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Biographie du Messager de Dieu saw

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suite de l’usure du temps et des événements historiques, le livre, la loi et la personnalité de ces anciens prophètes ont été déformés et cette dénaturation a quelque peu obscurci l’histoire de leur vie. Ce que l’on sait d’eux repose principalement sur le texte coranique, les propos du Prophète et des saints Imams.

 

Par contre, l’histoire de la vie de Mohammad s’appuie sur des sources qui l’éclairent suffisamment. Le Prophète bien-aimé de l’Islam est le dernier envoyé que le Seigneur miséricordieux a délégué aux hommes pour les guider.

 

Quatorze siècles auparavant, le monde vivait d’une telle manière qu’il ne restait de la religion monothéiste rien qu’un nom, les gens s’étant totalement écarté de l’unicité divine, de la connaissance de Dieu, des traditions humanistes et de justice sociale ; la très respectable Ka’aba était devenue le sanctuaire des idoles et la religion d’Abraham transformée en idolâtrie. Les Arabes menaient une vie tribale, même dans les quelques villes du Hedjaz et du Yemen ; la nation arabe vivait dans les conditions les plus déplorables : au lieu de la culture et de 1’éducation, parmi les habitants régnaient la luxure, l’obscénité, l’ivresse, le jeu ; les jeunes filles étaient enterrées vivantes et la plupart des gens ne parvenaient à vivre qu’en volant, pillant, massacrant les biens et le bétail de leurs voisins ; faire couler le sang et opprimer les autres étaient devenus des actes plus qu’honorables. C’est dans un tel milieu, arriéré et misérable, que le Seigneur affectueux chargea le noble Prophète de former et de guider les hommes ; pour atteindre son but. II lui révéla le Coran – qui comprenait l’enseignement juste, la connaissance divine, la réalisation de la justice, les conseils judicieux – et le Prophète appela les gens à suivre ce texte divin, document de vérité et d’humanité.

 

Le noble Prophète est né en l’an 570 (après J.C.), soit 53 ans avant l’hégire, à la Mecque dans une famille considérée comme la plus honorable et la plus authentique famille arabe. Avant de venir au monde, il perd son père et à six ans sa mère meurt, laissant le petit garçon à la charge de son grand-père, ’Abdoul Mouttalib. Ce dernier décédant deux ans après, l’enfant est remis à son oncle, l’affectueux Abou Tâlib (père d’Ali, émir des croyants) qui va dès lors s’occuper de lui. L’oncle en question aimera Mohammad comme son propre fils ; de façon constante, il le soutient et le protège sans la moindre négligence. Cet appui permanent s’affirmera jusqu’à la veille de l’hégire.

 

Les Arabes de La Mecque, comme les autres arabes, élevaient des moutons et des chameaux, commerçaient parfois avec les pays voisins, notamment la Syrie. Ils étaient ignorants et incultes, aucunement soucieux de l’instruction et de l’éducation de leurs enfants. Mohammad, comme les autres membres de sa tribu, ne savait ni lire ni écrire ; mais, dès l’enfance il se distinguait des autres par ses diverses qualités : il n’adorait aucune idole, il ne mentait pas, il ne volait pas, il ne trahissait pas, il s’abstenait de commettre de mauvaises actions, il était sage et compétent. Aussi, en très peu de temps, il avait acquis l’estime et la confiance des gens, d’où son surnom de Mohammad le fidèle (amîn). En effet, les Arabes lui confiaient généralement leurs biens et louaient sa fidélité et sa compétence. Il a environ une vingtaine d’années quand une riche dame de La Mecque – la grande et noble Khadija – le choisit comme agent de commerce : grâce à sa sagesse et son honnêteté, Mohammad réalise de gros bénéfices pour cette dame qui, charmée de plus en plus par sa personnalité et son savoir-faire, lui propose de l’épouser. Bientôt, ils se marient et le jeune Mohammad poursuit ses activités marchandes comme auparavant.

 

Jusqu’à quarante ans, ce saint homme entretenait de bons rapports avec les gens qui le considéraient non seulement comme l’un des leurs mais comme le plus qualifié, le plus avisé d’entre eux. Ses qualités morales, sa conduite exemplaire, son refus de l’oppression et de la cruauté, sa modestie, lui avaient gagné le respect et la confiance des hommes de la région. Ainsi, quand les Arabes commencèrent à réparer la maison de la Ka’aba, une dispute éclata entre les divers clans concernant l’installation de la pierre noire ; les parties en présence firent appel à Mohammad pour trancher leur litige. Ce dernier fit déposer la pierre noire dans un burnous que les chefs de clans tenaient ensemble. D’un même mouvement, ils portèrent la pierre sacrée et la placèrent dans la maison aux idoles.

 

Grâce à cette intervention, le litige fut résolu sans violence et sans effusion de sang. Avant la diffusion de sa révélation prophétique et bien que monothéiste, donc opposé à l’idolâtrie, Mohammad n’avait été l’objet d’aucune pression de la part de ses compatriotes ; ceci d’une part, parce que les Arabes laissaient les juifs, les chrétiens et autres librement exercer leur religion, d’autre part, parce que Mohammad ne s’en était pas pris encore directement aux croyances et aux superstitions des gens.

 

L’histoire du moine Bahîra

 

A l’époque où Mohammad vivait auprès de son oncle Abou Tâlib, c’est-à-dire, alors qu’il n’était pas encore pubère, il accompagna ce dernier dans son voyage commercial à Shâm (Damas). La caravane qui était très importante regorgeait de marchandises ; après avoir pénétré sur le territoire syrien, elle fait une halte près d’un monastère situé à proximité de la ville de Basrâh ; un moine dénommé Bahîra sort du couvent et invite les voyageurs à venir se reposer à l’intérieur du monastère. Abou Tâlib, comme les autres voyageurs, accepte la proposition, laissant Mohammad surveiller ses affaires et ses biens. Bahîra apprenant que tout le monde est présent au couvent sauf Mohammad, exige qu’on l’amène.

 

Abou Tâlib appelle alors son neveu installé sous un olivier. Après avoir longuement scruté le jeune adolescent, Bahîra le prend, avec son oncle, à part ; il lui demande : « Jure moi par Iât et ’Ozzâ (les deux déesses adorées par les habitants de La Mecque) que tu répondras à ma question ». Mohammad répond : « Ces deux idoles sont les choses que je déteste le plus ». Bahîra lui demande : « au nom de Dieu l’Unique, je te prie de dire la vérité. Le jeune Mohammad répond : « Je n’ai jamais menti, j’ai toujours dit la vérité ; pose ta question ». Bahîra dit alors : « qu’aimes-tu le plus au monde ? ». Mohammad déclare : « la solitude. Bahîra questionne à nouveau le jeune adolescent : « Que regardes-tu le plus et qu’aimes-tu regarder le plus ? ». Mohammad dit : « Le ciel et ses étoiles ». Bahîra lui demande alors : « Lorsque tu observes les cieux, tu penses à quoi ? ». I1 répond par un long silence. Bahîra, après avoir examiné son front lui dit : « Quand et comment tu t’endors ? ». L’adolescent répond : « Quand je regarde le ciel et les étoiles, je me vois au-dessus des étoiles ». Bahîra redemande : « rêves-tu aussi ? » Le jeune Mohammad déclare : « Oui, et tout ce que je rêve, je le vois aussi quand je suis réveillé ». Bahîra demande alors : « que vois-tu en rêve ? », et le jeune adolescent reste muet. Après un moment de silence, Bahîra demande à Mohammad : « Puis-je voir entre tes deux épaules ? ». Ce dernier acquiesçant, Bahîra écarte le vêtement de l’adolescent et découvre un grain de beauté : « C’est bien ça>> murmure-t-il. Abou Tâlib étonné lui lance : « Que dis-tu, qu’est ce que c’est ? »

 

Bahîra se tournant vers Abou Tâlib lui demande « Quel lien familial te lie à cet adolescent ? ». Comme Abou Tâlib aimait Mohammad comme son propre fils, il déclare : « C’est mon fils ». Bahîra dit alors : « Non, le père de cet adolescent doit être décédé ». « D’où le sais-tu ? » s’enquiert Abou Tâlib surpris, avant de révéler au moine que Mohammad est son neveu. Bahîra déclare à l’oncle : « Ecoute-moi bien, un avenir radieux et surprenant attend cet enfant. Si d’autres que moi aperçoivent ce que j’ai vu, ils le reconnaîtront et le tueront. Tu dois le mettre à l’abri des ennemis ». Abou Tâleb demande alors : « Mais, qui est-il ? » Et, Bahîra lui déclare : « Ses yeux annoncent un grand prophète et son dos indique cette clarté ».

 

L’histoire du moine Nestorien

 

Quelques années plus tard, Mohammad se rend à nouveau à Shâm mais, cette fois, en tant qu’agent commercial de la noble Khadija. Cette dernière le fait accompagner de son esclave Missarah. Arrivant près d’un couvent situé aux environs de Basrâh, les voyageurs font halte et Mohammad s’installe sous un arbre. Nestor, moine qui connaissait Missarah, sort du couvent pour le recevoir. Il demande à Missarah qui est la personne qui repose sous l’arbre. L’esclave répond c’est un homme de la tribu des Qoraysh. Nestor déclare alors : « Personne ne s’arrête sous cet arbre si ce n’est le prophète de Dieu ». Puis, il demande : « Est-ce que ses yeux sont tachés de rouge ? ». Missarah répond : « Oui, ses yeux ont continuellement cette couleur ». Le moine conclut : « Oui, c’est bien lui ; il est le dernier des prophètes de Dieu. Pourvu que je puisse entendre son appel lorsqu’il entreprendra sa mission ».

 

L’annonce de la bonne nouvelle par les Juifs de Médine.

 

Nombre de tribus juives qui avaient lu dans leurs livres que bientôt, un messie allait venir en Arabie, avaient quitté leur patrie pour se rendre au Hedjaz ; elles s’étaient installées à Médine et aux alentours, attendant l’arrivée du prophète annoncé. Comme cette communauté transplantée était riche et opulente, les Arabes effectuaient, de temps en temps, quelques raids contre leur campement. Mais, les Juifs supportaient patiemment les méfaits des pillards car, ils espéraient qu’après la venue du messie ils pourraient se venger de leurs oppresseurs arabes.

 

Un des principaux facteurs qui contribua à favoriser la diffusion de la foi musulmane fut la préparation des consciences ; les hommes de l’époque vivant dans l’attente du sauveur de Dieu crurent le nouveau messager et si les Juifs refusèrent la nouvelle parole divine cela ne releva que de leur fanatisme.

 

Le Coran évoque l’annonce des prophètes.

 

Le Seigneur Tout-Puissant se réfère diversement à la bonne nouvelle qu’est la prophétie : « … Pour ceux qui suivent l’envoyé : le Prophète gentil qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Tora et l’Evangile. II leur ordonne ce qui est convenable, il leur interdit ce qui est blâmable ; il déclare licites, pour eux, les excellentes nourritures ; il déclare illicite, pour eux, ce qui est détestable ; il ôte les liens et les carcans qui pesaient sur eux. Ceux qui auront cru en lui ; ceux. qui l’auront soutenu ; ceux qui l’auront secouru ; ceux qui auront suivi la lumière descendue avec lui : voilà ceux qui seront heureux ! (Coran, VII,157).

 

« Lorsqu’un Livre venant de Dieu et confirmant ce qu’ils avaient reçu leur est parvenu, – ils demandaient auparavant la victoire sur les incrédules – lorsque ce qu’ils connaissaient déjà leur est parvenu, ils n’y crurent pas. Que la malédiction de Dieu tombe sur les incrédules ! (Coran, II, 89).

 

Du commencement de la mission à l’Hégire

 

Le Seigneur Tout-Puissant envoya aux hommes un messager pour les inviter à l’unicité divine et au monothéisme ; I1 délégua ce missionnaire dans la péninsule arabe qui était, sans exagération, un foyer de misère, de tyrannie, de corruption, de cruauté et de malheur. Cet envoyé appelait les hommes à faire le bien, à consolider les rapports sociaux, à observer la justice, à se soulever promptement contre les oppresseurs et pour la vérité, à instaurer le bonheur humain sur des principes de foi, de vertu, de coopération et de dévouement. Au début, le Prophète, conscient de l’arriération de son milieu, ne divulgua sa mission qu’à ceux qui étaient prêts à entendre la bonne parole ; aussi, il n’eut au début qu’un nombre restreint d’adeptes dont les premiers furent – d’après les récits rapportés – son cousin paternel ’Ali, premier homme initié à l’Islam, et sa femme la noble Khadija, première initiée à l’Islam. Après un certains temps, il reçut l’ordre d’inviter ses proches à se convertir à la foi divine ; suivant le commandement de Dieu, il invita chez lui ses parents et proches (soit environ une quarantaine de personnes) et leur annonça la mission dont le Seigneur l’avait chargée. Bientôt, sur ordre divin, il étendit son appel et invita le peuple à suivre la foi musulmane ; ainsi, il porta le flambeau de la direction divine hors de sa maison afin d’éclairer tout l’univers.

 

La réaction des Arabes, surtout ceux qui habitaient La Mecque, fut hostile : les infidèles, les impies rejetèrent violemment cette invitation pleine de bonne volonté. On accusa Mohammad de sorcellerie ; on le traita de rabbin, de fou, de poète ; on se moquait de lui, méprisant sa personne et son message ; quand il appelait les gens à suivre sa nouvelle doctrine ou lorsqu’i1 priait, ses adversaires semaient le trouble et le désordre ; ils allaient même jusqu’à lui lancer des ordures, des ronces, des broussailles, des pierres, quand ils ne le frappaient pas. Parfois, on tentait de le corrompre en lui promettant monts et merveilles, croyant ainsi le faire dévier de son objectif sacré. Mais, toutes ces tentatives restèrent vaines, le Prophète demeurant inébranlable, bien qu’attristé par l’ignorance et l’entêtement de sa nation. D’ailleurs, dans plusieurs versets coraniques révélés le Seigneur cherche à le consoler, l’encourageant à faire preuve de patience ; dans d’autres, Dieu lui ordonne de ne point tenir compte des propos et des avances des gens.

 

Ceux qui suivirent le Prophète furent l’objet de multiples attaques et tortures ; certains même périrent sous la main de l’infidèle. Parfois, la pression devenait si intolérable que les partisans demandaient à leur guide de les autoriser à lancer un soulèvement violent afin d’en finir plus vite, vues les souffrances endurées ; mais, le Prophète leur disait : « Je n’ai pas encore reçu d’ordre du Seigneur Tout-Puissant ; il nous faut patienter ». Certains ne purent supporter tant de maux et pliant bagages ils quittèrent leur patrie. Bientôt, la situation devint si critique pour les Musulmans que le Prophète autorisa à ses partisans de s’exiler en Ethiopie pour se mettre à l’abri des persécutions de leurs compatriotes. Un premier groupe, avec Dja’afar Ibn Abou Tâlib (frère de l’Emir des croyants et un des compagnons préférés du Prophète) à sa tête, prit le chemin de l’Ethiopie. Quand les infidèles de La Mecque apprirent l’exil des Musulmans, ils déléguèrent deux représentants chargés de présents auprès du roi d’Ethiopie pour demander au souverain l’extradition des exilés ; mais, Dja’far Ibn Abou Tâlib parvint à convaincre le roi, les prêtres chrétiens et les autorités du pays : dans un discours éloquent, il leur parla de la personnalité lumineuse du Prophète, des préceptes de l’Islam et leur récita des versets de la sourate Marie ; les propos de Dja’far émurent si profondément l’assistance que les larmes coulèrent de leurs yeux. Le roi d’Ethiopie refusa d’extrader les réfugiés ; il rendit aux délégués de La Mecque leurs cadeaux et donna l’ordre de faciliter l’installation des Musulmans exilés.

 

Après cet échec, les infidèles de la Mecque conclurent le pacte de rompre les relations, à tous les niveaux avec les Bani-Hâchem, parents ou partisans de Mohammad ; après avoir fait signer ce pacte aux habitants, les ennemis du Prophète le déposèrent dans la Ka’aba. Bani-Hâchem, qui accompagnait Mohammad, se trouva obligé de partir avec les siens de La Mecque pour se réfugier en signe de protestation dans une vallée, connue sous le nom de défilé d’Abi Tâlib. Là, ils vécurent dans les conditions difficiles, n’osant sortir du défilé, supportant la chaleur torride et les lamentations de leurs femmes et enfants. Trois ans après, les infidèles renoncèrent à leur pacte, d’autant plus que ce texte avait disparu de la Ka’aba et que les tribus de la région reprochaient leur attitude vis-à-vis de Bani-Hâchem et des siens ; ces derniers purent donc mettre un terme à leur asile dans la vallée.

 

Cependant, c’est à cette époque que deux grands malheurs vont toucher le Prophète et sa communauté : Abou Tâlib, le seul protecteur de Mohammad, et Khadija, sa douce épouse, meurent (620). Avec la disparition de ses deux puissants soutiens, l’existence du Prophète va redevenir difficile ; il n’ose se montrer en public, de peur d’être attaqué par ses ennemis qui le guettent.

 

Le voyage à Tâ’éf

 

L’année où le noble Prophète et Bani-Hâchem sortirent du défilé d’Abou Tâlib était la treizième année du commencement de la mission (bé’çat).C’est le moment que choisit le noble Prophète pour faire un petit voyage à Tâ’éf – ville située à environ cent kilomètres de La Mecque – et inviter les habitants à se convertir à l’Islam ; mais, les ignares et les gredins de la ville se ruèrent sur le messager de Dieu, l’injurièrent et le lapidèrent, l’obligeant à fuir. De retour à la Mecque, Mohammad préféra se cacher de la population hostile ; d’ailleurs, les dignitaires de la Mecque, trouvant les conditions favorables, avaient décidé, au cours d’une réunion secrète à l’Assemblée de se débarrasser du Prophète : ils avaient convenu de choisir un homme dans chacune des tribus arabes pour l’assassiner ; en effet, en faisant participer toutes les tribus au meurtre de Mohammad, même le clan de Bani-Hâchem ne pouvait recourir à la loi du talion contre les meurtriers car l’un de ses membres appartenait au groupe des assassins. Le projet fut appliqué et près de quarante volontaires choisis parmi les diverses tribus arabes encerclèrent, en pleine nuit, la demeure du Prophète ; ils devaient à l’aube attaquer la maison et massacrer Mohammad. Pourtant la volonté de Dieu fut autre et le projet échoua piteusement ; le Seigneur révéla au Prophète le complot qui se fomentait contre lui et lui ordonna de quitter La Mecque en pleine nuit pour s’exiler à Médine. Le Prophète mit au courant ’Ali et lui commanda de dormir à sa place ; après avoir fait ses dernières recommandations, Mohammad sortit de sa demeure et se perdit dans la nuit ; en cours de route, il rencontra Abou Bakr qu’il emmènera avec lui à Médine.

 

Notons que certains notables de Médine, avant l’exil de Mohammad, l’avaient rencontré à La Mecque ; ayant bien accueilli son message céleste, ils lui avaient promis de le soutenir fermement s’il venait un jour à Médine.

 

L’exil du Prophète à Médine

 

Fuyant ses assassins, le Prophète bien-aimé se rend donc en pleine nuit dans une grotte de la montagne Garé-ssor avoisinant La Mecque ; après s’être caché trois jours dans la grotte, il poursuit son voyage jusqu’à Médine où la population l’accueille chaleureusement. Pendant ce temps, les assaillants qui encerclaient la maison du Prophète donnent finalement l’assaut et se retrouvant face à ’Ali qui somnolait à la place du Prophète ; surpris et désemparés, on les informe que Mohammad est sorti de La Mecque ; les quarante agresseurs se ruent hors de la ville mais, toutes leurs recherches demeurent vaines.

 

Le Prophète s’installe à Médine où les habitants se convertissent à l’Islam et assurent la protection de leur guide. Médine devient une ville islamique et prend le nom de ville du Prophète (médina-al-raçoul) au lieu de Yathrib, désignation traditionnelle. Dans la première ville de l’Islam, près du tiers des habitants étaient des hypocrites, des faux fuyants, qui faisaient semblant de croire à la religion musulmane, de peur du reste de la population arabe.

 

Le soleil de l’Islam commença à briller dans le ciel clair de Médine ; l’état de guerre qui s’était établi depuis des années entre les deux grandes tribus des Aws et Khazaradj prit fin. Avec le retour de la paix, les croyants de Médine se rassemblèrent autour du foyer de la prophétie. Peu à peu, les tribus et clans de la région se convertirent à l’Islam et, les commandements divins révélés se réalisaient successivement. Chaque jour, une des racines de la corruption et du mal était anéantie, laissant sa place à la vertu et au bien. Les partisans du Prophète qui étaient demeurés à La Mecque vinrent bientôt rejoindre leurs coreligionnaires car, ils ne pouvaient plus supporter les pressions et exactions des infidèles Mecquois. Les gens de Médine les accueillirent chaleureusement. Ces exilés de la Mecque venus se réfugier à Médine furent appelés les « mohâdjerin » (émigrés) et les Musulmans de Médine les « ansar » (auxiliaires).

 

I1 y avait alors de nombreuses tribus juives à Médine, et aux environs, à Fadak, à Kheybar ; leurs savants et docteurs annonçaient continuellement aux arabes de Médine la nouvelle du commencement de la mission (bé’çat) effectué par le Prophète de l’Islam. Cependant, quand, après l’exil de Mohammad, elles furent appelées à rejoindre les rangs des Musulmans, ces tribus refusèrent de se convertir. Finalement, un pacte de non-agression fut scellé entre l’Islam et les Juifs. L’expansion rapide de l’Islam avait accentué l’hostilité des infidèles de La Mecque. Ces derniers cherchaient un prétexte pour disperser la communauté des Musulmans. De leur côté, les partisans de Mohammad, notamment les émigrés de La Mecque, attendaient impatiemment un ordre divin pour en finir avec ces mécréants et sauver les femmes, vieillards et enfants qu’ils avaient dû laisser à la Mecque.

 

La « bataille de Badr » », en l’an 2 de l’hégire, est la première guerre opposant les Musulmans de Médine aux infidèles de La Mecque ; au cours de ce combat qui s’engage dans la plaine de Badr – située entre les deux villes -, les Musulmans mal équipés et en nombre inférieur – trois fois moins que les Mecquois – affrontent mille infidèles armés jusqu’aux dents. Grâce à la Providence, la victoire revient aux Musulmans qui défont complètement les infidèles ; ces derniers ont d’énormes pertes tant en hommes – morts, blessés ou prisonniers – qu’en matériel de guerre. Après cette terrible défaite, les rescapés fuient vers La Mecque. On raconte que les infidèles laissèrent sur le champ de bataille près de soixante dix cadavres – dont la moitié d’entre eux avait été tuée par le sabre d’Ali – et plus de soixante-dix prisonniers.

 

La <>, en l’an 3 de l’hégire, oppose encore les Mecquois dirigés par Abou Sofian aux croyants de Médine ; au cours de ce combat qui se déroule dans la plaine d’Ohod – située près de Médine – trois mille Mecquois affrontent sept cents Musulmans. Au début, les forces du Prophète ont l’avantage mais, une série d’erreurs provoque leur encerclement puis leur défaite. Les pertes musulmanes sont lourdes : l’oncle du Prophète, Hamza, meurt en martyr avec près de soixante-dix hommes, la plupart des <> ; Mohammad est blessé au front et a une dent brisée ; d’ailleurs, c’est l’agresseur du Prophète qui, ayant frappé l’épaule de ce dernier, a crié : « J’ai tué Mohammad » et a semé ainsi la panique parmi les Musulmans. Seuls ’Ali et quelques autres dirigent courageusement cette résistance acharnée, qui continue jusqu’à la tombée du jour, entraînant le regroupement des Musulmans qui avaient fui à l’annonce de la mort de leur chef. Mais, l’armée d’Abou Sofian préfère se contenter de cette victoire partielle ; elle délaisse le champ de bataille et le dernier carré des forces musulmanes, pour aller clamer son triomphe aux gens de La Mecque ; en cours de route, certains, regrettant de n’avoir pas poursuivi leur avantage jusqu’au bout – c’est -à- dire, de n’avoir ni capturé les femmes et les enfants des Musulmans, ni pillé leurs biens -, proposent de retourner vers Médine ; toutefois, on leur apprend que les troupes musulmanes sont à leur poursuite et ils préfèrent rentrer précipitamment chez eux ; d’ailleurs, la nouvelle était bien fondée car, le Prophète avait, sur ordre de Dieu, chargé ’Ali de poursuivre les infidèles.

 

Bien que les Musulmans subirent de lourdes pertes dans cette bataille, les effets de cette défaite leur furent bénéfiques ; en effet, ils tirèrent la leçon de cette guerre qu’ils avaient perdue parce qu’ils n’avaient pas suivi les ordres du Prophète.

 

Les deux armées s étaient promis, à la fin de la bataille, de se retrouver l’année suivante au même endroit, à la même époque. Le Prophète et ses hommes se présentèrent au moment convenu mais, les forces des infidèles évitèrent l’affrontement.

 

Après la guerre de Badr, les Musulmans s’organisèrent d’une meilleure façon et l’Islam se propagea dans toute la péninsule arabique ; sauf la région de La Mecque et de Tâ’éf qui restèrent imperméables à la nouvelle religion.

 

La « bataille du Khandakh (fossé) » est la troisième guerre qui oppose les infidèles de La Mecque aux partisans du Prophète ; dans ce dur combat, les infidèles avaient engagé toutes leurs forces pour anéantir les Musulmans. Cette bataille du « fossé » ou « guerre des factions » est entrée dans l’histoire de 1’Islam.

 

Après la bataille d’Ohod, Abou Sofian et les dirigeants de La Mecque avaient cru avoir porté un coup décisif à l’Islam. Pour parfaire leur victoire, ils excitaient les tribus arabes contre Mohammad et attisaient l’hostilité des Juifs. Ces derniers, qui avaient conclu, avec les Musulmans un pacte de non agression, finirent par violer leurs promesses en soutenant les infidèles. C’est pourquoi, en l’an 5 de l’hégire, une puissante armée, composée de la tribu de Qoreysh, des clans arabes et juifs, attaqua la ville de Médine. Le Prophète qui avait été informé de l’attaque ennemie demanda l’avis de ses compagnons.

 

Après avoir délibéré, on suivit la proposition d’un des compagnons, Salmân le Persan ; on fit creuser autour de la ville un fossé défensif, une tranchée fortifiée. Lorsque les troupes d’Abou Sofian parvinrent aux portes de Médine elles ne purent franchir le fossé ; elles entreprirent de faire le siège de la ville mais, le vent, le froid, la fatigue et la discorde entre les clans arabes et juifs obligèrent bientôt les assiégeants à abandonner la partie. C’est au cours de cette guerre que le plus prestigieux chevalier arabe ’Amro Ibn Abdwoud est tué par le noble et puissant ’Ali. Les guerres qui suivent la bataille du fossé opposeront les Musulmans aux Juifs ; ceux-ci n’ayant pas respecté le pacte de non-agression, s’étant ralliés perfidement aux infidèles de La Mecque, le Prophète infligea, sur ordre de Dieu, une sévère punition aux Juifs de Médine. Dans les divers affrontements les Musulmans sortiront victorieux, notamment à Kheybar où, pourtant, les Juifs possédaient des fortifications solides, des soldats aguerris, des équipements militaires. Lors de la prise de château de Kheybar, le vaillant ’Ali joua un rôle déterminant : après avoir tué le célèbre champion juif Marhab et dispersé les soldats ennemis, ’Ali défonce la porte de la forteresse envahie par les guerriers de l’islam et fait flotter le drapeau de la foi musulmane sur les donjons de la plate-forme. Avec ces guerres qui se terminent en l’an 5 de l’hégire, les Juifs du Hedjaz eurent leurs comptes réglés.

 

L’appel de l’Islam aux princes et rois

 

Le Prophète de l’islam s’installa à Médine où la plupart des Musulmans maltraités de La Mecque vinrent le rejoindre, accueillis avec chaleur par les « ansârs » de la ville. C’est à Médine que Mohammad fit construire la mosquée d’A1-nabi (du prophète) ; d’autres mosquées s’édifièrent peu à peu et divers émissaires allèrent prêcher la bonne parole aux alentours ; des traités furent conclus avec les clans arabes ou juifs vivant à Médine où dans la région.

 

En l’an 6 de l’hégire, le Prophète envoya des lettres aux rois et sultans de pays tels que le Shah d’Iran, le César de Rome, le Khédive d’Egypte et le Négus d’Abyssinie.

 

Après quelque temps, les infidèles de La Mecque ayant à nouveau rompu les clauses du traité, le Prophète décida de conquérir La Mecque, En l’an 8 de l’hégire, il lance dix mille de ses guerriers sur la ville qui est conquise sans effusion de sang ; les idoles de la Ka’aba sont brisées et tous les habitants de La Mecque se convertissent à l’Islam ; les dirigeants de la ville qui, pendant vingt ans, s’étaient si violemment opposés à Mohammad et à ses adeptes furent appelés et pardonnés par le Prophète.

 

Après la conquête de La Mecque, le Prophète commença à nettoyer les environs des derniers Arabes idolâtres. L’une de ces opérations de nettoyage devint la « bataille de Honayn », un des combats les plus importants du Prophète ; dans la vallée de Honayn – située à une journée au sud de La Mecque -, douze mille combattants musulmans affrontèrent des milliers de cavaliers de la tribu Hawâzen ; la bataille fut terrible et dès le début, les Hawâzen prirent un tel avantage que, mis à part ’Ali qui tenait l’étendard de l’Islam aux cotés de Mohammad et quelques braves, les troupes musulmans battaient en retraite.

 

Heureusement, quelques heures après, d’abord les « ansâr » puis, les autres Musulmans, reprenaient leurs postes et chargeaient l’ennemi victorieusement. Au cours de cette guerre, tous les cinq mille prisonniers capturés par les forces de l’Islam furent libérés sur ordre de Mohammad. Le Prophète remboursa en argent ceux qui n’avaient pas apprécié la libération de leurs prisonniers.

 

L’expédition de Tabouk fut entreprise en l’an 9 de l’hégire ; Mohammad envoie ses troupes aux frontières du Hedjaz et Shâm à Tabouk, car le bruit court que les Romains y ont concentré des forces ; un premier affrontement a lieu à Mouteh, où des chefs renommés tels Dja’afar Ibn Abi Tâlib, Zayd Ibn Hârith, Abdullah Ibn Rawâh tombent en martyr sous les flèches des soldats de César. Lorsque les 30.000 hommes du Prophète atteignent Tabouk, l’ennemi a déserté l’endroit ; les forces musulmanes y restent trois jours et après avoir nettoyé la région, regagnent Médine.

 

Au cours des dix années de séjour à Médine, le Prophète prit part – outre les batailles précitées – à quelque quatre-vingt batailles, dont une vingtaine, de façon personnelle. Quand il était sur le champ de bataille, Mohammad ne se comportait pas comme la plupart des chefs de guerre ; c’est-à-dire, il ne donnait pas des ordres de massacre à partir d’un abri ; il affrontait l’ennemi aux cotés de ses hommes. Toutefois, jamais il ne se réjouit de la mort de quelqu’un. Avec la prise de La Mecque, l’Islam dominait totalement la péninsule arabique ; la ville où se trouvait la Ka’aba fut conquise en l’an 8 de l’hégire par les troupes islamiques. Après La Mecque, Tâ’ef tomba rapidement aux mains des Musulmans.

 

C’est en l’an 10 de l’hégire que le Prophète effectuant le pèlerinage de l’adieu – c’est-à-dire, son dernier pèlerinage – se rendit à La Mecque. Après y avoir célébré les cérémonies relatives et donné ses dernières instructions aux gens, il rentra à Médine. Au cours du retour, il fit arrêter sa caravane près de l’étang de Khom (ghadir Khom) ; là, devant près de 120.000 pèlerins venus des divers points de la péninsule, le Prophète leva la main d »Ali et le présenta comme son successeur.

 

Cette intervention de Mohammad résolut la question du gouvernement de la société islamique ; c’est-à-dire elle désigna celui qui devait être chargé du gouvernorat des Musulmans, du maintien du Livre, de la tradition, des lois et de l’orientation religieuse : <>(Coran, V, 67).

 

Quelque temps après son dernier pèlerinage à la Mecque, le Prophète décédait.

 

L’installation du Prophète à Médine et l’expansion musulmane

 

L’appel lancé à Médine par le Prophète fut entendu ; de tous les coins, de toutes les tribus on accourut pour se convertir à l’Islam. En dix ans – durée du séjour de Mohammad à Médine – la nouvelle religion s’empara entièrement de la péninsule arabique. Au cours de cette dizaine d’années, le Prophète ne se préoccupa que de sa mission ; sans le moindre répit, il instruisait les hommes leur enseignant les règles, les normes musulmanes, les commandements divins révélés ; il répondait à leurs questions, débattant même avec les savants et doctes des autres religions, notamment avec les rabbins juifs. I1 dirigeait les affaires de la communauté faisant tourner la roue de leur vie quotidienne. Malgré toutes ses occupations, Mohammad consacrait une part importante de son temps à la prière et au culte de Dieu : il jeûnait souvent au cours de l’année, notamment pendant les mois de rajab, de sha’bân, de ramadan , ainsi que de nombreuses autres journées. Parfois, le Prophète jeûnait pendant plusieurs jours et nuits successifs, s’occupant de travaux domestiques, gagnant sa vie à la sueur de son front.

 

Le Seigneur Tout-Puissant a résumé les événements et le cours de ces dix années :

 

Evoquant ce qui distingue la communauté musulmane des autres communautés, le Seigneur déclare : « Ils commandent le bien et interdisent le mal » (Coran, III, I 10).

 

Un aperçu sur la personnalité morale et spirituelle du Prophète

 

D’après les sources historiques les plus sûres, le Prophète vénéré a grandi dans un milieu des plus défavorables où régnaient la corruption, le vice et l’ignorance. C’est dans une telle atmosphère qu’il passa son enfance et sa jeunesse, sans bénéficier de la moindre éducation ou formation scientifique.

 

Bien que Mohammad n’adorât aucune idole et ne commit aucun acte inhumain, il vivait comme les autres dans ce milieu misérable. Ce contexte qui était loin de prédisposer à une haute destinée allait pourtant faire d’un pauvre orphelin analphabète un prophète de renom, fait des plus incroyables…

 

Une nuit, alors qu’il était en pleine dévotion et prière, sa personnalité subit une mutation profonde : d’obscure elle devint illuminée, comme divine ; les idées et croyances millénaires de la société humaine devinrent pour lui des superstitions du passé ; les lois et doctrines en cours lui apparurent, à juste titre, injustes et tyranniques Unissant le passé à l’avenir, il perçut parfaitement la voie du bonheur des hommes ; sa vision et sa perception se modifièrent entièrement, de sorte qu’il ne vit et n’entendit que la vérité divine, qu’il ne parlât que d’elle. Ainsi, bientôt, dans un milieu voué au commerce et au profit, retentit un discours céleste plein de sagesse ; ce discours, proféré par Mohammad, se lançait à l’assaut des anciennes croyances et voulait renverser l’ordre traditionnel basé sur l’erreur et l’oppression. Sans se soucier de la puissance des forces et coalitions adverses, l’Envoyé s’insurgeait pour réformer le monde des hommes, pour restaurer la vérité divine.

 

Le Prophète diffusa son message, divulgua les vérités de l’existence à partir de l’existence du Seigneur unique de l’univers. I1 expliqua ce qui caractérise la morale supérieure de l’homme, explicitant les particularités morales humaines. I1 montra qu’il avait une conviction totale en ce qu’il prêchait puisqu’il conjuguait l’agir au dire. I1 apporta aux hommes des principes, des règles – toute une série de rites culturels – qui révélaient, de la plus belle façon, la soumission de l’homme devant l’immense grandeur de Dieu l’Unique. I1 proposa des lois juridiques et pénales bien articulées et fondées sur l’unicité divine et le respect de la morale humaine.

 

L’ensemble des lois que le noble Prophète a établi – aussi bien pour le culte que pour les transactions – englobe un vaste domaine : il touche toutes les activités privées et sociales de l’homme ; il aborde les divers problèmes et besoins auxquels se voient confrontés l’individu actuel ; il évolue avec le temps.

 

Pour le Prophète, ces lois religieuses sont universelles et éternelles ; il considère que l’Islam peut satisfaire tous les besoins matériels et spirituels de la société humaine et c’est pour assurer leur bonheur que les hommes le choisissent ; il déclare lui-même :

 

D’ailleurs, le Prophète n’a pas avancé ce propos gratuitement, mais après avoir bien examiné la Création du monde humain et prévu son avenir en liaison avec ses prescriptions ; autrement dit, après avoir d’une part, reconnu l’accord parfait entre ses lois et la constitution physique et mentale de l’homme, et d’autre part, après avoir tenu compte globalement des changement à venir et des bienfaits dont bénéficiera la société musulmane, Mohammad a jugé que ses lois et prescriptions religieuses étaient éternelles.

 

Dans les prévisions que nous a laissées le Prophète – comme le prouvent des documents indiscutables – la situation du monde musulman après sa mort s’y trouve évoquée.

 

Toutes ces actions accomplies par l’envoyé de Dieu se sont étalées sur vingt trois ans, dont treize passés à supporter les exactions et tortures des infidèles de La Mecque, et dix à guerroyer, à combattre tantôt l’ennemi extérieur, tantôt l’ennemi intérieur – « hypocrites », saboteurs -, quand il ne s’agissait de gérer la vie des Musulmans, de réformer leurs opinions, leurs croyances, leur morale, leurs activités, de résoudre leurs multiples problèmes.

 

Le Prophète a parcouru tout ce long chemin grâce à une volonté inflexible fondée sur la vérité et visant à la restauration de la justice sur terre. Sa conception, pleine de lucidité et de bon sens, ne reconnaissait que la vérité, rejetait totalement l’erreur et l’injustice, sans faire le moindre cas – comme les démagogues – des intérêts ou des passions des gens. Ainsi Mohammad accepta, de tout cœur et pour toujours, ce qu’il crut relever de la vérité ; il rejeta à jamais ce qu’il jugea faux ou empreint d’erreur.

 

Une personnalité spirituelle extraordinaire

 

Si l’on réfléchit objectivement et en toute honnêteté sur les propos du chapitre précédent, il ne fait aucun doute que l’apparition d’une telle personnalité, dans de telles conditions, relève de l’inhabituel, du prodigieux et ne peut pas avoir une cause autre que divine. C’est pourquoi, dans le Coran, le Seigneur Tout-Puissant insiste, à diverses reprises, sur l’état initial du Prophète ; cet illettré, cet orphelin, ce pauvre devient, par la grâce du ciel, une personnalité hors du commun :

 

< (Coran, XCIV, 4).

 

<<’Tu ne récitais aucun Livre avant celui-ci ; tu n’en traçais aucun de ta main…>> (Coran, XXIX, 48).

 

< (Coran, II, 23).

 

La conduite exemplaire du noble Prophète

 

L’unicité divine (tawhid) constitue le principe fondamental unique sur lequel le Prophète a basé et édifié sa religion ; pour lui, ce principe fonde le bonheur des hommes sur terre. D’après l’unicité divine, le Seigneur unique est le créateur originel du monde, l’Etre suprême digne d’être adoré et vénéré ; on ne doit se prosterner que devant le Seigneur transcendant. Aussi, la méthode qui doit devenir courante dans la société ne doit reposer que sur la fraternité, l’égalité des hommes et le seul pouvoir absolu qu’il faut reconnaître, celui de Dieu. La parole divine nous l’affirme : <> (Coran, III, 64).

 

Sa Sainteté Mohammad ne visait qu’à propager avec affabilité la religion de l’unicité divine ; il appelait les gens à s’y convertir, avançant patiemment ses preuves, répondant de bon cœur à leurs interrogations ; il recommandait à ses adeptes et compagnons de suivre sa conduite, comme le lui ordonnait, d’ailleurs, la parole divine : <> (Coran, XII,108).

 

Le noble Prophète se comportait en frère, en égal avec tout le monde et dans la mise en œuvre des prescriptions et peines divines il ne faisait aucune discrimination, aucune exception. Pour lui, il n’y avait pas de différence entre le riche et le pauvre, le parent et l’étranger, le faible et le puissant, l’homme et la femme, l’homme blanc et l’homme noir. Chacun avait des droits consacrés par les lois religieuses et Mohammad disait : « Si ma fille Fâtemeh, que je chéris tant, se mettait à voler, je lui couperais la main » .

 

Personne n’avait le droit de dominer et de contraindre les autres et les gens avaient, dans le cadre de la loi, le maximum de liberté (rappelons que la liberté n’a de sens que dans le cadre de la loi et, ceci, aussi bien en Islam que dans les autres pays).

 

C’est à cette méthode axée sur la liberté et la justice sociale que se rélère le Seigneur Tout-Puissant, lorsqu’Il présente Son Prophète bien-aimé : < (Coran, VlI,157-158).

 

Autrement dit, le Prophète appliquera la méthode que le Seigneur Tout-Puissant lui a commandée.

 

C’est pourquoi, le noble Prophète (que Dieu le bénisse) ne revendiqua pour lui-même aucun privilège, menant une vie modeste, semblable à celle du peuple : il s occupait des travaux domestiques, recevait personnellement les gens, avec bienveillance et simplicité ; il se déplaçait sans escorte, sans apparat et cérémonial ; quand il acquérait un bien, il ne manquait pas de le partager avec les pauvres, préférant vivre comme les humbles ; il ne négligeait rien dans la défense des droits du peuple mais, en ce qui concerne ses propres droits, il se montrait plein de clémence et de mansuétude ; lors de la prise de La Mecque, lorsqu’on lui amena les chefs du clan Qoreyshite – ceux-là mêmes qui l’avaient opprimé et accablé depuis l’hégire -, il ne leur fit aucun reproche, aucune critique et leur accorda le pardon.

 

Le noble Prophète (que Dieu le bénisse) était, de par ses qualités morales et ses vertus, donné en exemple, tant par ses amis que par ses ennemis. Son affabilité, son caractère sociale, sa longanimité, sa modestie, sa gravité étaient sans pareil. C’est pourquoi le Coran le loue en ces termes : « Certes, tu possèdes un caractère magnanime »

 

Quand le Prophète rencontrait quelqu’un – même lorsqu’il s’agissait d’un enfant ou d’une femme -, il prenait les devants dans la salutation. Un jour, un de ses compagnons lui demanda de l’autoriser à se prosterner devant lui. I1 lui répondit : « Que dis-tu ce sont les manières de César et du Shah, non celles du Prophète et du serviteur de Dieu » qu’il fut chargé par le Seigneur de propager la religion et de guider les hommes, le Prophète se mit à l’œuvre sans le moindre répit ; pendant les treize années qu’il vécut à La Mecque (avant l’hégire), il ne s’occupa que de propager la foi divine et de vénérer le Seigneur ; malgré les vicissitudes que lui firent endurer les Arabes infidèles, il ne manqua pas à sa tâche ; au cours des dix années qui suivent l’hégire, il parvint à diffuser l’Islam et ses règles tout en luttant contre les ennemis de la religion, les Il s’occupait personnellement des plaintes des gens alors que la conduite et la gestion des affaires de la société islamique – c’est-à-dire, toute la péninsule arabique – prenait déjà une grande partie de son temps ; en effet, il désirait résoudre les problèmes du peuple et garder un contact direct avec les masses. La bravoure et le courage du noble Prophète furent sans pareil puisqu’il se dressa tout seul contre les pouvoirs tyranniques existants appelant les gens à se soulever contre l’oppression et pour la vérité ; il supporta avec ténacité les persécutions et les tourments des oppresseurs de l’époque, sans jamais perdre courage et renoncer à sa mission.

 

I.e Prophète (que Dieu le bénisse) soignait minutieusement son hygiène et sa propreté, considérant la propreté comme un signe de la foi ; de plus, il s’habillait avec attention et chaque fois qu’il sortait, il apparaissait très propre et bien vêtu ; d’ailleurs, il était passionné de parfums. Au cours de sa vie, Mohammad ne changea pas de caractère et de nature ; il resta modeste et humble alors qu’il occupait une position exceptionnelle qui lui donnait d’immenses privilèges.

 

Jamais une injure, une fadaise n’emplit la bouche du noble Prophète ; jamais on ne le vit ricaner ou se comporter avec légèreté et insouciance ; il aimait beaucoup méditer et réfléchir ; toujours disposé à entendre les plaintes et critiques des gens, il les écoutait sans les interrompre puis, leur répondait ; il ne s’opposait pas à la libre opinion et chaque fois qu’il révélait l’erreur de telle personne, il le faisait en le réconfortant.

 

Le Prophète (que Dieu le bénisse) était très bon, plein de mansuétude, sensible aux souffrances des autres. Toutefois, il était rigoureux dans l’application de la loi divine, châtiant tout délinquant, tout coupable, sans faire d’exception : ainsi, deux personnes, accusées d’avoir volé les biens d’un compagnon du Prophète, furent traduites en justice ; l’une était de religion musulmane, l’autre de refigion juive. Nombre de compagnons du Prophète demandèrent à ce dernier de trancher au profit du Musulman et, ainsi, préserver l’honneur de la communauté islamique face à celle des Juifs, ennemis jurés de l’Islam. Mohammad refusa car, il ne cherchait qu’à défendra vérité et à punir le vrai coupable ; aussi, après avoir entendu les deux accusés, il condamna le Musulman.

 

Avant la bataille de Badr, le Prophète passait en revue ses troupes pour s’assurer de leur disposition ; apercevant un soldat sorti du rang, il le fit reculer en lui appuyant le bout de sa canne sur le ventre ; le guerrier lui dit :

 

Le Prophète lui tendit alors sa canne et dénudant son ventre lui répondit :

 

Le testament du noble Prophète aux Musulmans

 

L’univers humain est condamné – comme tous les éléments constituant l’univers existant – à évoluer, à se transformer ; de plus, la nette différence qu’on constate dans la constitution des êtres humains entraîne des goûts et des dispositions variés ; aussi, chez la plupart des gens, aussi bien au niveau de l’intelligence et de la compréhension, qu’au niveau de la mémoire et de l’oubli, on constate une grande diversité et divers degrés. C’est pourquoi les croyances, les usages et règles qui gouvernent une communauté peuvent rapidement se modifier, se déformer et disparaître ; surtout quand ils ne sont pas enracinés et défendus par des gardiens sûrs… l’expérience l’a prouvé. Pour prévenir ce danger qui menace toute communauté, le noble Prophète (que Dieu le bénisse) présenta aux hommes les gardiens compétents de cette religion universelle et éternelle et leur recommanda le Livre divin et les gens de la Maison (ahlé beyt). Comme le relatent successivement les divers sectes islamiques, le noble Prophète (que Dieu le bénisse, lui et sa famille) aurait dit à plusieurs reprises : « O vous, les gens, en vérité j’ai laissé parmi vous ce grâce à quoi vous ne vous égarerez pas après moi si vous vous en saisissez : les deux trésors (ath-thiqlayn), l’un étant plus grand que l’autre ; le Livre de Dieu, une corde tendue entre le ciel et la terre, et ma famille, les gens de ma demeure. En vérité, ces deux-là ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils viennent me rejoindre au bassin [paradisiaque]. »

 

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