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Assassinat de Mir Asadollah Madani (9 Dhu al-Qi'dah 1401 AH)

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Assassinat de Mir Asadollah Madani (9 Dhu al-Qi'dah 1401 AH)

 

Introduction

 

Le 9 Dhu al-Qi'dah 1401 AH (correspondant au 11 septembre 1981), l’ayatollah Mir Asadollah Madani est assassiné à Tabriz (Iran) par l’organisation terroriste des Moudjahidines du peuple (MEK, groupe alors allié à Saddam Hussein). Représentant du guide suprême (Khomeiny) dans la province d’Azerbaïdjan oriental et vendredi, il est l’un des nombreux clercs chiites tués pendant la « guerre des villes » que le MEK mène contre le jeune régime iranien. Dans la mémoire chiite iranienne, Madani est célébré comme un soldat de l’imam Khomeiny et un martyr de la révolution islamique.

 

Développement

 

1. Qui est Mir Asadollah Madani ? :

 

· Né en 1914 à Tabriz, il étudie à Najaf sous les grands marjas (Muhsin al-Hakim, Abu al-Qasim al-Khoei). Il est un théologien de haut niveau (hodjat ol-eslam), mais surtout un organisateur : c’est lui qui structure les réseaux chiites en Azerbaïdjan sous le shah.

· Après 1979, Khomeiny le nomme imam al-jumu’a (prédicateur du vendredi) de Tabriz et son représentant personnel dans le nord-ouest de l’Iran.

 

2. Contexte de l’assassinat :

 

· 1981 est l’année la plus sanglante pour la révolution iranienne : le MEK, soutenu par l’Irak de Saddam, tue plus de 2 000 responsables. Le 28 juin (22 tir) 1981, un attentat fait 73 morts dont le chef de la justice (Beheshti). Le 30 août, le président Rajai et le Premier ministre Bahonar sont tués.

· Madani tombe le 11 septembre (9 Dhu al-Qi'dah). Un agent du MEK, déguisé en coursier, pose une bombe dans sa voiture.

 

3. Spécificités du récit :

 

· Comparaison avec les imams : Dans les sermons chiites iraniens, Madani est comparé à l’imam Ali (assassiné en prière) car il revenait de la mosquée quand la bombe a explosé. Sa mort « en état de prière » (juste après avoir conduit la prière du vendredi) lui vaut le titre de shahid al-mihrab (martyr du sanctuaire, titre donné à Ali et à quelques clercs chiites).

· Femmes et martyre : Son épouse, qui se trouvait à côté de lui, perd une jambe mais survit. Les chiites y voient un signe : la famille du savant doit aussi porter la croix de la lutte (comme Zaynab après Kerbala).

· Sanctification rapide : Moins d’un an après sa mort, Khomeiny émet une fatwa qualifiant Madani de « martyr vivant auprès de Dieu ». Son tombeau à Tabriz devient un lieu de pèlerinage local.

 

4. Pratique chiite du 9 Dhu al-Qi'dah en Iran :

 

· Ce jour est officiellement inscrit au calendrier iranien comme jour du martyre de l’ayatollah Madani. Les chaînes télévisées diffusent des documentaires sur sa vie.

· Les fidèles se rendent sur sa tombe, récitent la fatiha et des prières pour les « martyrs de la révolution ».

· Les orateurs rappellent que Madani est mort un 9 Dhu al-Qi'dah, le même jour où Muslim ibn Aqeul avait écrit sa lettre (sujet n°5). Ils établissent un lien : « Muslim mourut pour l’imam de son temps (Hussein), Madani mourut pour l’imam de son temps (Khomeiny). »

 

5. Critique interne chiite (minoritaire) : Certains chiites traditionalistes (non partisans de la wilayat al-faqih) objectent que faire de Madani un « martyr » au même titre que Muslim ibn Aqeul relève d’une sacralisation politique. Mais l’État iranien et la majorité des chiites duodécimains rejettent cette critique : pour eux, la révolution islamique est une extension de Kerbala, donc ses morts sont des martyrs au sens plein.

 

Conclusion

 

Le 9 Dhu al-Qi'dah porte donc un double assassinat dans la mémoire chiite : en 60 AH, la lettre de Muslim annonce sa mort prochaine ; en 1401 AH, un ayatollah tombe sous les balles de l’opposition armée. Pour les chiites, cela montre que le chemin des imams est toujours sanglant : aucun siècle n’épargne les fils d’Ali. Mir Asadollah Madani n’est pas un imam, mais il est un modèle de résistance pour les chiites d’Iran, d’Irak et du Liban. Son anniversaire rappelle que Dhu al-Qi'dah, mois sacré où la guerre est interdite, peut tout de même être traversé par la violence politique – ce qui rend le martyr encore plus pur, car il est tué sans s’y attendre, en terrain supposé protégé.

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