer tout ce qu'il avait connu dans ses relations antérieures. Ce phénomène peut être observé chez beaucoup de personnes parmi celles qui agissent à partir de leurs expériences avec les filles de joie, que ces expériences soient menées dans le cadre de la légalité ou non, ou avec certaines femmes parmi celles qui n'adoptent pas une attitude bien déterminée dans la gestion de la relation. Ces hommes peuvent se heurter à des réactions tout à fait naturelles de la part de leurs femmes qui ne possèdent un tel "art" dans la gestion de la relation, ce qui peut pousser l'homme à considérer sa femme d'une manière négative et faire sombrer la vie conjugale, dès ses premiers pas, dans les problèmes. Nous ne sous-estimons pas la valeur et l'importance de l'expérience dans le domaine sexuel, mais nous ne pensons pas que c'est l'expérience qui assure la connaissance nécessaire à la réussite. Nous ne pensons non plus que la connaissance elle-même possède un rôle important et fondamental sur ce plan.

LA NECESSITE DE LA CULTURE SEXUELLE?
La culture sexuelle liée à la connaissance des débuts de la question sexuelle ainsi que ses conséquences et l'anatomie de l'appareil sexuel et sa physiologie, chez l'homme et la femme, est une question très importante pour l'ouverture des deux époux aux divers horizons susceptibles de mettre la relation conjugale à l'abri de beaucoup de problèmes physiques et physiques et notamment ceux dont peut souffrir l'enfant qui est le fruit de la relation sexuelle. On remarque, à ce sujet, que l'Islam évoque, clairement et franchement, la question sexuelle et les organes sexuels, dans les textes du Coran et de la Sunna, ce qui signifie que l'usage du vocabulaire sexuel n'est pas une chose avilissante ou abjecte dans la culture islamique. Parlant du contrat de mariage, l'Islam arrive même à utiliser le terme de "nikah" (coït ou copulation) qui désigne plutôt l'acte sexuel sous son aspect pratique. Ainsi, nous ne refusons pas la culture sexuelle. Mais nous disons que cette culture doit s'éloigner de l'atmosphère de l'excitation par l'adoption de la terminologie scientifique et non des films pornographiques et des autres méthodes d'excitation courantes.

Il est, pour cette raison, nécessaire que les jeunes soient prudents quant aux publications destinées à l'excitation et non pas à servir les causes culturelles et humaines. Et si certaines personnes profitent de ces publications pour réanimer certaines de leurs fonctions corporelles engourdies, elles perdent, en échange, beaucoup de leur immunité spirituelle et morale ainsi que de leur équilibre psychologique, ce qui les met en contact avec le monde à travers ses aspects sales et non à travers ses aspects propres. Mais l'Islam veut que, dans son matériel culturel, et même dans ce dont il a besoin parmi les éléments d'excitation, l'être humain utilise les moyens qui peuvent satisfaire le désir sans, pour autant, détruire la spiritualité, la moralité et la psychologie saine.

LEs TROIS CHOSES DE VOTRE VIE…
Nous trouvons beaucoup de Nobles Traditions Prophétiques allant dans le sens que nous venons d'évoquer. Parmi ces Traditions, on note celle qui dit:

"Dieu –Qu'Il Soit exalté et glorifié- m'a fait aimer trois parmi les choses de votre vie: le parfum, les femmes et celle qui procure la plus grande satisfaction, la prière"

Le Messager de Dieu (P) nous montre, avec ces paroles, qu'il est naturellement ouvert à ce besoin charnel. Il veut même nous dire qu'il est un homme ordinaire, comme les autres. Qu'il a comme nous des désirs dans la mesure où tout homme a des besoins, des espérances et des souhaits qu'il aime voir se réaliser. Le Prophète (P) voulait ainsi exprimer l'état naturel de son humanité semblable à celle de tous les autres hommes et signaler que sa prophétie ne l'empêche pas de s'ouvrir positivement à ses besoins physiques tout comme il le fait vis-à-vis de ses besoins spirituels. Ces derniers besoins sont représentés par la prière qui est supérieure aux deux autres dans la mesure où elle constitue sa plus grande satisfaction et son ascension spirituelle vers Dieu ainsi que l'un des moments privilégiés de sa rencontre avec Dieu.

Mais nous trouvons, en même temps, d'autres Traditions qui appellent à ne pas se laisser entraîner par l'amour des femmes ou par la sexualité. Ces Traditions ressemblent aux autres Traditions qui invitent l'homme à ne pas exagérer en mangeant ou en buvant au point de se voir asservi par ces besoins qui peuvent devenir comme des drogues dont il ne pourra plus se débarrasser au moment où ses engagements et ses responsabilités l'inviteront à s'en libérer. Ces Traditions évoquent l'équilibre qu'il faut respecter dans les domaines mentionnés, alors que la Première Tradition évoque l'attitude naturelle et normale vis-à-vis de ces questions.

LE PROBLEME DU CELIBAT PROLONGE
Le célibat prolongé peut être une conséquence des conditions difficiles que pose la femme à l'homme prétendant au mariage. Une telle attitude de la femme peut être issue de certaines situations qui la pousse à des pareilles conditions en se disant par exemple: "Cet homme est moins cultivé que moi; il ne représente pas l'homme qui me convient des points de vue de sa taille, de sa personnalité ou de sa beauté; cet homme est issu d'une famille inférieure à la nôtre… et ainsi de suite. Le célibat prolongé peut aussi être la conséquence d'une situation où la femme vit des complications qui l'incitent à refuser tous ceux qui se présentent pour la demander en mariage prétextant qu'ils n'ont pas le profil de l'homme de ses rêves, profil qui peut souvent être plus proche de l'imaginaire que du réel. Les choses peuvent donc commencer de la sorte et continuer par la suite de la même manière… Mais nous savons que lorsque la femme atteint un certain âge, les coutumes sociales font de son âge une barrière qui empêche les hommes de vouloir se marier avec elle.

La difficulté peut aussi provenir des coutumes des parents qui demandent une énorme dot que le prétendant ne peut payer ou qui posent des conditions exorbitantes comme lorsqu'ils exigent qu'il leur plaise plus qu'il ne plaise à leur fille, ou qu'il ait une situation sociale équivalente à la leur. Et il existe d'autres considérations où le tempérament des parents ou les coutumes sociales interviennent pour marquer la conscience des parents, ce qui peut compliquer l'affaire en les poussant à refuser le premier, le deuxième et le troisième prétendant jusqu'à finir par précipiter leur fille dans la gouffre du célibat prolongé.

Le phénomène peut être aussi en rapport avec des conditions sociales particulières, comme lorsque la fille vit dans une ambiance où personne, de ceux qui pourraient se marier avec elle, ne peut faire sa connaissance… ou lorsque d'autres conditions externes ou internes interviennent pour aboutir au même résultat.

Il est naturel de penser, lorsqu'on se trouve face à des situations de ce genre, à l'attitude de l'Islam qui s'efforce de faciliter les affaires du mariage. La Sainte Tradition Prophétique dit à ce propos:

"Si un homme, parmi ceux dont la piété et le bon caractère sont acceptables, se présentait pour vous demandez votre fille en mariage, répondez positivement à sa demande. Sinon la discorde et la grande corruption s'installeront sur terre".

Cela veut dire que le bon caractère et la piété sont fondamentaux pour la relation conjugale. La candidate au mariage ainsi que ses parents ne doivent pas refuser le candidat présentant ces deux caractéristiques, sous prétexte d'une situation sociale prétendument négative en raison de l'appartenance du candidat à une classe sociale inférieure. L'Islam considère la dot exorbitante comme quelque chose de funeste pour la femme.

Il considère également que la complication de la vie conjugale à cause de la situation économique comme répréhensible. Cette attitude de l'Islam se dégage du Noble Verset coranique suivant:

"Mariez les célibataires qui sont parmi vous, ainsi que les honnêtes parmi vos esclaves, hommes et femmes. S'ils sont pauvres, Dieu les enrichira par sa faveur" Coran, "an-Nour" (la lumière), XXIV 32.

Le verset veut dire que l'argent n'est pas pris en considération en tant que condition en rapport avec la date du mariage dans la mesure où Dieu- qu'Il soit exalté et glorifié- peut leur accorder des richesses comme Il le fait avec les autres.

Il est maintenant devenu nécessaire de changer d'attitude vis-à-vis de cette question. Il faut apaiser les conditions et les entraves du mariage et essayer de donner à la jeune fille et au jeune homme la liberté de se marier et de vivre ensemble à leur guise. Ils pourraient opter pour la location d'une chambre pour y vivre avant de finir leurs études, par exemple, et sous des conditions bien déterminées.

Ils pourraient, par exemple, vivre chez leurs parents dans le cas où ces derniers l'acceptent. Ils pourraient se contenter de tout endroit qui correspondrait à leurs possibilités. De la sorte, et en allégeant les conditions de la vie conjugale, en améliorant les traditions liées au mariage, en apaisant les exigences peu réalistes et peu humaines qu'on impose au candidat accepté par la fille, le mariage pourrait devenir beaucoup plus facile et beaucoup plus aisé.

Il existe aussi quelque chose admis par l'Islam mais que la société ne peut tolérer. L'Islam donne à la fille le droit de chercher et d'agir pour trouver son mari. Il lui donne le droit de demander à un homme de se marier avec elle, tout comme le fait l'homme en demandant à une femme de se marier avec lui. Nous devons changer les mœurs pour que le fait, pour une fille de demander un homme en mariage, ne soit pas considéré comme une atteinte à sa personnalité ou à son honneur ou comme rupture avec sa timidité ou sa retenue naturelle. Le mariage est un besoin pour la femme comme il l'est pour l'homme. Il peut même être, étant donné certaines conditions qu'elle peut confronter dans sa vie, un besoin pour la femme plus qu'il ne l'est pour l'homme. Cette considération peut être inspirée de l'histoire de cette femme qui s'est présentée devant le Prophète (P) assis avec ses compagnons pour lui dire: "O Messager de Dieu, fais-moi marier!. Le Prophète (P) et ses compagnons ne se sont pas scandalisés de cette demande et, de la façon la plus naturelle, le Prophète (P) demanda que l'un de ses compagnons la prenne en mariage. Et comme le seul homme qui a répondu positivement à la demande ne possédait rien à lui donner à titre de dot, le Prophète (P) lui demande: "Connais-tu quelques versets du Coran?". –"Oui, répondit-il!". "Je te la donne en mariage, dit le Prophète (P), contre les versets que tu connais", c'est-à-dire contre l'apprentissage, comme seule dot, de ces versets à la femme.

Cette histoire qu'on trouve dans la Sunna Prophétique nous apprend la nécessité de changer nos vues et nos conceptions.

Beaucoup de vieilles filles ont sombré dans le célibat à cause d'un complexe en relation avec le profil imaginaire du conjoint, à cause d'idées peu réalistes sur ce qu'il pourrait faire et réaliser, ou à cause de concepts inhumains et non islamiques parmi ceux qui font le contenu de la mentalité sociale. Il est donc nécessaire de se révolter contre tous ces complexes, contre tous ces concepts, et ce pour pouvoir en finir avec le célibat prolongé en tant que phénomène social. Mais on sait bien que la solution d'un tel problème ne peut pas réussir à cent pour cent.

Dans ce genre de situations, la femme doit comprendre que le mariage n'est pas tout dans sa vie. Le mariage est un besoin naturel avec lequel la femme sent qu'elle entre dans une relation de complémentarité avec l'homme. Il est donc naturel qu'elle sente un certain vide tant que le mari n'est pas trouvé. C'est ce fait qui est exprimé par le noble verset qui dit:

"Elles sont un habillement pour vous et vous êtes un habillement pour elles" Coran, "al-Baqara" (la vache), II 187.

De même qu'on se sent nu, lorsqu'on ne met pas un vêtement, la femme et l'homme se sentent nus et vivent l'expérience de manque lorsqu'ils ne se rejoignent pas pour vivre ensemble.

Mais la femme doit considérer qu'il ne lui est pas nécessaire de penser que, dans la vie, le bonheur consiste à obtenir tout ce que nous aimons. Car il y a des choses que nous aimons et que nous n'arrivons pas à réaliser. La femme non encore mariée doit considérer les autres femmes mariées qui, peut-être, connaissent des problèmes plus graves que ceux de celles qui souffrent du célibat prolongé.

Cette femme ne doit pas considérer son célibat comme un châtiment divin et éternel. Elle doit, tout en continuant à chercher les moyens de dépasser sa situation, se consacrer au développement de sa personnalité par les activités culturelles et sociales. Elle doit déployer ses efforts pour mettre en valeur les éléments fondamentaux de sa personnalité, ce qui peut faire d'elle un être humain dont la société reconnaît l'importance et la nécessité plus que ne le fait l'homme.

Pour cette raison, cette femme ne doit pas se soumettre aux sensations négatives et étouffantes. Elle doit s'ouvrir à la vie d'une manière plus ample, car les possibilités de la vie sont immenses et ses horizons considérablement larges.


2
LE MARIAGE TEMPORAIRE La Femme en l'Islam LE MARIAGE TEMPORAIRE
Si l'on se réfère à l'histoire de la législation islamique, nous trouvons que les Musulmans s'accordent sur le fait que le Prophète (P) ait institué le mariage temporaire dans des conditions particulières. Mais certains Musulmans pensent que ce mariage ait été abrogé ce qui signifie que ce qui été considéré comme licite est devenu illicite. Certains autres Musulmans pensent que ce mariage a été permis deux fois et abrogé deux fois. Mais les sources islamiques chi'ites affirment, en se basant sur des rapports traditionnels, que ce mariage n'a pas été abrogé. Elle soumettent, en même temps, les rapports affirmant l'abrogation de ce mariage, à un examen minutieux, tout en présentant des Traditions affirmant que la prohibition était du genre administratif émanant du deuxième calife 'Umar Ibn al-Khattab qui aurait dit: "Il y avait, au temps du Prophète, deux jouissances qu'il avait permises. Quant à moi, je les défends et je punirai ceux qui s'y adonneront".

Et comme on sait que personne ne pourra interdire ce qui a été permis par le Messager de Dieu (P), on ne peut que comprendre la prohibition en question en tant que prohibition administrative dictée par un intérêt limité à un moment bien déterminé.

Quoi qu'il en soit, la jurisprudence islamique chi'ite part d'une considération selon laquelle la législation concernant ce mariage n'a pas été changée, alors que la jurisprudence islamique sunnite part d'une considération selon laquelle cette législation a été abrogée à partir de l'abrogation de la permission émanant du Prophète (P).

Les jurisconsultes chi'ites citent une Tradition émanant de l'Iman 'Ali qui dit: "Si 'Umar n'avait pas prohibé (le mariage de) la jouissance, personne en dehors des malheureux n'aurait commis l'adultère", ou selon, une autre version, "très peu de gens auraient commis l'adultère".

C'est donc sous cet angle qu'on peut discuter cette question qui constitue un objet de controverse entre les Musulmans et, peut-être aussi, entre les non musulmans. C'est ce que nous avons remarqué lorsque ash-Shaykh Rafsanjani (président de la République Islamique de l'Iran) avait posé la question dans l'un des Discours du Vendredi. Les agences de presse étrangères se sont alors pressées, dans leurs titres et dans leurs analyses, à parler de ce qu'elles ont considéré comme un appel à la libération ou même au libertinage sexuel. Ainsi, l'idée qu'on peut se faire de ce mariage l'identifie à des simples états de licence sur le plan sexuel, licence qui pourrait arriver, dans l'imagination de beaucoup de gens, à la limite de l'anarchie totale. On peut aussi croire que ce mariage entraîne beaucoup de problèmes sociaux dans la mesure où il constitue une affaire particulière et limitée aux deux personnes concernées. Cela peut entraîner maintes problèmes de nature sociale en liaison avec ce que représente les termes de la "libération" ou du "libertinage" sexuels auxquels il pourrait s'identifier au niveau des conséquences et des faits, sans qu'il en soit ainsi sur le plan juridique.

Nous pouvons étudier la question, après l'avoir fondée et justifiée, du point de vue légal, par la référence aux discussions jurisprudentielles compétentes. Il n'est point besoin de dire qu'il ne s'agit pas ici d'une approche jurisprudentielle qui traiterait la question du point de vue de sa valeur positive ou négative… Il s'agit seulement d'envisager la question du point de vue social et de s'interroger: le mariage temporaire constitue-t-il ou non un besoin social nécessaire pour trouver une solution au problème sexuel? Cette question est fondée, bien sûr, sur le fait que le mariage permanent peut constituer une solution à ce problème en raison de ses conséquences positives au niveau de la vie sociale.

Il est nécessaire, pour répondre à cette question, de l'étudier d'un point de vue historique. On constate, à cet effet, que le mariage permanent constitue une institution connue depuis toujours. Mais il allait toujours de pair avec les relations illégales qui ont constitué, elles aussi, un phénomène humain dominant tout comme le mariage permanent, et ce en dépit de la disproportion quantitative relative à l'étendue de chacun de ces deux phénomènes.

La question qui se pose, à ce sujet, est la suivante: pourquoi l'homme a-t-il eu besoin de l'adultère ou des relations illégales tant que les relations légales étaient en vigueur surtout dans les vieilles sociétés où la polygamie constituait un phénomène ordinaire dans la mesure où la monogamie n'est devenue –que tardivement- l'institution légale de la législation civile occidentale influencée par la législation chrétienne dans ce domaine?

Pourquoi ce phénomène a-t-il pris cet aspect?

On peut dire, tout d'abord, que le mariage permanent n'a pas résolu le problème sexuel, car l'homme peut avoir besoin, dans beaucoup de situations, d'aller au-delà du mariage permanent, et ce lorsque ce mariage ne lui permet pas (par exemple, lorsqu'il est en voyage ou dans n'importe quelle autre situation exceptionnelle) de varier ou de renouveler ses relations sexuelles.

On peut donc constater que les relations illégales étaient en vigueur dans les conditions où les possibilités du mariage permanent faisaient défaut, où lorsque certains penchants ou besoins imposaient le recours à des relations en dehors du cadre de ce mariage.

D'où, on peut signaler que la législation, toute législation, doit –lorsqu'elle étudie l'intérêt de l'être humain à travers la confrontation qu'il fait avec ses problèmes- fermer toutes les brèches qui pourraient alimenter ces problèmes et les nourrir. Et si l'on s'accorde sur le fait que l'Islam considère la dimension sexuelle de la vie de l'homme comme un besoin naturel instinctif qui s'ajoute à ses autres besoins naturels sans ornements, sans sacralités, sans sentiments d'infériorité pour ce besoin et sans préjugés le considérant comme sale ou souillé car il est un besoin naturel tout simplement… si l'on s'accorde sur tous ces faits, nous trouvons qu'il n'est en rien nuisible ou humiliant pour la femme et pour l'homme de chercher à satisfaire ce besoin dans le cadre de la Loi.

La relation sexuelle est très naturelle du point de vue islamique. Mais comme elle est en rapport avec la question des rapports relatifs, et des autres relations de ce genre, l'Islam cherche à situer cette relation à l'intérieur d'un cadre bien limité.

On peut penser que l'Islam prend en considération le besoin qu'a cette relation sexuelle d'être stable. Cela est indispensable pour assurer la stabilité des responsabilités de la maison conjugale, sur le plan de la distribution des responsabilités et des droits de chacun de l'époux et de l'épouse. Le mariage permanent est ainsi institué pour répondre à ce genre de considérations.

D'autres part, ce mariage peut ne pas être une solution dans certaines circonstances. Il y a des hommes et des femmes qui ne présentent pas, pour des raisons bien déterminées, le profil nécessaire pour le mariage permanent. Ainsi, et comme la question sexuelle est un besoin naturel de l'homme et de la femme, le mariage temporaire intervient, dans ces circonstances, pour constituer la solution qui leur donne le moyen d'organiser une relation temporaire, dans le cadre de la Légalité.

Cela veut dire que l'Islam leur donne le moyen d'établir une relation sur la base d'un contrat, d'une dot et de certains autres engagements, comme ceux en rapport avec les conséquences et les fruits de ce mariage où l'enfant né de ce mariage est légitime à cent pour cent, sans différence aucune avec l'enfant né du mariage permanent. Cela fait de la relation sexuelle temporaire une relation conjugale où certaines responsabilités comme celles relatives à la pension et aux autres dépenses sont nettement inférieures dans la mesure où la nature de cette relation est différente de celle du mariage permanent dont les problèmes ne sont pas tout à fait les mêmes.

Les paroles de l'Imam 'Ali (P) disant: "Si Umar n'avait pas prohibé (le mariage de) la jouissance, personne en dehors des malheureux n'aurait commis l'adultère" nous font comprendre que l'adultère constituait un besoin dans la mesure où le mariage permanent ne satisfait pas tout ce besoin. Pour cette raison, il était nécessaire d'instituer un autre mariage pour compléter la satisfaction de ce besoin. Ce mariage est le mariage temporaire.

On peut, d'une manière générale, comprendre et justifier la législation de ce mariage qui est, à notre avis, encore en vigueur, du point de vue de l'opinion qui lui est favorable. On peut dire aussi que ce mariage est intervenu pour proposer une solution du problème sexuel dans la vie humaine.

Quant à savoir pourquoi la plupart des gens refusent ce mariage et pourquoi il existe tant de controverses à son sujet, la réponse est qu'il est considéré, par beaucoup de Musulmans, comme une relation illégale. Ainsi, ils le refusent comme ils le font à l'égard de toute autre relation illégale. Ce mariage n'est même pas familier dans les milieux islamiques chi'ites bien qu'ils le considèrent comme légal. Il est naturel pour les sociétés d'envisager beaucoup d'affaires peu familières comme elles le font avec les affaires illégales. Ainsi, les gens, même dans certaines sociétés chi'ites considèrent le mariage temporaire (le mariage de la jouissance) d'une manière plus dangereuse que celle avec laquelle ils considèrent l'adultère. Ils peuvent prendre une attitude mécontente vis-à-vis de l'adultère, alors que, vis-à-vis du mariage temporaire, ils prennent une attitude violente. C'est ce que nous avons remarqué dans les mass medias au début de l'avènement, dans le milieu chi'ite, du mouvement islamique engagé qu'on présente sous le nom de "fondamentaliste" (usuliyya). Les mass médias ont alors longuement évoqué ce mariage et son ampleur.

Beaucoup de discours attaquaient le mouvement islamique à travers ce phénomène qui n'était même pas un phénomène, mais plutôt des cas individuels.

Nous signalons que ceux qui attaquaient ce phénomène représenté par le mariage temporaire, n'avaient pourtant rien à reprocher aux relations illégales qui se font au nom de la liberté sexuelle. Le mariage temporaire, ou de "jouissance" est une affaire peu commune. Pour cette raison, les gens prennent à son égard la même attitude qu'ils prennent à l'égard de tout autre chose peu commune et peu familière. Mais on y ajoute aussi la part des mass médias qui cherchent, avec leur jeu de l'information-consommation, à marquer des points noirs sur le compte de tel ou tel mouvement ou orientation.

LES LIMITES DU MARIAGE TEMPORAIRE
Il existe un désaccord jurisprudentiel au sujet du mariage en général. Ce désaccord est présent chez les Sunnites et les Chi'ites à la fois et il se situe au niveau de la réponse à la question suivante: la femme vierge, pubère et adulte a-t-elle besoin de l'autorisation de son tuteur, son père ou son grand père paternel, pour valider son mariage, ou bien est-elle, tout comme l'homme pubère et adulte, dispensée d'une telle autorisation dans la mesure où la puberté et l'âge adulte font d'elle un être humain parfait et indépendant pour ce qui est de sa volonté et de ses décisions, ce qui lui donne la liberté de s'autodéterminer, de diriger ses affaires commerciales et ses engagements personnels?

Il existe, chez les Sunnites et chez les Chi'ites, une tendance qui admet l'indépendance de la femme pubère et adulte au sujet de son mariage, tout comme c'est le cas de l'homme pubère et adulte. Cette tendance est fondée sur une considération voulant que la puberté et l'âge adulte confèrent à la personne concernée une personnalité juridiquement légale et entièrement indépendante sur laquelle personne n'a aucun droit de regard ou d'autorité.

Mais il existe aussi une autre tendance pour laquelle personne n'a aucun droit de regard ou d'autorité.

Mais il existe aussi une autre tendance pour laquelle la femme pubère et adulte doit demander l'autorisation de son père ou de son grand-père paternel. Une troisième tendance, extrémiste, donne au tuteur le droit de marier la femme, même sans son consentement.

Toutes ces opinions ont un caractère jurisprudentiel et elles portent toutes sur la question de l'indépendance de la femme pubère et adulte quant à la décision au sujet de son mariage, abstraction faite de la nature de ce mariage.

Il existe, en ce qui concerne cette question, deux avis différents dans la jurisprudence chi'ite: La première admet l'indépendance de la femme pubère et adulte quant à la décision du mariage. La seconde prévoit la nécessité de l'autorisation du père ou du grand-père paternel.

Sur la base de ces deux avis, la qualification relative au mariage temporaire est la même que celle relative au mariage permanent. L'avis prévoyant l'indépendance de la femme, au sujet de sa liberté personnelle, lui donne généralement le droit de se marier après l'étude de la question, et ce qu'elle soit vierge ou non.

Ceux qui ne prévoient pas l'indépendance de la femme font dépendre l'affaire de l'autorisation du père ou du grand-père paternel. Mais il est naturellement difficile pour le père ou le grand-père paternel d'admettre cette affaire, ce qui fait d'elle une affaire peu réaliste dans le mouvement de la législation.

A partir des considérations que nous venons d'évoquer, on peut dire que la question n'est pas problématique dans ce domaine. Elle dépend de la volonté de la femme qui étudie ce mariage du point de vue de son intérêt tout comme elle le fait vis-à-vis du mariage permanent.

Nous remarquons par exemple qu'il existe des femmes qui avancent dans l'âge et qui restent ainsi sans mariage, comme c'est les cas des femmes en état de célibat prolongé et qui ne trouvent pas l'occasion de se marier conformément au mariage permanent en raison de tel ou tel empêchement. Ces femmes peuvent sur la base de ces réserves, pratiquer le mariage temporaire dès lors qu'elles trouvent qu'elles ont intérêt à le faire.

LES DEPENSES DANS LE MARIAGE TEMPORAIRE
Le mariage temporaire constituait une solution aux problèmes qui pourraient accabler l'homme dans le mariage permanent. Parmi ces problèmes, on peut signaler celui des dépenses et des responsabilités financières représentées par la préparation de la maison conjugale, l'achat des meubles et la satisfaction des demandes de l'épouse. Si ce genre de responsabilités était présent dans le mariage temporaire, il serait alors semblable, pour ce qui est des charges financières, au mariage permanent. L'homme ne pourrait alors plus résoudre le problème représenté sous certains de ses aspects, par son incapacité d'entretenir le ménage.

CONFUSION DISSIPEE
Certains émettent une confusion au sujet d'une prétendue anarchie qui frapperait la filiation de la progéniture dans le mariage temporaire. Pour leur répondre, nous disons qu'il n'ont pas étudié la question du mariage temporaire ou "de jouissance" du point de vue jurisprudentiel. Pour des raisons ayant trait à la grossesse, la femme qui pratique ce mariage ne peut légalement avoir des contacts avec un homme qu'après deux menstruations consécutives au dernier contact avec l'homme du mariage précédent. Ainsi, le mariage temporaire n'entraîne pas le mélange des semences et ne conduit nullement à l'anarchie de la filiation.

La nécessité d'une durée bien déterminée séparant deux mariages temporaires est essentielle pour ce genre de mariage ainsi que pour le mariage permanent.

LES DEUX AVIS DU MARTYR MUTAHHARI ET DE AS-SAYYID MUHAMMAD TAQI AL-HAKIM
Nous sommes d'accord avec les points de vue qui prônent la normalisation du contrat du mariage dit "de jouissance". On pourrait ainsi le célébrer comme c'est le cas dans les noces du mariage permanent: en tant que Musulmans, nous croyons à la légalité et à la validité de ce mariage et nous le considérons aussi licite que le mariage permanent. Il nous est indispensable de le libérer et de lui donner libre cours dans la société pour résoudre un problème réel, d'une part, et pour en finir avec son statut comme "complexe" dans la mentalité des gens, d'autre part.

Cela est nécessaire dans la mesure où toute législation qui ne se voit pas assez encouragée pour devenir un phénomène social risque d'être vécue comme un tabou par la mentalité sociale. On le voit bien actuellement dans la campagne menée systématiquement par certains contre la polygamie qui a commencé à être envisagée, dans certaines sociétés, comme un gros problème, comme quelque chose d'illicite: l'homme qui se marie une deuxième ou une troisième fois peut encourir un sévère refus de la part de la société qui le traite comme s'il entretenait une relation illégale. Toute la question doit se poser ainsi: ce mariage temporaire est-il ou non un mariage légal? S'il est légal et si sa légalité sert certains intérêts sociaux, on est obligé de le promouvoir en phénomène social, en l'enregistrant administrativement pour garantir les droits de la progéniture et en le célébrant comme on le fait lors du contrat du mariage permanent…

L'INFLUENCE DU MARIAGE TEMPORAIRE SUR LA VIE FAMILIALE
Le mariage de jouissance pose certains problèmes au niveau de la vie familiale, surtout au moment où on met la première femme au courant de l'affaire. On peut facilement comprendre les réactions de celle-ci, mais le besoin s'impose de partir d'une vision générale qui prend en compte le fait que toute législation ne peut être positive sous tous ses aspects, ni négative sous tous ses aspects. Toute législation possède ses aspects positifs et ses aspects négatifs et elle peut être illicite lorsque ses aspects négatifs sont plus sensibles que ses aspects négatifs. On trouve un exemple sur cette question dans les paroles de Dieu –qu'Il soit glorifié et exalté- prononcées au sujet du vin et des jeux de hasard: "Ils t'interrogent au sujet du vin et des jeux de hasard. Dis: "ils comprennent un grand péché et des avantages pour les gens. Mais le péché qu'ils comprennent est plus grand que leurs avantages". Coran, "al-Baqara" (la Vache), Il, 219.

Mais si les aspects positifs d'une législation sont plus sensibles que ses aspects positifs, elle peut aller dans le sens de la permission ou même de l'obligation.

Pour cette raison, il est nécessaire de poser la question de la manière suivante: "Comment l'homme qui a besoin, d'une manière ou d'une autre, dans une condition ou dans une autre, de se marier temporairement... comment pourrait-il faire face à ce besoin? Devrait-il le refouler? Mais le refoulement peut conduire à des complexes psychiques. Devrait-il lui faire face en cherchant un moyen illégal pour le satisfaire? Mais cela nuit à la vie conjugale et souille la pureté de l'homme au point de le pousser à abandonner totalement sa vie conjugale.

Nous pensons que les problèmes que peut susciter le mariage temporaire, notamment chez les époux modérés du point du vue de leurs pulsions instinctives, ne sont pas à même de saper les fondements de la vie familiale. Mais ils peuvent causer des ennuis. C'est normal. Le mariage permanent lui-même peut causer des ennuis.

On peut aussi ajouter que, dans la société non islamique, les Musulmans ont besoin d'être immunisés contre la dissolution représentée par l'importance des relations illégales…

Nous pensons que la pratique du mariage temporaire peut être plus urgente dans la société non islamique qu'elle ne l'est dans la société islamique.

LES ASPECTS NEGATIFS DU MARIAGE TEMPORAIRE. COMMENT LES RESOUDRE?
Pour savoir si nous sommes capables de résoudre les problèmes ou non, il nous est nécessaire d'étudier chaque problème à part, il nous est aussi nécessaire d'étudier les vraies possibilités pour l'Islam de pénétrer dans le réel et de le transformer en fonction de ses besoins. Il en est ainsi car la solution des problèmes peut ne pas être fondée sur la législation, mais sur le fait que la législation peut ne pas posséder les moyens réels de s'imposer sur la vie sociale.

Ainsi, nous pensons qu'en instituant le mariage permanent, l'Islam ou toute autre loi peuvent ne pas avoir besoin d'avoir recours à la pression pour pouvoir résoudre tel ou tel problème lié à ce mariage et ce du fait qu'ils ne possèdent pas les moyens réels, ayant ou non trait au pouvoir, indispensables pour apporter une solution.

Il est donc nécessaire d'étudier chaque problème à part dans le but de les connaître et d'identifier les moyens disponibles de les résoudre.

COMMENT RESOUDRE LE CONFLIT AU SUJET DES ENFANTS NES DU MARIAGE TEMPORAIRE?
Il est possible, en cas de désaccord à ce sujet, que l'homme et la femme mettent l'affaire devant la justice. La femme doit alors prouver qu'elle était mariée à l'homme présumé être le père de l'enfant. Si elle ne possède pas une preuve, c'est à l'homme de jurer qu'il n'est pas le père. Il sera ainsi possible de rejeter l'accusation de la femme à partir des données apparentes de l'affaire. Ce genre de discorde n'est pas propre au mariage temporaire. Il peut aussi se rencontrer dans les mariages permanents non enregistrés officiellement.

Nous savons qu'en Islam, la légitimité de l'enfant ne dépend pas de son enregistrement dans un tribunal. Il existe deux avis au sujet de la légalité du contrat de mariage. Le premier est celui adopté par l'école sunnite prévoyant la validation du mariage par deux témoins et le second, adopté par la jurisprudence chi'ite pour laquelle il est nécessaire d'avoir deux témoins pour valider le divorce et non le mariage.

Ainsi, et dans le cas où le mariage permanent se fait sans deux témoins, où en la présence de deux témoins peu crédibles aux yeux de la justice, il est naturel que l'affaire soit portée devant le tribunal qui doit chercher à savoir si le mariage a été contracté ou non et si l'enfant est le fruit de ce mariage ou non. Toutes ces questions ont leurs réponses légales dans la jurisprudence islamique.

Que dire si l'on trouve que les inconvénients du mariage temporaire sont plus sensibles que ses avantages?

Une telle supposition n'est pas réaliste car on ne trouve pas dans la pratique, dans le réel, des cas où les inconvénients sont plus sensibles que les avantages. On peut trouver des cas où ce mariage est mal vécu, ou mal pratiqué, ce qui peut être aussi présent au niveau du mariage permanent. On doit donc penser aux moyens qui garantissent la bonne ou la meilleure pratique de ce mariage au lieu de le supprimer entièrement et entrer, par conséquent, dans une situation encore plus difficile.

Il y a eu certaines controverses qui nous ont été présentées et nous avons pu les résoudre à la lumière de la Loi.

PRUDENCE ET CONSCIENCE
Nous devons dire à toutes nos générations que la question sexuelle n'est pas une simple affaire d'un instinct que l'homme cherche à satisfaire. Mais c'est une affaire qui est en rapport avec l'être humain, c'est-à-dire avec l'homme et la femme. Il est donc nécessaire, pour ceux qui se proposent de se marier temporairement ou même d'une manière permanente, de respecter l'humanité de l'homme et de la femme dans ce domaine et ce en s'efforçant de ne pas porter atteinte à l'humanité de l'être humain, surtout pour ce qui est de la femme qui est généralement la partie faible de la société. Il est indispensable donc de la respecter et de respecter son humanité et ses aspirations dans ce domaine.

LE CONTRAT DE TAHRIM:
Il existe un autre contrat où il ne s'agit ni de mariage ni de jouissance. C'est un avis jurisprudentiel qui répond au besoin qui s'impose parfois d'avoir une femme comme "mahram" (proche parent). Parmi les situations où on peut avoir besoin d'un tel contrat, on pense à une femme qui veut faire le pèlerinage mais ne trouve pas un proche parent pour voyager avec lui. Il existe à ce propos, un avis jurisprudentiel qui dit qu'il est possible de contracter un mariage avec la fille, non encore pubère ou même pubère et ayant plus de neuf ans, de la femme en question. Le mariage doit se faire avec l'accord du tuteur de la fille et il peut être permanent et suivi de divorce, ou temporaire et suivi d'une rupture accompagnée de l'abandon, par le mari, de ses droits pour la durée préfixée et allant au-delà de la durée du voyage. La mère de la jeune fille devient ainsi un proche parent de l'homme en question dans la mesure où elle est la mère de sa femme…. Il y a des jurisconsultes qui considèrent ce contrat comme valide s'il présente les conditions du contrat et la ferme volonté de consommer le mariage. D'autres jurisconsultes discutent la validité de ce contrat et les possibilités de la ferme volonté et concluent que ce mariage, possible du point de vue théorique, n'est pas réalisable du point de vue pratique.

LE MARIAGE CIVIL
Parler du mariage civil c'est aborder les trois points suivants:

Le premier est en rapport avec l'aspect formel du mariage qui est l'aspect contractuel au sujet duquel il est possible de poser la question de savoir si, pour valider la mariage, il est nécessaire, ou non, de passer par une formule bien déterminée que les deux parties du contrat doivent prononcer pour que leur mariage soit valide. Pour répondre à cette question, beaucoup de jurisconsultes, sunnites et chi'ites, avancent que le mariage ne peut être légal que par la prononciation de la formule: "je te donne en mariage", ou d'une formule équivalente si le mariage est effectué par les deux personnes concernées elles-mêmes ou par procuration. Dans le premier cas, la femme doit dire: "zawwajtuka nafsi bi-mahrin wa qadruhu kadha" (Je me suis mariée avec toi contre une dot de telle ou telle somme) et l'homme doit dire "qabiltu t-tazwij" (J'ai accepté la mariage).

Dans le second cas, l'un des deux mandataires doit dire: "zawwajtuka muwakkilati fulana bi-mahrin wa qadruhu kadha" (je t'ai donné, en mariage, ma procuratrice, une telle, contre une telle ou telle somme) ou: zawwajtu muwakkilaka min muwakkilati bi-mahrin wa qadruhu kadha" (j'ai donné, en mariage, ma procuratrice à ton procurateur contre une dote de telle ou telle somme). La réponse de la personne concernée elle-même, ou de son procurateur, doit être affirmative. Il existe une Tradition disant que la formule prononcée doit être au passé. Mais, pour certains jurisconsultes, cette condition n'est pas obligatoire.

Cette condition donne lieu à des ramifications parmi lesquelles on trouve la question de savoir si la formule du contrat peut être, ou non, prononcée en une langue autre que l'arabe.

Certains jurisconsultes font remarquer que le mariage est lié, en quelque sorte, au culte religieux. Cela ne veut pas dire qu'il est un culte mais que les cultes sont "arrêtés", une fois pour toute, quant à leurs paroles et à leurs actes. On ne peut rien y ajouter et on est contraint de les pratiquer tels qu'ils sont dictés par le Messager (que la bénédiction et la paix soient sur lui). On doit donc suivre l'exemple donné à ce sujet et ne pas utiliser des termes autre que "Zawaj" et "nikah" (mariage) donnés par le texte du Noble Coran.

Un problème se pose ici au sujet du mariage civil qui n'exige pas la prononciation d'une formule précise pour la validation du contrat. Le plus souvent, le fonctionnaire responsable de l'enregistrement du contrat interroge l'une et l'autre partie pour savoir si chacune d'elles accepte l'autre dans la conformité aux conditions fixées. Il leur demande, à la suite de leur réponse affirmative, de signer le contrat de mariage sans prononcer une formule précise.

L'absence d'une telle formule est la raison pour laquelle certains jurisconsultes considèrent ce mariage comme illégal. Mais selon notre propre avis jurisprudentiel, le mariage peut être validement effectué par la prononciation de toute terme signifiant l'engagement contractuel à respecter le contenu de l'accord accepté par les deux parties. Un tel engagement est ainsi considéré comme un choix libre et, de ce fait, obligatoire pour les deux parties comme tout autre contrat signé dans n'importe quel autre domaine sans qu'il y ait besoin de prononcer une formule précise. On peut se contenter donc de ce qui l'indique, de sorte que le mariage peut être conclu par écrit, à condition que l'écriture indique clairement qu'il s'agit d'un contrat librement consenti sans ambiguïté ou équivoque. Sur la base de cette considération, nous pensons que le mariage civil ne pose aucun problème dans ce sens, car nous savons qu'il confirme et renforce le contrat de mariage dans la mesure où les deux parties parlent distinctement en affirmant leur engagement à respecter la relation conjugale en tant que contrat à caractère strictement obligatoire.

Le deuxième point qui doit être posé à ce sujet est en rapport avec l'identité de la future épouse: les seules conditions du mariage civil sont la puberté, la maturité et l'âge adulte tels qu'ils sont universellement reconnus. Le mariage civil n'exige pas d'autres conditions alors que, de son côté, l'Islam exige la présence de certaines conditions. Ainsi, le Musulman n'a pas le droit de se marier à une femme athée ou à une femme qui ne suit pas une religion déterminée. Il ne peut non plus se marier avec les femmes dont les religions, comme le bouddhisme ou l'hindouisme ne sont pas des religions révélées, ni avec celles qui suivent une religion parmi celles qui adoptent les preuves rationnelles et non le message divin reconnu comme tel par l'Islam.

Pour cette raison, tout contrat de mariage établi par un homme musulman et une femme athée, ou qui ne suit pas l'une des religions révélées dites "du Livre", est un contrat nul, qu'il soit établi conformément à la formule exigée par l'ensemble des jurisconsultes musulmans, ou à celle en vigueur au niveau du mariage civil.

Il s'ensuit qu'en Islam, la femme musulmane n'a pas le droit de se marier avec un homme non musulman, même si cet homme suit l'une des religions du Livre alors que de l'avis des jurisconsultes, dont certains émettent des réserves à ce sujet, l'homme musulman a le droit de se marier avec une femme qui, juive ou chrétienne, suit l'une des religions du Livre. Mais en émet des réserves jurisprudentielles sur le mariage avec une femme appartenant au mazdéisme, dans la mesure où la question n'est pas tranchée au sujet de l'appartenance de cette relation aux religions du Livre.

Ainsi le contrat de mariage est considéré comme nul et la relation comme illégale, lorsque ce contrat est établi entre une femme musulmane et un homme non musulman parmi les Gens du Livre. De même, la relation du mari musulman avec une femme athée ou ne suivant pas l'une des religions du Livre est une relation illégale qui relève de l'adultère considéré du point de vue de la religion suivie par chacune des deux parties musulmanes du contrat. Cela veut dire que les enfants fruits de ce mariage ne sont pas légitimes du point de vue de l’Islam.

C'est en cela que consiste le problème controversé au sujet du mariage civil par ceux qui refusent ce mariage et ceux qui l'encouragent disant qu'il représente une solution aux problèmes qui se posent au Liban lorsqu'on cherche à introduire le mariage civil et lui donner un statut légal dans les tribunaux libanais et dans l'administration de l'état civil au Liban.

L'Islam considère –du point de vue jurisprudentiel que nous adoptons- les mariages entre l'homme musulman et la femme musulmane, ou entre l'homme musulman et la femme appartenant à l'une des religions du Livre comme des mariages légaux même s'ils sont confirmés et attestés conformément aux règles du mariage civil.

D'autre part, il considère les mariages entre la femme musulmane et l'homme non musulman, ou entre l'homme musulman et la femme ne suivant pas une religion du Livre, comme des mariages illégaux, même s'ils sont établis conformément aux règles jurisprudentielles islamiques, dans le cas où la partie non musulmane continue à adopter sa religion, ce qui empêche d'établir et d'attester un contrat de mariage avec la partie musulmane.

Le troisième point consiste en ce que le contrat de mariage ne peut être annulé ou dissous, en Islam, que par l'une des deux procédures suivantes:

- La première est le divorce qui est un moyen légal de rompre le mariage. Il relève, dans la loi islamique, des compétences de l'homme dans la mesure où celui-ci est responsable, entre autres choses, des dépenses familiales. L'homme a le droit aussi de donner à la femme, dans le contrat même du mariage, la liberté de divorcer elle-même. Les formulations jurisprudentielles son différentes au sujet de cette question, mais elles finissent toutes par donner à la femme le droit de divorcer elle-même. L’homme ne peut nullement renoncer à ce droit qu'il a concédé à la femme dans le contrat du mariage.

- La seconde procédure par laquelle on peut annuler le contrat de mariage est la rupture. Elle peut avoir lieu si les deux époux (ou l'un d'eux) présentent des défauts comme l'impuissance ou la folie, parmi d'autres défauts qu'on trouve chez l'homme et qui justifient la rupture. Elle peut aussi avoir lieu au cas où l'un des deux époux trahit les conditions du contrat et porte atteinte à l'autre en dévoilant certaines de ses dispositions cachées ou inconnues.

L'autorité légale peut avoir recours au divorce et rompre le contrat de mariage sans l'accord du mari si celui-ci essaye de geler la situation et refuse de divorcer et de verser la pension en laissant la femme suspendue entre le mariage et le divorce. Les jurisconsultes ne s'accordent pas au sujet des situations où l'autorité légale peut intervenir, dans certains cas et là où le besoin s'impose, pour procéder au divorce sans l'accord du mari. Cela est en rapport avec le fait que l'autorité légale doit agir en représentant de l'Autorité Suprême.

Pour ce qui est du mariage civil, et c'est un point négatif du point de vue islamique, la rupture du contrat de mariage est de l'essor des lois civiles des E'tats qui peuvent intervenir, dans telle ou telle situation, pour rompre le contrat de mariage. Cela peut être refusé par la loi islamique car les procédures du divorce y sont soumises à des conditions bien déterminées. Ainsi, on trouve par exemple que, les jurisconsultes de l'école imamite duodécimaines ne procèdent pas au divorce qu'à la condition où la femme mariée est en état de pureté (en dehors des menstrues) et exigent qu'aucun rapport sexuel n'ait pas eu lieu entre l'homme et la femme pendant cette période de pureté. Ils exigent aussi la présence de deux témoins justes pour valider le divorce. D'autre part, ils n'autorisent pas le divorce par le serment ou par les trois serments, alors que certains savants musulmans, parmi les Sunnites, considèrent que le serment est suffisant pour divorcer ou que le divorce peut avoir lieu sans la présence de deux témoins justes et ainsi de suite… Pour ce qui est du contrat civil, le divorce peut avoir lieu au tribunal et en dehors des conditions légales en vigueur chez les Sunnites et les Chi'ites, ce qui signifie, légalement, que la relation conjugale reste intacte malgré la rupture prononcée par les autorités civiles.

Pour cette raison, le mariage civil diffère des deux points de vue de la forme et du contenu du mariage légal islamique ce qui nous permet de ne pas accepter le mariage civil comme procédure contractuelle soutenue par des lois qui ne s'accordent pas avec les lois islamiques. Il arrive que, pour l'Islam, un mariage légal du point de vue civil ne soit légal du point de vue de la jurisprudence islamique et il arrive qu'une rupture légale du point de vue civil ne soit pas légale du point de vue jurisprudentiel islamique.

LA DISTINCTION FONDEE SUR LA DIFFERENCE DE L'APPARTENANCE RELIGIEUSE
En ce qui concerne cette question, l'Islam cherche à protéger ses adeptes des pressions susceptibles de les conduire à sombrer dans la déviation. Nous nous arrêtons devant deux points en rapport avec cette question:

Le premier est que le mari peut ordinairement avoir de l'influence sur la réalité de la maison dans la mesure où il soumet la famille à ses options ne serait ce que du point de vue pratique.

Cela est clair au niveau de la réalité. Et si cela n'est pas effectivement clair dans certaines situations, il l'est parfaitement sur le plan de la théorie: l'homme est l'agent actif de la maison dans toutes les régions habitées. Il existe différents dictons qui affirment que la femme "prend de" la religion de son mari. Le point de vue islamique peut être fondé sur le fait que, dans la situation où le mari n'est pas Musulman, des pressions peuvent être exercées sur la femme musulmane pour l'éloigner de l'Islam des deux points de vue intellectuels et pratiques, non par la conviction, mais par le biais des pressions affectives et matérielles.

Cette remarque peut être prise en compte dans la mesure où nous savons que beaucoup d'époux exercent des pressions sur leurs femmes dans le domaine de l'appartenance politique. Le mari peut opprimer sa femme si son appartenance politique est différente de la sienne.

Le second point en rapport avec cette question est qu'il existe une différence entre l'Islam, ouvert au niveau de la foi, à tous les messages divins, et le christianisme et le judaïsme. Le christianisme ne reconnaît pas l'Islam en tant que religion révélée et ne respecte pas le Prophète Muhammad (P) en tant que l'un des messagers de Dieu. L'ultime attitude que les penseurs chrétiens peuvent prendre lorsqu'ils lisent le Coran ou lorsqu'ils prennent connaissance des actes et des paroles du Prophète est qu'ils l'apprécient en tant qu'homme de génie, comme réformateur, comme homme de lettres ou comme révolutionnaire… Mais ils ne le respectent jamais en tant que messager de Dieu. Et lorsque la question se pose au niveau populaire, là où l'initiative est aux mains de l'arriération et du fanatisme, on constate que beaucoup de Chrétiens ne se gênent pas de parler du Prophète de manière humiliante, peu respectueuse ou agressive.

On constate aussi que les Juifs ne respectent pas Jésus Christ (p) en tant que l'un des messagers de Dieu, car ils ne le considèrent pas comme étant le Messie attendu tel qu'il est présenté dans leurs livres. Et ils ne respectent pas le Prophète Muhammad (P) en sa qualité de Messager de Dieu. Ainsi, et abstraction faite de l'aspect politique de la question, rien n'empêche le Juif, en tant que juif du point de vue religieux, de parler –de la même manière humiliante- du prophète 'Issa (p) (Jésus) ou du Prophète Muhammad (P).

Contrairement à ces attitudes, le Musulman respecte tous les messages divins et tous les messagers de Dieu. Sa devise est la foi en Dieu, en ses messagers, en ses livres, aux anges et au Jour Dernier. La méthode du Musulman qui s'adresse aux Gens du Livre s'inspire du verset coranique qui dit:

"Dis: Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus, à ce qui a été donné à Moïse, à Jésus, et aux prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n'avons pas de préférence pour l'un d'entre eux. Nous sommes à Dieu" Coran, "al-'Imran" (la famille d'Imran), III 84.

Ainsi, le Musulman ne peut aucunement s'attaquer à la personne de Moïse (P), de Jésus ou de Marie (p) car il considère Moïse et Jésus comme deux messagers de Dieu et il croit en eux comme s'il appartenait à leur religion. Le Coran voue à Marie (p) un respect sans égal même dans les E'vangiles.

Le Coran respecte également l'E'vangile et la Torah. Et s'il polémique avec les Chrétiens et les Juifs au sujet de certaines questions, il le fait sur la base de la déformation de ces deux textes par les responsables religieux chrétiens et juifs et non sur la base d'une quelconque haine qu'il vouerait à la Torah ou à l'E'vangile.

Pour toutes ces raisons, le mari musulman ne peut jamais porter atteinte aux convictions de sa femme chrétienne ou à ses principaux symboles sacrés représentés par les prophètes et les livres même s'il ne s'accorde pas avec elle au sujet des cultes et des questions de détail qui n'ont pas une signification sacrée au sens religieux de la sacralité. Cela rend possible la cohabitation du mari musulman avec sa femme appartenant aux gens du livre dans la mesure où cette cohabitation est fondée sur le respect porté par le mari envers sa femme, respect spontané et conforme avec son propre engagement religieux.

Mais il n'en est pas de même dans la situation où une femme musulmane se trouve mariée avec un homme chrétien qui, en tant qu'engagé du point de vue religieux, ne pourrait pas se comporter avec la même spontanéité dans le respect du symbole religieux de sa femme musulmane. La situation est la même pour ce qui est de l'homme juif. Ainsi, l'époux non Musulman qui désire respecter les choses sacrées de sa femme musulmane ne peut le faire que par complaisance ou par hypocrisie, ce qui prive la vie conjugale de sa spontanéité.

Ces deux remarques peuvent être d'une importance fondamentale dans l'attitude islamique qui admet le mariage d'un homme musulman avec une femme non musulmane sans toutefois admettre le mariage de la femme musulmane avec un homme non musulman. Cela ne veut pas dire que ces deux remarques sont fondamentales pour la législation. C'est-à-dire cela ne signifie pas que nous les adoptons dans la législation car notre engagement est fondé sur les textes du Livre et de la Sunna qui représente l'aspect religieux que nous ne pouvons nullement discuter sa nature légale. Nous pouvons, tout au plus, nous inspirer de cette analyse pour l'utiliser dans la démarche législative.

LA CONCORDANCE DES RESULTATS
Le contrat de mariage conclu par un homme musulman et une femme musulmane par la voie du mariage civil est, de notre point de vue jurisprudentiel concernant l'aspect contractuel du mariage, un contrat de mariage légal du point de vue formel. Et il est naturel que les deux époux se soumettent aux règles islamiques en tout ce qui concerne les affaires de ce mariage légal du point de vue formel. Et il est naturel que les deux époux se soumettent aux règles islamiques en tout ce qui concerne les affaires de ce mariage y compris celle de sa rupture.

Si les deux parties rompent le contrat par une voie autre que la voie islamique, elles cessent d'être en accord légal avec la loi islamique dans ce domaine. Elles se trouvent ainsi, selon les avis de la plupart des jurisconsultes, dans la situation des deux époux qui s'écartent des qualifications légales spécifiques du mariage.

Il y a un point que j'aimerais poser dans le cadre de cette question: le mariage civil peut-il être considéré comme un contrat qui soumet les deux parties à des conditions précises dans leurs relations réciproques?

On peut dire, pour répondre, que l'Islam n'interdit pas le fait que les deux époux posent des conditions en ce qui concerne leurs rapports réciproques. L'Islam insiste sur ce point dans la tradition connue par tous les Musulmanes et qui dit: "Les Musulmans (ou les Croyants) doivent respecter les conditions sauf lorsqu'il s'agit d'une condition qui rend licite quelque chose d'illicite ou rend illicite quelque chose de licite"

Cela veut dire que les conditions ne doivent pas être contraires à la Loi, règle qui est respectée même au niveau des lois civiles. En parlant donc de la légalité du mariage civil conclu par deux personnes musulmans, nous avons parlé de l'aspect formel de la légalité tout en laissant de côté son aspect en rapport avec le contenu, aspect qui doit être soumis à la Loi islamique. S'il s'agit d'une soumission à la loi civile si les qualifications de cette loi contraires à celles de la Loi islamique, cette soumission ne peut pas être considérée comme islamique. Il s'ensuit que la rupture du contrat conformément aux lois en vigueur au niveau du mariage civil, lois qui pourraient ne pas coïncider avec les Lois islamiques relatives au divorce, n'est pas valable, ce qui fait que cette rupture n'annule pas le contrat de mariage et les deux parties continuent à être considérées, du point de vue légal, comme mariées. La femme ne peut donc pas se marier avec un autre homme qu'après être légalement divorcée par le premier.

De la même manière, si un homme marié par la voie du mariage civil veut faire de telle sorte que sa femme soit son associée dans sa fortune, durant sa vie et après sa mort, il doit suivre, pour qu'elle puisse bénéficier de sa part de l'héritage, les démarches légales habituelles de la société ordinaire, comme par exemple le fait de lui faire don de la moitié de sa fortune durant sa vie, ou de la lui vendre avant de lui faire don du prix, etc.

En se comportant de la sorte, les deux époux ne le font pas ne tant qu'époux mais en tant que deux personnes indépendantes l'une de l'autre et qui peuvent conclure un contrat de société. Ce contrat doit respecter les conditions du contrat de la société en Islam.

Pour ce qui est de l'aspect de la question tel qu'il se pose après la mort du mari, celui-ci peut exiger qu'une part de l'héritage soit donnée à sa veuve, et ce conformément à l'enseignement des écoles islamiques qui autorisent le testament dont bénéficient les non héritiers, car il y a des écoles qui n'autorisent pas un tel testament.

Dans les situations de ce genre, il existe –chez ceux qui autorisent le testament- une condition selon laquelle le testament s'applique obligatoirement au tiers de la fortune et ne peut s'appliquer aux deux autres tiers qu'avec l'accord des autres héritiers.


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LE MARIAGE CIVIL: UNE SOLUTION POLITIQUE La Femme en l'Islam LE MARIAGE CIVIL: UNE SOLUTION POLITIQUE
Nous pensons que la question du confessionnalisme n'est pas issue de l'attitude négative vis-à-vis du mariage interconfessionnel. Car nous remarquons que le mariage interconfessionnel existe bel et bien au Liban que ce soit au niveau des Musulmans mariés à des Chrétiennes pratiquantes ou au niveau des Chrétiens formellement convertis à l'Islam et mariés à des Musulmanes. Mais ce genre de mariages n'a pas résolu la question confessionnelle même dans les sphères de la vie particulière des époux et des épouses.

Nous remarquons aussi que les fanatismes politiques sévissant font que le problème psychologique posé dans les milieux confessionnels s'impose même au niveau de la maison conjugale qui se divise du côté des sentiments et des sensibilités et conduit à une situation d'oppression qui étouffe la diversité interne. Ainsi la mère chrétienne peut se sentir opprimée par ses enfants musulmans et le père, auparavant chrétien et converti à l'Islam peut se sentir opprimé par ses parents et son milieu. Cela signifie que le mariage mixte ne peut pas abolir la question du confessionnalisme politique au même titre que les mariages des personnes appartenant à des nationalités et des races différentes n'a jamais apaisé les conflits de ces nationalités et races.

La question confessionnelle peut se résoudre par l'abolition du régime confessionnel et l'instauration d'un régime où Musulmans et Chrétiens se sentent égaux dans les devoirs et les droits à l'intérieur de la sphère politique générale. Le Chrétien et le Musulman peuvent garder leurs spécificités dans ce domaine sans que ces spécificités –surtout lorsqu'elles sont localisées dans la sphère de l'état civil- ne puissent poser de vrais problèmes sur le plan général.

Nous ne voulons pas dire que le mariage mixte ne peut pas donner quelques résultats positifs limités, mais lorsque nous parlons de la législation, dans son contenu positif ou négatif, nous devons dire que toute législation possède certains aspects négatifs en face de ses aspects positifs et certains aspects positifs en face de ses aspects négatifs. C'est que la législation n'est pas un état d'être absolu: toute législation possède certains aspects négatifs en face de ses aspects positifs et certains aspects positifs en face de ses aspects négatifs. C'est que la législation n'est pas un état d'être absolu: toute législation possède quelque chose de négatif dans son contenu positif. Cela est exprimé dans le verset coranique qui dit: "Ils t'interrogent au sujet du vin et des jeux de hasard. Dis: ils comportent tous deux, pour les hommes, un grand péché et un avantage, mais le péché qui s'y trouve est plus grand que leur utilité", Coran "la Vache" (al-Baqara), II 217.

Le Coran affirme donc que toute législation interdictionnelle (tahrimi) comporte certaines utilités dans son contenu et que toute législation obligatoire (ilzami) peut comporter certains éléments nuisibles dans son contenu. Mais la législation suit, dans son mouvement, le côté dominant, le côté du plus grand intérêt.

LE DIVORCE
Lorsque nous étudions la relation conjugale telle qu'elle se présente dans la législation islamique, nous trouvons que l'Islam la considère, du point de vue des dépenses matérielles, comme relevant des responsabilités de l'homme. C'est qu'il n'est pas possible pour la femme de prendre, tout seule, cette responsabilité, dans la mesure où la nature particulière de la femme, nature représentée par la grossesse, l'accouchement, l'allaitement et la maternité en général l'empêchent de prendre les responsabilités de la vie conjugale et, en plus, des devoirs qui lui sont consécutifs et qui pourraient peser sur son corps et sur toute sa vie. La maternité pèse sur le corps de la femme et ce en plus du temps et de l'énergie qu'elle dépense alors que la paternité ne pèse ni sur le corps de l'homme ni sur son temps.

D'où, il n'est normal que la femme prenne sur elle la responsabilité de la vie conjugale. Il n'est pas réaliste, ni pratique non plus que la femme prenne sur elle, au nom du partage ou de la participation, la responsabilité d'une partie des charges de la vie conjugale. La raison est que toute femme n'est pas capable de travailler comme l'homme peut le faire. Ainsi, c'est l'homme qui est chargé de la responsabilité des dépenses conjugales, c'est-à-dire de ses propres dépenses, de celles de sa femme et de celles de ses enfants. Et il est naturel que celui qui prend la responsabilité absolue de la vie conjugale soit celui qui prend aussi la responsabilité de sa rupture, car c'est lui qui subit les conséquences nuisibles de sa rupture. Il est normal aussi que la femme, qui n'est nullement responsable de la vie conjugale, même pas de un pour cent de cette vie, il est normal qu'elle ne perde rien avec la rupture de cette vie. Nous le disons ainsi lorsque nous parlons avec sang froid et sans prendre en considération les circonstances particulières et imprévues qui peuvent intervenir au niveau de l'homme et de la femme car la législation ne légifère que pour la tendance générale. C'est pour cette raison que le divorce appartient à l'homme.

Il y a une autre question à caractère général mais qui a des exceptions: il s'agit de la dimension affective de la personnalité de la femme qui peut la pousser à se précipiter vers le divorce d'une manière affective et non réfléchie. De son côté, l'homme réfléchit beaucoup avant de divorcer dans la mesure où le divorce le met face à beaucoup de responsabilités et le prive de beaucoup de moyens et d'occasions d'organiser sa vie publique et privée.

Il se peut que certains hommes ne soient pas capables de se montrer responsables de leur décision et de l'exercice de leur droit de divorcer. Il se peut aussi que certaines femmes se montrent capables de réfléchir avec sérénité et d'une manière convenable dans ce domaine. Mais la tendance générale reste la même et c'est elle qui est concernée par la législation. Cela peut être confirmé par la parole divine disant: "Les hommes sont responsables des femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles et à cause des dépenses qu'ils font pour assurer leur entretien"

La supériorité est située dans le domaine des caractéristiques subjectives et c'est elle qui donne le droit de contrôler la maison conjugale, de gérer ses affaires et de décider du divorce. La supériorité ne touche pas d'autres domaines car Dieu ne soumet pas la femme à l'homme en dehors du cadre de la vie conjugale et des sphères en liaison avec cette vie.

LE DIVORCE: LE LICITE LE PLUS DETESTABLE
Cette question ne possède pas en Islam des limites légalement obligatoires, mais plutôt des limites morales. Quand nous lisons la Tradition prophétique disant: "Le divorce est le licite que Dieu déteste le plus", nous constatons que le sens qu'elle inspire est la nécessité pour l'homme qui veut exercer son droit de divorcer, de l'exercer en s'ouvrant à Dieu, en désirant qu'il soit aimé par Dieu. Si Dieu a permis le divorce dans l'intérêt des humains, l'homme ne doit pas le prendre et l'exercer au gré de ses caprices. Car même si le divorce est licite, il est un licite détesté par Dieu et, de ce fait, il est répréhensible et, avec son caractère répréhensible, il s'approche de l'illicite.

Il va de soi que l'homme qui cherche à ce que Dieu soit satisfait de lui et à ce qu'il soit aimé de Dieu et proche de Lui ne divorce pas par caprice ou au gré de ses fantaisies. Il est nécessaire, avant de divorcer, d'étudier la question d'une manière rigoureuse et profonde pour n'agir qu'après avoir épuisé tous les moyens susceptibles de sauvegarder la relation conjugale dans sa continuité, dans sa clarté et dans sa force. Il est nécessaire d'agir tout comme s'il s'agissait d'une opération extrême qui n'intervient qu'une fois le problème ou la maladie arrivés à la limite du danger. Il va de soi aussi que toute loi ne peut se protéger qu'à travers la personne qui l'applique: à supposer que, du point de vue de l'Islam, le divorcer est conditionné et soumis à des règles précises et bien déterminées, les hommes peuvent toujours contourner les règles pour s'installer dans la situation de permissivité qu'ils désirent.

Nous remarquons, par exemple, que Dieu ne permet pas à l'homme de récupérer, sans droit, la dot qu'il avait payée à sa femme. Il ne lui permet non plus de la soumettre à des pressions dans ce domaine. Mais certains maris peuvent se comporter vis-à-vis de leurs femmes d'une manière inacceptable du point de vue moral, ou perverse du point de vue légal. Ils peuvent être poussés à la faire sous la pression de leurs caprices et passions dans le but d'obliger les femmes à tout abandonner pour obtenir le divorce. En se comportant ainsi, l'homme ne fait que contourner l'interdiction légale en suivant la voie qui oblige la femme à accepter l'abandon de ses droits.

A partir de ces faits, nous pouvons dire que beaucoup d'affaires, et surtout celles relatives aux relations humaines, ne peuvent être soumises à des règles géométriques qui les mettraient en mouvement en fonction de certains calculs, ou qui les mettraient en repos en fonction de certains autres calculs. Il est nécessaire, à ce propos, que la personnalité islamique morale qui s'incline devant ce qui est permis par Dieu comme elle le fait devant ce qui est interdit par Lui, se manifeste à travers les options morales qui rapprochent l'homme de Dieu.

LE DROIT DU JUGE LEGAL DE PROCEDER AU DIVORCE
Si un homme abandonne sa femme sans prendre ses responsabilités envers elle en ce qui concerne les dépenses, avec tout ce qui est impliqué par la dépense et par les échanges normaux de la vie commune, le juge légal peut alors procéder à divorcer la femme à sa demande. Le mari doit auparavant choisir entre le divorce ou le retour aux échanges normaux de la vie commune. Si l'homme refuse les deux options, le juge légal peut alors procéder au divorce. Cela se dégage du Livre de Dieu qui fait situer la vie conjugale entre deux lignes en disant: "… Reprenez donc vos épouses d'une manière convenable, ou bien renvoyez-les décemment". Coran, al-Baqara (la Vache), II 229.

Ainsi, si l'homme ne retient pas la femme, en lui donnant sa place à l'intérieur de la sphère conjugale selon les normes reconnues, il doit la laisser partir selon les normes reconnues. Cela veut dire qu'il doit divorcer pour que la femme puisse agir et vivre librement à l'abri de ses pressions. Mais s'il refuse les deux options, le juge légal peut alors procéder au divorce.

LES CAS OU` LA FEMME PEUT DIVORCER ELLE-MEME
La femme peut dissoudre le contrat de mariage si, après la conclusion du contrat, elle découvre des défauts légaux au niveau de l'homme. Si elle trouve, par exemple, que son mari est sexuellement impuissant, elle peut, conformément à l'enseignement de l'Islam, porter l'affaire devant le juge légal. Celui-ci lui donne le délai d'un an durant lequel sa femme continue à vivre avec lui normalement. Si à l'expiration du délai l'impuissance ne disparaît pas, la femme peut alors dissoudre le contrat de mariage et obtenir, tout ordinairement, sa liberté. On fait de même si l'homme perd ses facultés mentales pendant la vie conjugale.

La femme peut user de ce même droit si l'homme dévoile un défaut physique que sa femme veut garder secret.

Tout cela concerne les situations qui interviennent de manière imprévue. Il existe d'autres situations où la femme peut introduire, dans le contrat de mariage, une condition lui donnant le droit de divorcer elle-même. Les jurisconsultes musulmans ne s'accordent pas sur la formule à suivre.

Pour les jurisconsultes sunnites, la femme peut poser la condition en disant par exemple: "Je me marie avec toi à condition d'user du droit de divorcer moi-même".

Pour les jurisconsultes chi'ites, cette condition est contraire à l'enseignement du Coran et de la Sunna, car la forme normale et naturelle est celle qui donne le droit de divorcer à l'homme et l'homme ne peut pas abandonner son droit pour le donner à un autre homme ou à la femme.

Mais il existe un solution: la femme peut poser la condition d'être elle-même la mandataire de l'homme pour divorcer elle-même en son nom. Ainsi, le mandat ne contredit pas le fait que l'homme continue à être l'ayant droit de divorcer dans la mesure où la femme tire de lui son droit de se divorcer elle-même et dans la mesure où c'est lui qui l'a mandatée pour divorcer. L'homme peut aussi mandater une autre personne ou un savant religieux pour divorcer sa femme. Le mandat ne peut pas être séparé du contrat car il n'est pas issu de la formulation de la procuration, mais de la condition inhérente au contrat. Et comme les Musulmans ne peuvent que respecter leurs engagements, l'homme ne peut nullement séparer la procuration du contrat.

La femme peut donc, si elle sent que des événements imprévus pourraient intervenir à l'avenir de sa vie conjugale et l'obliger de se séparer de son mari, user de ce droit en le fixant sous la forme d'une condition à l'intérieur du contrat de mariage. Cela peut se faire de manière absolue en lui disant: "zawwajtuka nafsi 'ala sharti an akuna wakilatan 'anka fi talaqi nafsi mata aradt" (Je me marie avec toi à condition de me substituer à toi pour divorcer quand je le voudrais), ou en posant des conditions relatives par exemple au mariage de son mari avec une autre femme. La femme peut fixer toutes les conditions qu'elle veut à l'intérieur du contrat. Et de la sorte, l'Islam ne limite pas l'espace de la femme et ne l'enferme pas dans la mesure où il lui donne la possibilité d'user de sa liberté pour mettre fin à la relation conjugale à travers les conditions qu'elle peut fixer à l'intérieur du contrat.

Il est important de remarquer à ce sujet que beaucoup d'hommes s'éloignent –dans leurs relations avec leurs femmes- des moralités de l'Islam et agissent à partir des fausses idées selon lesquelles l'homme peut exercer un plein pouvoir sur la femme qu'il peut frapper, insulter ou chasser de la maison. Dans les conditions actuelles où la déviation est devenue un phénomène social imposant, nous encourageons le fait que la femme use de son droit de divorcer elle-même, pour ainsi freiner l'évolution de l'homme dans le mauvais sens.

LA POLYGAMIE
Le Noble Coran a évoqué la polygamie au sujet de laquelle il dit:

"…E'pousez comme il vous plait, deux trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de ne pas être équitables, prenez une seule femme, ou celles que vous possédez. Cela vaux mieux pour vous que d'avoir à entretenir une grande famille…" Coran, "an-Nisa’" (les Femmes), IV 3.

La monogamie est la forme originelle et essentielle du mariage car Dieu –qu'Il soit exalté et glorifié- a voulu que la vie conjugale soit une cohabitation réciproque et un mouvement humain vers l'établissement d'une relation équilibrée fondée sur le climat de l'amour et de la compassion signalé par le verset qui dit: "Elles sont un habillement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles"… Coran, al-Baqara (la Vache), II 187.

Nous pensons que la monogamie est l'origine, mais il est permis à l'homme de sortir des limites de l'origine pour la polygamie lorsque certaines situations interviennent et certains problèmes se posent devant lui.

Mais la question de la polygamie fait l'objet de certaines interrogations. Nous allons donc les poser et essayer d'y répondre.

LES ASPECTS NEGATIFS DE LA POLYGAMIE DU POINT DE VUE DES AUTRES:
Comment faire face à la polygamie considérée au niveau de ses conséquences psychologiques, sociales et économiques et à travers ses aspects négatifs que les autres évoquent ici et là au point que la permission législative de cette question est devenue un grand point faible que les ennemis de l'Islam essayent d'exploiter, pour prouver l'arriération de l'Islam et son écart de la justice et de l'égalité dans son projet visant l'établissement d'une famille, stable, solide et tranquille?

Ils disent dans ce sens que l'Islam fait de la femme un simple moyen de plaisir mis au service des exigences de la sensualité de l'homme. Et que l'Islam encourage la tendance charnelle de l'homme en lui procurant l'occasion de la multiplicité des femmes qu'il peut épouser. Et qu'il conduit à se laisser absorber dans ce domaine pour s'éloigner des horizons spirituels qui l'élèvent au-dessus des besoins charnels et de la nature animale qui lui est sous-jacente. Et, à leur avis, tout cela n'est pas compatible avec la spiritualité de la religion qui cherche à polir les instincts humains et à les assouplir pour les mettre au service de tout ce qui satisfait, avec modération, les besoins naturels de l'homme.

Ils disent aussi que la polygamie prive la maison de sa tranquillité et de sa stabilité en nourrissant les haines des épouses qui concurrencent entre elles pour attirer les attentions de l'homme. Ces haines les conduisent au conflit surtout lorsque, sous la pression d'un désir ou d'un sentiment, l'homme se montre attiré par l'une d'elles aux dépens des autres, ce qui peut rendre ces dernières psychologiquement "complexées" vis-à-vis de la première.

Et le complexe peut évoluer et devenir de plus en plus grand entraînant ainsi d'innombrables problèmes généraux et particuliers.

Les problèmes ne se réduisent pas aux épouses. Ils peuvent toucher les enfants qui, à leur tour, peuvent, sous l'influence de leurs mères, se "complexer" les uns des autres et leurs "complexes" peuvent se transformer en sentiments agressifs envers le père qui peut être poussé par sa passion à négliger les enfants dont la mère n'est pas son épouse préférée.

Tout cela n'a rien à voir avec l'amour et la compassion qui constituent les bases de la relation conjugale en Islam et n'est en rien compatible avec l'idée de la cohabitation réciproque qui est considérée par le Coran comme la caractéristique essentielle de cette relation.

Ils disent encore que la polygamie porte atteinte aux finances de la famille dans la mesure où les besoins multiples de chacune des épouses augmentent les charges du budget. En outre, la polygamie contribue à multiplier les naissances et celles-ci affaiblissent les économies de l'individu et de la nation et nuisent à l'éducation des enfants dans la mesure où l'homme, toujours pris par ses nombreuses femmes, n'a pas le loisir de planifier pour éduquer ses enfants et les orienter dans la bonne direction.

Et tout cela ne sert pas les vrais intérêts de l'homme représentés dans sa tendance à vivre dans l'aisance, dans la mesure où les difficultés financières et la pression des besoins peuvent précipiter l'homme dans le gouffre de la déviation en l'éloignant du vrai et du droit. Cela n'est-il pas exprimé dans l'invocation des "Bons Caractères" qu'on trouve dans le recueil de l'Imam as-Sajjad (p) (as-Sahifa as-sajjadiyya) où il dit: "Seigneur!

Protège-moi par l'aisance!

Ne fais pas user mon honneur en vous montrant parcimonieux avec moi!

Car cela me poussera à tendre ma main à ceux qui te tendent leurs mains et à demander à ceux qui sont les pires parmi ta créature.

Car cela me précipitera dans la sédition puisque je louerai celui qui me donne et blâmerai celui qui me prive, alors que c'est Toi qui est, avant eux; Celui qui donne et Celui qui prive!".

Quant à l'éducation, elle est essentielle dans la planification islamique pour le développement de la personnalité de l'enfant dans le sens où Dieu a chargé l'homme de l'obligation de bien soigner son enfant et de le bien éduquer pour le protéger de l'Enfer où brûlent les hommes et les rochers, au moyen de la bonne éducation qui approfondit sa foi et ses bons caractères et le conduit vers le droit chemin.

Il disent tout cela et beaucoup d'autres choses aussi sur les conséquences de ces problèmes au niveau de la vie sociale et publique, car la nature des relations familiales fait qu'elles retentissent au niveau de toutes les autres relations qu'elles soient proches ou lointaines.

Ils évoquent aussi la dimension psychologique de la femme en ce qui touche ses sentiments de persécution et d'oppression qui naissent dans les conditions de la perturbation de la relation conjugale sous la polygamie qui porte préjudice à l'humanité de la femme et la transforme en un être humain opprimé et complexé.

Les considérations en rapport avec la civilisation et le modernisme occupent une bonne place dans le discours de ceux qui attaquent la polygamie pour la considérer comme une déviation vis-à-vis des valeurs de la civilisation, valeurs qui convergent vers la sauvegarde de l'humanité dans le mouvement de la législation pour la vie.

LA QUALIFICATION LEGALE ET LA BALANCE DES AVANTAGES ET DES INCONVENIENTS
Mais nous ne trouvons rien, dans tout cela, qui pourrait signifier la présence d'une faille dans l'attitude de la législation islamique vis-à-vis de la polygamie. Car nous essayons –lorsque nous évaluons une qualification légale- d'étudier les avantages et les inconvénients, les nuisances et les utilités. Si ce qui est avantageux prime par rapport à ce qui est désavantageux, on peut le classer dans la catégorie positive. Si, au contraire, ce qui prime est le désavantageux, on doit le classer dans la catégorie négative. C'est que les qualifications légales sont déterminées, à notre avis, à la lumière des avantages et des inconvénients et il ne suffit pas pour une qualification négative qu'elle soit dans une situation de faiblesse, mais il faut que sa faiblesse soit plus sensible que sa force et sa faiblesse. Cela se dégage de la parole où Dieu dit: "Ils t'interrogent au sujet du vin et des jeux de hasard. Dis: ils comportent un grand péché et un avantage; mais le péché qui s'y trouve est plus grand que leur utilité".

Coran, al-Baqara (la Vache), II 219.

A la lumière de cette considération, nous trouvons que l'existence de certains aspects négatifs dans les objets des qualifications n'implique pas la suppression de ces qualifications. Il faut, pour le faire, que les aspects négatifs de l'objet soient plus sensibles que ses aspects positifs.

COMPARAISON ENTRE LES ASPECTS POSITIFS ET LES ASPECTS NE'GATIFS DE LA POLYGAMIE
Il est possible de cerner la nature de cette question et de savoir, à travers la comparaison, comment les aspects positifs et négatifs de cette question se rencontrent pour aboutir à la conclusion. Certains chercheurs ont ainsi évoqué plusieurs situations où l'intérêt exige la polygamie.

Parmi ces situations, on peut parler de celle où la polygamie se présente, parfois et chez certaines personnes, comme un besoin avec lequel la monogamie devient une source de déviation. On peut rencontrer des cas de ce genre chez beaucoup de personnes parmi celles qui ont, à côté de leurs relations légales, des relations illégales qu'ils établissent sous le poids du besoin pressant ou sous l'influence d'une situation imprévue. On peut aussi dire que la polygamie représente un fait historique et général présent dans les relations légales et illégales à la fois. Cela nous permet de penser qu'elle est un phénomène humain universel qui se pratiquait et se pratique encore dans les sociétés primitives aussi bien que dans les sociétés civilisées qui récusent la polygamie dans le domaine juridique pour l'adopter dans le domaine pratique.

Quant aux vues disant que la polygamie encourage la sensualité dans le mouvement de l'instinct chez l'homme qu'elle approcherait de l'animalité et l'éloignerait de la spiritualité, ces vues tirent leur essence de l'idéalisme et ne sont pas fondées sur une vision réaliste des choses. Car l'Islam ne veut pas que l'homme étouffe ses désirs et les considère comme des maux, des défauts ou des expressions de décadence. Il veut qu'il les considère comme des besoins naturels semblables aux besoins que nous avons de manger et de boire et qu'il agisse dans le sens de les organiser et de les placer dans leurs limites naturelles. L'Islam ne veut pas que l'homme soit bouleversé et poussé vers les complexes et la déviation. Il veut qu'il vive droitement et naturellement à travers la satisfaction équilibrée de ses besoins. Au-delà de ces limites, il lui laisse la liberté de répondre positivement et de manière réfléchie à l'appel de ses désirs, ou de se contenter du minimum tout en disposant des moyens de réaliser le maximum par les voies légales. En vérité, il y a une différence entre la pression qu'on exerce sur soi à partir d'une situation qui nous oblige à agir ou ne pas agir et celle qu'on exerce à partir d'une situation qui nous laisse le choix d'agir ou de ne pas agir. La différence est que dans la première situation, l'homme se trouve en proie aux sentiments de perplexité et d'étouffement psychique.

Quant aux vues selon lesquelles la femme est transformée en un simple objet de plaisir pour l'homme, ces vues ne résistent pas à la critique dans la mesure où la sexualité est un besoin pour l'homme et pour la femme et dans les deux situations de la polygamie et de la monogamie. Ainsi, si on considère les choses dans ce sens, on doit supprimer la racine même du mariage… En un mot, l'Islam est une religion réaliste qui cherche à résoudre le problème par la logique réaliste et non pas par la logique idéaliste. Il cherche à fonder la solution sur la base du problème tel qu'il se pose réellement pour couper cours aux prétextes avancés par l'homme pour justifier la déviation.

Quant aux vues disant que la polygamie ne sert pas la cause da la stabilité, de la tranquillité, de l'amour et de la compassion dans la maison conjugale, ces vues ne nous posent aucun problème, car tout problème imprévu se posant dans une situation bien déterminée doit être tel qu'il se pose dans la situation opposée qui pose, à son tour, un problème différent. Ainsi, la comparaison des deux situations devient le seul moyen d'opter pour l'une ou pour l'autre solution. C’est donc cette question qui se pose dans ce domaine.

La polygamie est issue, comme nous l'avons dit, d'un besoin du sujet. Si on néglige ce besoin, on aboutit à l'une des deux situations suivantes: se contenter de la monogamie et souffrir l'état psychologique complexé inhérent à cette situation, ou avoir des relations multiples dans le cadre de l'illégalité. Dans les deux cas, nous nous trouvons face à l'angoisse, aux complexes, à l'instabilité psychique et à la précarité de la relation conjugale qui ne peut que subir les différents réactions à ces situations fondées sur des bases non réalistes et instables. Mais la polygamie fondée sur des bases légales reste, avec tous les problèmes qu'elle pose, un moyen qui garantit le contrôle des besoins limités dans leur cadre réaliste et qui cerne le problème dans un cadre limité dans l'intention de le résoudre à la lumière des moralités de l'Islam qui, d'une part, réduisent les retombées négatives du phénomène et, d'autre part, permettent de continuer à échanger avec le fait accompli qui habitue l'être humain à cohabiter avec le problème et à l'intégrer…

Il est peut-être possible de traiter la question sous un autre angle: la moralité des deux époux reste l'élément essentiel dans la confrontation avec les problèmes de la vie conjugale, même dans la situation de la monogamie. Il se peut que, sous la monogamie, la vie se complique et se bouleverse dans le cas où la moralité est négative alors que, sous la polygamie, elle pourrait se stabiliser dans la droiture et la solidarité dans le cas où la moralité est positive. La monogamie et la polygamie sont considérées comme faisant partie des aspects extérieurs de la relation, ce qui fait de leur examen une question pouvant avoir plus d'une seule solution.

Quant aux difficultés de la réalité économique dans le cadre de la polygamie, elles ne sont pas présentes dans toutes les situations et avec toutes les personnes. Certains peuvent être assez aisés pour répondre aux besoins de la polygamie. Certains autres peuvent aller, sans embarras, vers le développement de leurs ressources économiques pour servir un tel objectif. Cela pourrait même aboutir à la prospérité économique à travers la diversification de la main d'œuvre qui en résulte dans les conditions où la famille en éprouve le besoin. La polygamie pourrait aussi sauver la famille des difficultés économiques occasionnées par les dépenses illimitées des relations illégales qui prennent ordinairement la place de la polygamie légale. Si l'on ajoute le fait que l'Islam favorise la tendance à se contenter de la monogamie, dans les conditions économiquement difficiles qui font des dépenses que nécessite la polygamie une chose insupportable et empêchent l'homme d'être juste dans la répartition des dépenses, on arrive à la conclusion décisive qui place l'affaire dans son cadre normal et naturel où la vie se déroule dans l'aisance et non pas dans les conditions de la difficulté économique…

Quant à la question des naissances illimitées et ses influences sur la réalité économique de la famille et de la communauté, elle doit prendre en compte le mouvement de la réalité. La communauté peut avoir besoin, dans certaines conditions, d'un taux de naissances élevé alors que d'autres conditions peuvent l'obliger à réduire le taux des naissances. Un troisième genre de conditions peut aussi intervenir pour imposer un état d'équilibre entre les deux situations précédentes. Le taux élevé des naissances n'est pas une valeur universellement négative et le taux réduit n'est pas une valeur universellement positive. Les deux valeurs sont soumises, comme toutes les autres valeurs qui tirent leurs raisons d'être de la réalité extérieure, aux conditions objectives qui animent le milieu extérieur. C'est exactement cette question qui se pose à notre époque actuelle où certains Etats, même dans les pays les plus civilisés, accordent des privilèges économiques aux familles nombreuses selon l'abondance des ressources économiques et le besoin du développement démographique de la nation, alors que certains autres Etats, parmi ceux qui connaissent des situations économiques graves, déclarent une sorte de guerre contre les taux élevés de naissance, dans le but d'éviter l'effondrement de leurs économies.

Deux points doivent être posés au sujet de cette question:

Lé premièr: la polygamie n'es pas liée aux taux de naissances élevés car ces taux peuvent toujours être élevés dans la monogamie si les naissances ne sont pas limitées. Si nous prenons en considération les divers moyens légaux pouvant être utilisés pour l'organisation de la famille dans ce domaine, nous trouvons alors qu'il est possible de maîtriser la situation et de résoudre le problème dans les deux situations de la polygamie et de la monogamie.

Le second: il existe dans la croyance de l'homme de foi une dimension suprasensible qui permet de rencontrer Dieu qui donne à qui Il veut sans que l'homme ne sache par où le don pourrait lui parvenir: Dieu accorde le don en fonction du besoin. La question n'est donc pas liée aux seuls calculs matériels, car il existe plus d'une dimension suprasensible qui ouvre la réalité à plus d'une solution dans le cadre de la clémence de Dieu.

Quant à la question de l'éducation qui pourrait être, dans les condition de la famille à nombre d'enfants réduit, plus profonde qu'elle ne pourrait pas l'être dans la conditions de la famille nombreuse, elle diffère quant à ses conséquences positives ou négatives en fonction des conditions personnelles. On peut effectivement noter une déviation éducative chez un enfant unique en face d'une droiture éducative chez les enfants des familles nombreuses. C'est que les moyens personnels de l'homme, comme l'effort, la fortune, la notabilité ou la situation générale, peuvent l'aider à orienter l'éducation d'une manière qui peut ne pas être possible dans des conditions différentes. De ce fait, la question est liée aux dispositions extérieures qui entourent l'homme dans les conditions de la réalité objective.

Ceux qui prônent la polygamie peuvent signaler à ceux qui prônent la monogamie un grand nombre de problèmes réels, comme:

1- Les statistiques montrent que le nombre naturel des femmes est supérieur au nombre des hommes, ce qui prive une partie des femmes de leurs chances au mariage dans la situation de la monogamie.

2- Les victimes des guerres sont beaucoup plus nombreuses aux rangs des hommes car ce sont les hommes qui se chargent de la guerre, dans la plupart des cas, alors que les femmes travaillent, même pendant la guerre, dans des conditions plus sûres et moins dangereuses. Cela fait que la guerre devient une grande source des problèmes issus de la monogamie. On a dit, à ce propos qu'un député allemand, a demandé au parlement de son pays d'introduire la législation de la polygamie pour faire face aux conséquences désastreuses de la deuxième guerre mondiale au niveau de la baisse du nombre des hommes comparé à celui des femmes.

3- Dans le cas de la stérilité de la femme et au moment où le mari sent le besoin de la paternité sans vouloir se séparer de sa femme avec laquelle il se trouve en état de parfaite entente, la polygamie se présente comme la meilleure solution possible.

Il existe plus d'une situation réelle parmi celles qui posent des problèmes pour la monogamie et font de la polygamie une solution normale et plus proche de la nature humaine soumise à des pulsions et des besoins physiques et spirituels dont la satisfaction est indispensable pour l'homme qui cherche l'harmonie avec l'état d'équilibre psychique qu'impose le besoin de la stabilité.

POURQUOI L'HOMME A-T-IL DROIT A` LA POLYGAMIE ET NON PAS LA FEMME?
Cette affaire peut être posée à travers une question qui se pose à l'esprit, à savoir : pourquoi l'Islam a-t-il permis à l'homme de prendre plusieurs épouses et n'a-t-il pas permis à la femme de prendre plusieurs époux?

La réponse comprend deux points:

- La première est que le régime familial patriarcal fondé sur la personne du père en tant que représentant original de la famille est un régime fondamental en Islam. Il se peut aussi qu'il soit fondamental dans la réalité humaine. Si l'histoire avait connu, dans certains de ses épisodes, le régime matriarcal, c'est-à-dire ce régime gouverné par la mère et dans lequel le père est subordonné à la mère dans ses fonctions familiales, cela ne peut être considéré que comme un écart et non comme une norme. L'Islam a adopté ce régime patriarcal pour considérer l'homme comme responsable de la famille et de ses affaires vitales et comme source de sa généalogie. Cela ne veut pas dire que le rôle de la mère et sa généalogie sont annulés.

Ils sont seulement secondaires de ce point de vue, et à la lumière de ces faits, il n'est pas possible d'accepter la polygamie dans la mesure où elle pose le problème de l'appartenance généalogique des enfants.

- La seconde est que la législation ne peut que résulter d'un besoin d'engagement dans la vie. Et nous avons déjà parlé des fondements de la législation concernant la polygamie et qui ont leurs raisons dans la réalité aussi bien que dans l'appel de la nature. Nous avons même adopté l'idée voulant que l'histoire de l'homme est celle de la pluralité des relations sexuelles de l'homme, que ces relations soient légales ou illégales, ce qui donne à penser que la monogamie ne peut aucunement donner une solution au problème et que, de ce fait, elle doit être dépassée pour une autre option.

Pour ce qui est de la polyandrie, elle est un état historiquement anormal, même chez les tribus primitives qui n'ont pas connu l'évolution de l'historie. Il n'est donc pas besoin pour la législation de s'arrêter devant cet état pour lui instituer des lois et des qualifications. En considérant les raisons de la polygamie, nous trouvons les situations de guerre où les victimes sont beaucoup plus nombreuses au niveau des hommes qu'au niveau des femmes. Cela fait du nombre plus élevé de femmes et du nombre plus réduit d'hommes un état naturel qui impose la pluralité des relations de l'homme et non pas celle des relations de la femme, et ce dans le but de résoudre les problèmes sexuels et spirituels de la femme qui cherche à avoir une relation normale avec l'homme.

… Il existe un autre point qui mérite d'être traité: l'instinct de l'homme appelle la pluralité plus que l'instinct de la femme car l'excitabilité de l'homme est plus intense et plus rapide que celle de la femme. La femme a plus besoin que l'homme d'une préparation psychique et physique pour répondre positivement aux éléments excitateurs de l'instinct. Il est connu que l'homme atteint son orgasme avant la femme et cela conduit à des problèmes psychiques et physiques pour la femme dans la mesure où elle ne se sent pas aussi satisfaite que l'homme. On peut dire à partir de ce fait que l'excitabilité de la femme n'est pas aussi positive que celle de l'homme. On peut même remarquer dans la vie quotidienne que c'est l'homme qui, attiré par l'appel de l'instinct, poursuit la femme et lui prépare l'atmosphère de la déviation, alors que, dans beaucoup de situations, la séduction de l'homme par la femme est occasionnée par des facteurs économiques ou par d'autres facteurs extérieurs.

Certains pays européens et américains ont connu des situations semblables à la polygamie et à la polyandrie dans ce que l'on appelle l'opération du mariage collectif où plusieurs hommes et plusieurs femmes cohabitent ensemble dans une vie conjugale commune. Mais la réalité a prouvé l'échec de cette expérience, car elle leur a occasionné plus d’un problème sans pour autant leur procurer la satisfaction psychique et le bonheur, surtout pour ce qui est de la femme.

On peut aussi remarquer que la femme tend à avoir une relation unique plus qu'elle ne tend à avoir des relations multiples. C'est pour cette raison que le phénomène de la fidélité est plus en vigueur chez les femmes et non pas chez les hommes… La femme se sent satisfaite avec une relation unique et naturelle dans la mesure où elle modère son excitabilité, alors qu'un tel sentiment de satisfaction n'est pas présent chez l'homme.

A la lumière de ces considérations, nous nous trouvons face à la vraie réalité qui impose le besoin de la polygamie en raison de l'instinct et des dispositions humaines générales et cela pose une question à la mesure du phénomène que la législation doit confronter en lui proposant des solutions pratiques. En même temps, nous ne pensons pas que cela ne constitue pas un besoin à la mesure de la question et du phénomène tel qu'ils sont enregistrés chez la femme. Tout au plus, nous ne trouvons, chez elle, que des états passagers et occasionnels n'exigeant pas un grand intérêt.

Ainsi, nous trouvons que la législation islamique fait face à la réalité et donne des solutions aux problèmes complexes à partir des besoins naturels de l'homme. Il en est ainsi car l'Islam ne légifère pas pour les anges, mais pour les hommes et la polygamie est une solution naturelle et normale au problème de l'homme et de la femme à la fois et ce du double point de vue sexuel et social.

LA CONDITION DE LA POLYGAMIE, OU LA LIBERTE DANS LES LIMITES DE LA LOI: REALISER L'EQUILIBRE.
Comme la polygamie est permise et non obligatoire, l'homme peut exercer sa liberté à travers ses conditions pour arriver à la réalisation de l'équilibre dans sa vie. Il se peut qu'il trouve son intérêt dans la monogamie, dans la polygamie ou dans le célibat. De cette manière, il mène sa vie et pratique sur la base de la Loi en s'éloignant ainsi des situations illégales dans toutes ses conditions et en confrontant la réalité avec les attitudes positives de la légalité, loin des attitudes négatives de la déviation.

Il est peut-être nécessaire de faire face à l'évaluation intellectuelle et pratique des relations dans la logique des qualifications légales en respectant les pratiques fondées sur ces bases et compatibles avec les moralités de la Loi, même si ces pratiques et moralités sont écartées des traditions sociales d'origines non islamiques. Ces traditions sont en vigueur au niveau de certains aspects de notre réalité vécue actuellement où l'on se laisse influencer par les valeurs chrétiennes idéalistes qui insistent sur la vie monacale (le célibat) et sur la nécessité de s'éloigner des instincts et donnent à ce genre d'attitude le statut des valeurs spirituelles fondamentales en considérant l'homme qui étouffe son instinct comme un saint et l'homme qui obéit à ses instincts, d'une manière naturelle, comme inférieur sur l'échelle des valeurs. A partir de ces considérations, l'attitude chrétienne voit dans la question de la polygamie et de la pluralité des relations sexuelles un état de sensualité indigne de l'homme de foi qui cherche à cristalliser les valeurs spirituelles dans sa vie, avec tout ce qu'elles représentent en matière d'abstinence, de renoncement aux désirs et de dénigrement de la vie matérielle…

De son côté, l'Islam refuse cette logique et n'adopte pas ces concepts. Il considère les instincts déposés par Dieu dans l'entité humaine comme des instances naturelles qu'il doit satisfaire d'une manière équilibrée. Tout instinct a sa faim et sa soif et l'homme a le droit de satisfaire sa faim et d'éteindre l'ardeur de sa soif, exactement comme c'est le cas pour ce qui est des besoins physiques et naturels… Se comporter ainsi n'est pas contraire à la valeur et la sensualité modérée n'est pas mauvaise dans la vie. L'Islam ne la considère pas comme contraire à la spiritualité, car la spiritualité de l'Islam ne consiste pas à s'écarter des besoins physiques. Tout ce que l'Islam demande est que l'homme n'élève pas ses besoins au rang des valeurs fondamentales de la vie et qu'il les considère à partir de son libre arbitre qui peut dire "non" tout comme il peut dire "oui", sans se soumettre aux pressions conduisant à la déviation. De le sorte, la volonté de l'homme n'est pas l'esclave des besoins au cas où la vie met l'homme devant le choix d'agir avec ses principes ou de s'incliner devant la pression de ses désirs.

C'est en cela que consiste le sens réel de l'ascétisme dans tout ce qu'il représente comme sentiments permettant à l'homme de se libérer des liens de l'asservissement par la matière. C'est en cela que consiste la spiritualité intérieure qui permet à l'homme de faire face à la vie à travers sa capacité de maîtriser son mouvement. La faim n'est pas, en elle-même, une valeur spirituelle et le renoncement aux désirs n'a pas, en lui-même, un sens spirituel, sauf dans ce qu'il représente comme mouvement de la volonté consciente vers le refus de ce qui est abominable ou vers l'exercice à le confronter dans l'espoir de se rapprocher de Dieu dans la mesure où cela permet à l'homme d'exercer sa liberté en sa présence.

Sur la base de ces considérations, nous trouvons que la polygamie n'est pas contraire à la valeur et que la monogamie n'est pas la valeur, mais un besoin normal que l'homme peut vivre en fonction de ses conditions intérieures et extérieures. Il peut ainsi opter pour la polygamie ou pour la monogamie… et être proche de Dieu dans les deux cas dans la mesure où il agit à la lumière de la législation qui considère le fait de s'autoriser la polygamie comme un engagement islamique, tout comme le fait de se contenter de la monogamie qui est aussi un engagement dans la saine voie divine.

Mais l'homme peut mal utiliser cette autorisation. Parmi les aspects de ce mauvais usage, on note la polygamie issue d'une disposition capricieuse où, poussé par ses besoins insistants, l'homme part de son désir de diversifier ses relations sans que cela ne soit profondément fondé dans sa vie affective ou dans sa vie en général. Le désir capricieux et occasionnel qui peut être fougueux aujourd'hui pour s'éteindre demain ne doit pas être le fondement de la relation conjugale car cela fait du mariage une question de tempérament et non pas une question de besoin réel. Il se peut que ce fait soit l'une des raisons pour lesquelles l'homme ne doit pas opter pour la polygamie. L'aspect positif dans ce domaine est que la polygamie soit la réponse à un besoin profondément enraciné dans l'âme ou d'un autre besoin aussi profond qu'impose la réalité car c'est cette profondeur qui fait du mariage une responsabilité et c'est elle qui réalise la responsabilité dans le processus de l'équilibre du mariage.


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ETRE JUSTE AVEC SES FEMMES La Femme en l'Islam ETRE JUSTE AVEC SES FEMMES
Une autre question se pose dans ce domine. C'est celle d'être juste avec ses femmes.

Le noble Coran dit: "...Si vous craignez de ne pas être équitables, prenez une seule femme, …". Coran, "An-Nisa’" (les Femmes), IV 3.

Toute relation humaine doit être fondée sur la justice, que cette relation soit conjugale ou autre, car Dieu veut que la vie s'engage dans la voie de la justice. Pour cette raison, la polygamie est conditionnée par la justice que l'homme doit respecter au niveau de ses responsabilités et engagements envers ses femmes. Il ne peut pas les négliger au niveau de leurs droits et au niveau de ses devoirs envers elles. Ce qui est, peut-être, plus proche de la ligne de la piété est que l'homme étudie ses possibilités avant d'entrer dans une telle expérience. Alors, il peut avancer seulement s'il trouve en lui-même la capacité de remplir ses engagements légaux. Mais si, au contraire, il trouve que la question n'est pas assez claire et qu'il risque de ne pas pouvoir être juste en raison de ses conditions générales et personnelles, il lui est préférable de se contenter d'une seule femme, car cela est plus proche de la piété et correspond mieux à ses possibilités matérielles. Il ne doit donc pas se charger d'un fardeau qu'il ne peut pas supporter.

LA JUSTICE EST-ELLE UNE CONDITION POUR LA VALIDITE DE LA POLYGAMIE?
Une autre question peut se poser : la justice, ou les possibilités de la justice, sont-elles une condition nécessaire pour la validité de la relation polygame, de sorte que le contrat avec plus d'une seule femme n'est pas valide si l'homme craint de ne pas pouvoir être juste, ou bien la justice n'est-elle pas une condition de la validité du contrat, mais seulement une condition de la fidélité à la ligne de la responsabilité légale, sans que cela ne concerne l'aspect juridique du contrat?

Nous disons, pour répondre, que la question peut paraître, au niveau de l'apparence, comme si la justice est une condition juridique pour la validité et l'exécution du contrat… dans la mesure où Dieu n'a pas autorisé la polygamie dans les conditions de la crainte, de la part de l'homme, de ne pas être juste. Mais les savants ont admis la validité du contrat dans toutes les situations et n'ont pas opter pour l'annulation du contrat au cas où l'on se heurte à l'incapacité du mari de verser la pension qui est la condition de la justice. Il se peut que la raison soit dans le fait que la suite du verset "cela vaut mieux que de se trouver avec une famille nombreuse", signifie que la condition a la valeur d'un conseil ou d'une instruction et non pas celle de l'obligation légale et juridique… car se marier avec plus d'une seule femme tout en craignant de ne pas pouvoir être juste expose l'homme à des problèmes légaux dans sa relation et le met dans une situation instable du point de vue économique… et Dieu connaît mieux la vérité de ses institutions.

COMMENT TROUVER L'EQUILIBRE ENTRE CE VERSET ET CELUI QUI NIE LA POSSIBILITE DE LA JUSTICE?
Une autre question peut se poser : la comparaison de ce verset avec le verset qui dit: "Vous ne pouvez pas être justes à l'égard de chacune de vos femmes, même si vous en avez le désir. Ne soyez donc pas trop partiaux et ne laissez pas l'une d'entre elles comme en suspens". Coran, an-Nisa' (Les Femmes) IV 129, nous conduit au résultat suivant: Dieu interdit la polygamie car Il l'a conditionnée à la justice que le second verset considère comme impossible à réaliser, même au cas où l'on tient ardemment à la respecter, ce qui donne à penser que la Législation est entravée d'une manière qui empêche son application en lui donnant l'aspect d'une solution habile qui annule l'autorisation de la polygamie d'une façon indirecte.

On peut dire à ce propos:

Premièrement: nous avons déjà signalé que la condition intervient dans le sens de la prévention liée à la situation légale et économique de l'homme et non pas dans le sens de l'obligation juridique.

Deuxièmement: la justice ayant le statut de condition dans le premier verset est la justice dans le versement de la pension, alors que la justice dont parle le seconde verset est la justice en matière d'amour et du penchant sentimental. Cela se comprend de la parole divine disant: Ne soyez donc pas trop partiaux et ne laissez pas l'une d'entre elles comme en suspens", Coran, an-Nisa' (les Femmes) IV 129, qui représente l'ordre divin interdisant la déviation, au niveau affectif, au point avec lequel l'homme arrive à abandonner sa femme et à la laisser "suspendue", entre le mariage et le divorce. On peut même dire que cette manière de souligner l'envergure que la relation doit représenter un aveu de sa légitimité. La distinction des deux sens de la "justice" dans les deux versets provient des Imams de la Famille du Prophète (que la paix soit sur eux).

REFLEXIONS SUR "REGARDS ISLAMIQUES SUR LA FEMME"
Dans son dynamisme, la vie dépasse beaucoup de valeurs sociales muables. Et face à ce mouvement, toujours nouveau, de la vie, certains peuvent penser qu'il est nécessaire de trouver de nouvelles valeurs immuables. Mais ce qui est vraiment nécessaire est de suivre ce mouvement en s'ouvrant à lui avec les valeurs immuables existantes.

Sur le plan du mouvement de la vie considérée dans sa dimension sociale et, en particulier, à travers le rapport homme/femme, le livre de l'ayatollah as-Sayyid Muhammad Hussein Fadlullah "Regards islamiques sur la femme" intervient comme une goutte de lumière qui se déplace sur les horizons de la vie islamique humaine pour révéler la vérité dont l'image se voile derrière les lignes rapides et enchevêtrées du mouvement. Il intervient pour manifester la logique islamique sans soumission aucune au chantage de la modernité: "Nous n'adoptons pas la logique syncrétique qui part du désir de se réconcilier avec l'idée voulant moderniser l'Islam par son assujettissement aux changements occasionnels issus de la domination d'une pensée bien déterminée..".

Le livre part du fait que l'homme musulman, qu'il soit mâle ou femelle, doit agir suivant la ligne missionnaire. Cela ne peut avoir lieu qu'à travers la mobilisation de toutes ses énergies humaines même aux dépens de sa masculinité ou de sa féminité, sans toutefois supprimer ces deux instances. C'est à partir de cette constante qu'il est possible de déterminer les rôles respectifs de l'homme et de la femme missionnaires.

Mais parler de la femme pose le problème de vieilles sensibilités historiques en raison de la capacité qu'a la femme d'être plus séductrice que l'homme et en raison aussi de l'injustice qui, dans les pratiques dominantes, a consacré la faiblesse de la femme en face de la force de l'homme.

Il est donc nécessaire de mettre les points sur les "i" pour que le sens se manifeste clair et authentique, sans omissions ni ajouts et pour ainsi éviter l'extrémisme de la négligence et de l'abus à la fois, extrémisme qui, au lieu d'atteindre la vérité, tombe dans deux erreurs….

Nous ne devons donc pas reprendre à notre compte une partie de la pratique sociale fondée sur un mauvais héritage qui frustre la femme de ses droits. "Beaucoup de membres de la nouvelle génération reproduisent les comportements de leurs pères dont ils récusent l'arriération et se laissent paradoxalement influencer par eux.

De la sorte, la vie cesse d'être le fruit d'une relation bien étudiée par les deux conjoints et devient une relation qui subit le désordre et l'influence des résidus, des coutumes et des situations ambiantes". Nous ne devons non plus reprendre à notre compte l'autre partie qui appelle à la liberté de la femme sans, pour autant, respecter les règles permettant à la femme de ne pas s'écarter de la ligne en tant que personne ayant une mission à servir. "Il est donc nécessaire de recourir à des règles pratiques qui font de la liberté un mouvement réaliste allant dans le sens de l'intérêt suprême de l'homme, au niveau de l'individu, ce qui protège sa vie et y assure l'équilibre dans le mouvement de l'esprit et du corps et, au niveau du groupe, dans le terrain ouvert aux changements des situations sociales, dans le domaine des larges transformations ainsi que dans celui des transformations restreints". As-Sayyid Fadlullah appelle à établir une situation de ce genre au niveau du mouvement de la femme, de son travail et de ses contacts avec les hommes dans la vie publique, ou au niveau de ses choix, de son mariage et de sa maternité dans la vie privée. Cela permet à l'homme et à la femme de se compléter sous le grand titre de l'"homme", sans que l'un d'eux ne supprime la personnalité ou le rôle de l'autre.

Il est indiscutablement établi que l'Islam n'est pas une religion cléricale. Il est la dernière et la plus intégrale des Lois révélées. Elle régit les diverses orientations des relations de l'homme et leur assure les moyens du progrès et de la sublimation. Son intérêt ne se réduit pas à la dimension morale de l'homme, puisqu'elle active la dimension instinctive dans le cadre d'un noble projet sacré. L'Islam n'interdit pas aux humains de satisfaire leurs besoins charnels, mais il soumet cette satisfaction aux exigences du progrès. Ainsi, l'Islam interdit l'adultère, mais il permet ou, plutôt, sacralise le mariage. Il interdit l'usure, mais donne ses bénédictions aux échanges et au commerce. Il interdit le vol, mais protège la propriété légale et ainsi de suite. En outre, il propose des législations préventives dignes de nous prémunir contre toute situation pouvant conduire à la déviation.

A partir de ces fondements légaux, le livre se penche sur maintes affaires en rapport avec la femme et avec la société en général, comme le travail, l'amitié et l'amour. Le travail est un devoir pour l'homme tout comme il l'est pour la femme, puisque l'homme et la femme ont un rôle commun au service du message. "L'Islam n'a pas supprimé l'humanité de la femme et n'a pas, non plus, dispensé la femme de ses responsabilités". Mais ces responsabilités vont de pair avec le respect des règles de la conduite islamique: par exemple, l'homme n'a pas le droit d'interdire à sa femme d'exercer un travail légal sauf pour ce qui est des implications de ce travail comme la sortie de la femme de la maison conjugale, sortie qui doit être autorisée par le mari, d'une manière absolue ou de la manière ne portant pas préjudice à son droit. Cela est en relation avec les considérations de la responsabilité ne touchant que les affaires en rapport avec la maison conjugale".

En ce qui concerne la question de la promiscuité, "on peut avoir besoin d'un climat commun dans l'action sociale, dans l'action islamique ou dans l'action culturelle. Ces climats doivent être protégés par beaucoup de conditions et règles pour ainsi prévenir toute déviation". "La société des Croyants doit étudier ces affaires de manière rigoureuse afin de ne pas tomber dans l'expérience difficile qui pourrait porter atteinte aux deux parties ou, même, à la totalité de la société des Croyants".

Pour ce qui est de la question de l'amour, "l'Islam n'interdit pas à l'homme d'être attiré par la femme ni n'empêche la femme d'être attirée par l'homme. La seule condition est que cette attirance ait lieu dans le respect de la ligne légale", c'est-à-dire celle qui conduit à une relation légale.

As-Sayyid Fadlullah s'est aussi penché sur la réalité d'arriération dont souffre la femme. Il signale que la question du progrès est en rapport avec des considérations culturelles et que l'arriération de notre société, celle des hommes et des femmes à la fois, est le produit d'une pratique erronée qui a fait abstraction de "l'originalisation de la personnalité islamique dans la vie individuelle et collective". Quant à l'arriération de la femme, elle a été consacrée par les pratiques héritées et la femme "doit agir, à travers un long processus de lutte pour convaincre l'homme qu'elle est, elle aussi, un être humain qu'il est dans son pouvoir de mener, comme l'homme, le processus du développement sur tous les plans culturels, économiques ou sociaux".

Le quotidien libananis al-'Ahd

2 octobre 1992

LA FEMME CORANIQUE EST PAREILLE A` L'HOMME ET LA REALITE NUIT AU TEXTE
La question de la femme en Islam pose de nombreuses questions embarrassantes qui n'ont pas encore reçu de réponses claires et précises. Toutefois, cette question occupe une grande place dans le débat et la réflexion à l'intérieur et à l'extérieur de la société islamique.

Pour sa part, as-Sayyid Muhammad Hussein Fadlullah traite la question de la femme et propose un point de vue intégral dans son livre récent "Regards islamiques sur la femme". Il nous a accordé cette interview sur les principaux axes du livre:

Question: la question de la femme paraît faire l'objet d'une confusion permanente dans la pensée et la réalité islamiques. Quelles en sont les raisons?

Réponse: la question de la femme est complexe dans le mouvement de la réalité qui est négative vis-à-vis d'elle dans la mesure où elle part de considérations floues qui essayent de poser des concepts pour la réalité ou de tirer de cette réalité des suggestions permettant de mettre l'interprétation du texte au service de la réalité, au lieu de faire de la réalité un mouvement vers les textes.

Il est naturel que toute pensée qui apparaît dans toute société soit incapable de transformer la réalité, même si cette pensée s'élance dans l'opération de la législation quotidienne pour l'homme. Le changement peut avoir besoin de beaucoup de temps et celui-ci peut assécher beaucoup de solutions parmi celles emmagasinées dans les profondeurs de l'âme qui renferme l'historie dans sa totalité. D'où, il se peut que nous trouvions que la nature de la réalité, dans ses résidus et dans son arriération, s'impose aux concepts pour les interpréter dans le sens de ses intérêts. Ainsi, nous remarquons que le texte islamique a accompagné la réalité anté-islamique de sorte que le mouvement nouveau qui a pris naissance dans cette réalité n'a pas pu changer le concept d'une manière radicale. Toutefois, ce mouvement a essayé d'élargir les horizons de cette réalité ou de lui injecter certains concepts nouveaux. Pour cette raison, la question de la femme s'est posée comme une réalité qui se meut dans la société islamique beaucoup plus que comme un concept adressé à la société islamique. Je pense que la société islamique a hérité la question de la réalité qu'elle a combinée avec certains points qu'elle a, encore une fois, distribués à certains des positions de la femme au foyer et dans la société d'une manière qui donne à la question une forme islamique.

Nous savons que l'Islam a fait de la femme un être indépendant en plein sens du terme. La femme croit, pense et en prend la responsabilité dans ce bas-monde et dans la vie future.

Et lorsqu'elle vit sous une autorité, n'importe quelle autorité, la femme prend la responsabilité de son engagement, ou de son non engagement au service de cette autorité. Pour cette raison, nous remarquons que le Coran parle du serment d'allégeance prêté par les hommes. Dans les versets coraniques, la femme est aussi un être humain qui se révolte contre la réalité qu'elle refuse et agit avec violence pour se débarrasser de cette réalité. C'est ce que le Coran nous a relaté en parlant des femmes croyantes et E'migrantes qui ont fui leurs maris ou leurs pères pour rejoindre le Prophète et sauvegarder leur foi. Leur fuite pouvait être l'expression d'une situation personnelle ou d'une révolte contre la réalité régie par le polythéisme et le paganisme. C'est pour cette raison que le Coran dit: "Si tu sais qu'elles sont croyantes, ne les rend donc pas aux mécréants". Cela veut dire que, dans la conception islamique, La femme est un être humain qui est responsable de son action et qui s'ouvre sur la réalité de l'autorité sociale pour prendre une attitude positive ou négative dans ce domaine…

Question: (Si vous permettez). Le manque de justice dans la société islamique et qui ne va pas dans le sens de l'intérêt de la femme, est-il issu de l'incapacité de comprendre le texte ou bien le texte ne peut pas être mis en application?

Réponse: La question peut ne pas être celle du peu de réalisme du texte. Mais la question a deux aspects. Le premier est que la réalité peut rendre le texte brumeux, surtout avec la langue arabe où les mots peuvent prendre des sens différents, ce qui augmente les possibilités de l'interprétation dans l'intérêt de la réalité. Le second est que le texte ne peut pas se protéger de la réalité car, lorsque le texte se transforme en réalité, à travers les conditions objectives qui entourent le milieu ambiant du texte, que ce milieu soit celui de l'homme, ou l'autre milieu à l'intérieur duquel l'homme se met en action… pour cette raison, je pense que la question se pose, d'un côté, à travers la profonde incompréhension du texte à partir de l'influence de ceux qui provoquent la position des concepts dans la réalité et, d'un autre côté, à travers la pression de la réalité sur le mouvement du texte allant dans le sens de sa transformation en application pratique dans la vie de l'homme.

Question: certains pourraient dire (qu'à son époque), le texte qui a traité la question de la femme ne peut pas s'appliquer à la question de la femme de notre époque.

Réponse: beaucoup de textes parmi ceux qui s'adressent à la question humaine dans le processus de l'évolution et du changement ne peuvent pas se réaliser à leur époque originelle, et ce pour une simple raison: les opérations d'évolution et de changement interviennent pour effacer des montagnes d'idées différentes ou contraires. Cela signifie que la sclérose qui frappe le sujet, avec tout ce qu'il a comme résidus et dispositions, ne peut pas être effacée au moyen d'un prêche, d'un conseil ou d'une analyse intellectuelle. Comme ils ont besoin de temps pour s'imposer au niveau de la réalité universelle, les éléments naturels ont également besoin d'un temps encore plus long pour s'imposer à la réalité intellectuelle de l'homme. Pour cette raison, nous pensons que, à toute époque, le rôle du texte dans le changement est de créer une atmosphère d'interrogation et de discussion, d'ouvrir la voie à une petite expérience par ci, à une autre par là, et de lancer une sorte de pensée opposée qui pose la question sur le terrain du conflit, ce qui enfin, l'aide à se transformer en un mouvement nouveau et enraciné dans la réalité à condition que les conditions objectives soient prêtes à cet enracinement.

Mais il se peut que, pendant que certains textes agissent dans le sens du processus du changement, dans le sens du heurt avec les barrières de l'arriération qui s'imposent à la réalité, ces barrières empêchent le texte de se transformer en pratique. Ce phénomène ne se réduit pas à la pensée religieuse qui cherche à faire évoluer le concept humain dans le sens de son humanité: nous pensons que tous les autres concepts issus, non pas d'un terrain religieux, mais d'un terrain philosophique, ont pris naissance de manière réaliste et à travers les éléments de la réalité, mais les conditions ambiantes les ont toujours empêchés d'atteindre leurs objectifs dans ce domaine.

Question: Votre Excellence! E^tes-vous convaincu que la femme est égale à l'homme?

Réponse: dans la question humaine, c'est-à-dire en ce que la femme est pensée, sentiment, affectivité, mouvement et responsabilité, je ne pense pas qu'elle soit différente de l'homme. Je ne parle pas ici d'une manière "subjective" fondée sur une réflexion subjective sur cette question, mais je pense, par exemple, que je parle à partir du concept islamique. Nous remarquons qu'en parlant des aspects positifs et négatifs concernant la question de la responsabilité, le Noble Coran n'a pas mis de frontières entre l'homme et la femme. Nous considérons donc que c'est la question de la responsabilité qui nous donne le concept au sujet de la question de l'égalité de l'homme et de la femme ou de leur distinction.

Question: parlez-vous des responsabilités des droits et des devoirs ou des devoirs seulement?

Réponse: il s'agit de la responsabilité de l'être humain dans son action, abstraction fait de sa responsabilité envers l'autre. C'est-à-dire lorsque nous agissons comme des personnes responsables, sans aucune faille dans la responsabilité et lorsque la responsabilité de l'un, dans sa propre situation, est en accord avec la responsabilité de l'autre, dans sa propre situation.

Le fait est que le Coran n'évoque pas de différence entre l'homme et la femme quant à l'intégration de la valeur par chacun d'eux. La valeur est la même dans la conscience de l'un comme dans la conscience de l'autre. Cela prouve que la question de la conscience en relation avec les possibilités intellectuelles et spirituelles est la même chez l'homme et la femme. De plus, nous remarquons, en ce qui touche les conséquences de la responsabilité que:

"Dieu ne laisse pas sans récompense l'œuvre de quiconque d'entre vous, qu'il soit mâle ou femelle" et "Donnez cent coups de fouet à l'homme et à la femme qui commettent l'adultère". Coran, an-Nour (la Lumière), XXIV 2.

Nous remarquons ainsi que la question de l'humanité de l'homme et de la femme dans leur conscience de la responsabilité qui est l'expression vivante de leur égalité est la même. Et il existe des zones où l'homme se distingue de la femme dans le mouvement de la réalité et où la femme se distingue de l'homme dans la nature de ses caractéristiques existentielles. Il existe un texte qui dit au sujet de la vie conjugale que: "Les hommes sont responsables des femmes", Coran, "an-Nisa'" (les Femmes), IV, 34.

Et la responsabilité n'est pas ici la question de distinction en matière administrative. Les hommes sont responsables des femmes en ce que Dieu a privilégié les uns par rapport aux autres à travers la nature des possibilités qui donnent à l'homme plus de capacités à se charger des responsabilités de la vie conjugale du fait qu'il possède plus de liberté et, peut-être, plus de ténacité propre.

Question: Qui lui a donné cette liberté?

Réponse: je vais continuer. … Et à travers le fait de se charger des responsabilités de la vie conjugale pour ce qui est des dépenses. Dans ce domaine, on peut se poser la question de savoir qui a donné cette liberté à l'homme? Nous disons, pour répondre, que la nature de la liberté est fondée sur le rôle naturel propre à l'homme. Pourquoi? En entrant dans la vie conjugale, nous trouvons la paternité qui, dans son sens naturel, ne coûte rien à l'homme et ne l'occupe point. Quant à la maternité de la femme, elle entrave sa liberté car elle change le cours de sa vie physique à travers les conséquences négatives de la grossesse. D'autre part, la nature de la maternité, dans son sens en tant que telle et abstraction faite de tout ce qui peut servir comme remplacement de la maternité, implique l'allaitement et les soins nécessaires à l'enfant qui prennent beaucoup du temps de la femme et la privent d'une grande part de sa liberté. Tout ce rôle maternel de la femme la prive donc de sa liberté naturelle, alors que l'homme ne perd rien avec son rôle paternel.

(…) Je pense que la civilisation moderne qui a ouvert devant la femme les portes de la vie qu'elle a ouvertes devant l'homme n'a pas pu résoudre la problème de la famille. Elle a plutôt supprimé la famille. Pour cette raison, et lorsque nous nous mettons à réfléchir au sujet de ces questions, nous ne devons pas nous laisser absorber par le "drame" de la femme et la considérer comme une victime de la situation que lui imposent les affaires du foyer. Nous avons privé la femme de sa vie familiale et du mouvement de la maternité dans son sens proprement humain, et ce dans la mesure où elle est devenue une mère qui produit l'enfant qui n'est plus le sien mais celui de la crèche...

En donnant à la femme la liberté de ne pas travailler à la maison contre son gré et en lui octroyant le droit de toucher le prix du lait qu'elle donne à son propre enfant, l'Islam veut que la femme agisse au service de sa maison et de son mari à travers son entière liberté. Et puis, comment prétendre que le travail de la maison est contraire à l'humanité de la femme? C'est un travail comme les autres. Et nous pensons que le rôle de la femme en tant qu'épouse et mère n'annule pas son rôle créateur. Elle peut, dans l'accord avec son mari, et à l'écart de la mentalité bédouine, participer à la création dans maints domaines sociaux et politiques etc...

Question: comment cela lui serait possible alors que la promiscuité lui est interdite comme vous le dites dans votre livre?

Réponse: il y a une différence entre la promiscuité qui nuit à la moralité de la femme et celle liée aux règles sociales qui empêchent la femme et l'homme de sombrer dans la déviation.

Question: pourquoi vous fixez, à priori, les conséquences de la promiscuité?

Réponse: il n'en est pas ainsi. La question est fondée sur les expériences sociales. Car la question de la masculinité vit dans la mentalité de l'homme et détermine son attitude envers la femme. De son côté, la femme tend, du fait de sa féminité, à attirer l'homme, sinon comment expliquer la tendance qu'a la femme à montrer sa beauté, ou à se parer. Il ne s'agit pas d'une simple question historique en rapport avec l'éducation de la femme. C'est plutôt une question sexuelle que la femme essaye d'exprimer de cette manière qui l'ouvre à la sexualité de l'homme à travers la préparation des atmosphères dans le but de l'attirer. Toute la littérature de l'histoire humaine en est le témoin. Tous les sentiments exprimés par les écrivains ou par les gens, au sujet de la femme et de l'homme ne disent autre chose que le sexe que nous maquillons avec des mots comme l'amour et l'affectivité. En planifiant pour la construction de la réalité, l'Islam part de la réalité elle-même. Et en voulant que la vie sexuelle soit soumise à des règles bien déterminées, à partir de ses visions morales, l'Islam a essayé de réconcilier la ligne morale et l'application pratique.

Pensons-nous, à propos de la question morale, que la sexualité est sans rapport à l'éthique? La sexualité est-elle l'un des besoins quelconques de l'homme comme la nourriture et la boisson et qui ne doit être frappée d'aucun tabou? Ou bien la sexualité est un besoin qui doit être soumis à des règles morales bien déterminées et nécessaires pour que la société puisse vivre la paix et l'équilibre dans ses affaires particulières et générales?

En disant que la sexualité est un besoin personnel et que chaque individu a l'entière liberté de l'exercer sans tabous, les questions de l'interdiction de la promiscuité et de l'adultère deviennent insignifiantes. Mais en fixant des règles morales, la question prend une dimension différente et alors, il est naturel que la législation se mette au service de ces règles.

L'Islam a essayé de fixer des règles pour la relation entre l'homme et la femme qui l'empêcheraient d'être prisonnière de la mentalité masculine de l'homme qui peut bouleverser les dispositions psychiques et pratiques de la femme. En même temps, l'Islam a voulu que la promiscuité ait lieu dans le cadre de règles bien déterminées qui permettraient à la femme de vivre son humanité, sous son aspect pratique, sans porter atteinte à sa moralité, sous son aspect comportemental.

La différence entre l'Islam et les autres courants est que l'Islam considère la question de l'homme sous la totalité de ses aspects, alors que les autres courants cherchent à s'attacher à une seule dimension de l'homme. On s'attarde trop devant la dimension relative à liberté de la femme sans prêter attention à la question de la famille. Il en est de même pour ce qui est de la liberté de l'homme dans ce domaine. Nous pensons, à ce propos, que l'homme n'est pas une créature unidimensionnelle.

Question: peut-on comprendre ici que la liberté est en contradiction avec les fondements sociaux?

Réponse: il n'en est pas ainsi. Nous disons que nous avons besoin d'un certain genre de règles sociales. Pour cette raison, nous devons, lorsque nous voulons agir avec liberté, la faire dans l'équilibre de l'individuel et du collectif. Le problème qu'on discute maintenant est l'individualisme où beaucoup de personnes se laissent perdre en imaginant qu'il s'agit de l'individu qu'il faut sauver d'une situation dramatique. Nous devons penser au drame de l'individu et de la société. Que perd la société lorsque la femme travaille et qu'est ce qu'elle gagne? Que perd la femme sous les pressions que lui impose la société et qu'est ce qu'elle gagne? Nous posons ces questions car nous savons que la question de la liberté telle qu'elle est pensée par certains poètes ne peut jamais exister dans la réalité de ce poète au cas où il vit sa liberté. C'est qu'il