Le site des Imams Al Hassan et Al Houssein pour le patrimoine et la pensseé islamique.

Le jeûne de la veille du Dahw al-Ardh (24 Dhu al-Qi'dah)

0 votes 00.0 / 5

Le jeûne de la veille du Dahw al-Ardh (24 Dhu al-Qi'dah)

 

Introduction

 

Dans la tradition chiite, le jeûne du 24 Dhu al-Qi'dah (veille du Dahw al-Ardh) est une pratique recommandée (mustahab), distincte du jeûne plus célèbre du 25 Dhu al-Qi'dah (sujet n°17). Si le jeûne du 25 est associé à l'étalement de la Terre et aux naissances d'Ibrahim et d'Issa, celui du 24 est une préparation spirituelle à la nuit bénie du 24-25 (sujet n°29) et au grand jour qui suit. L'imam as-Sadeq (6e imam) a dit : « Celui qui jeûne le 24 Dhu al-Qi'dah, Dieu lui donne la récompense de celui qui a jeûné toute l'année, pourvu qu'il passe la nuit suivante en prière. » Ce jeûne, moins connu, est pratiqué par les chiites les plus pieux.

 

Développement

 

1. Le fondement dans les sources chiites :

 

· Sayyed Ibn Tawus (sujet n°4) rapporte dans Iqbal al-a'mal que l'imam as-Sadeq recommandait le jeûne du 24 Dhu al-Qi'dah, en complément de celui du 25.

· Le cheikh al-Hurr al-'Amili (auteur de Wasa'il al-shi'a) confirme l'authenticité de ce hadith.

 

2. Pourquoi jeûner le 24 plutôt que le 25 ? :

 

a) La préparation à la nuit bénie : Le jeûne du 24 allège le corps, clarifie l'esprit, et permet de mieux veiller la nuit suivante (24-25). Un estomac plein endort ; un estomac vide éveille.

 

b) L'anticipation de la grâce : Le 24 précède immédiatement la descente de la miséricorde du 25. Jeûner le 24, c'est se présenter vide (de nourriture) pour être rempli (de bénédictions).

 

c) L'expiation des péchés du mois : Si on a péché pendant les 23 premiers jours de Dhu al-Qi'dah, le jeûne du 24 expie ces péchés, permettant d'aborder le 25 (Dahw al-Ardh) dans un état de pureté.

 

3. Les mérites du jeûne du 24 (selon l'imam as-Sadeq) :

 

· Expiation des péchés d'un an : Les hadiths disent : « Ce jeûne efface les péchés de l'année écoulée. »

· Protection contre le feu de l'enfer : Le Prophète aurait dit : « Quiconque jeûne le 24 Dhu al-Qi'dah, Dieu lui construit une maison au Paradis. »

· Lumière dans la tombe : Au moment de l'interrogatoire des anges Munkar et Nakir, le jeûneur aura une lampe allumée.

· Multiplication des bonnes actions : Chaque bonne action faite ce jour-là est comptée 70 fois.

 

4. Les modalités du jeûne :

 

a) L'intention (niyya) : On dit le matin (avant l'aube) : « Je jeûne aujourd'hui (24 Dhu al-Qi'dah) par obéissance à Dieu, en suivant la sunna du Prophète et l'enseignement de l'imam as-Sadeq. »

 

b) Le moment : De l'aube (fajr) au coucher du soleil (maghrib). On mange un repas léger avant l'aube (suhur) et on rompt le jeûne à la tombée de la nuit (iftar).

 

c) Ce qu'on évite : Manger, boire, avoir des relations conjugales, mentir, médire, se mettre en colère.

 

d) Ce qu'on fait : On lit le Coran (surtout la sourate al-Fatiha, al-Ikhlas, al-Falaq, an-Nas), on récite des invocations, on donne l'aumône.

 

5. Le lien avec la veillée de la nuit suivante :

 

· L'imam as-Sadeq insistait : « Le jeûne du 24 n'est complet que si l'on veille la nuit du 24-25. »

· Si on ne peut pas veiller toute la nuit, on veille au moins jusqu'à minuit.

· Si on ne peut même pas veiller jusqu'à minuit, le jeûne reste valable, mais sa récompense est moindre.

 

6. Différence entre le jeûne du 24 et celui du 25 :

 

Aspect Jeûne du 24 Jeûne du 25

Rôle Préparation Célébration

Récompense 1 an de jeûne 70 ans de jeûne

Lien avec la nuit Nécessité de veiller Pas de veille obligatoire

Popularité Moins connu Très connu

Pratique Plutôt pour les pieux Pour tous

 

7. Que faire si on ne peut pas jeûner le 24 ? (Maladie, voyage, faiblesse) :

 

· Nourrir un pauvre (fidya) : donner l'équivalent d'un repas (environ 750 g de nourriture) pour chaque jour non jeûné.

· Jeûner un autre jour (qada') : n'importe quel autre jour de l'année, mais la récompense sera moindre.

· Faire une aumône (sadaqa) à la place.

 

8. Pratiques populaires :

 

· Le suhur (repas de l'aube) léger : On mange des dattes, du yaourt, du pain, de l'eau – rien de lourd pour ne pas avoir soif ou faim excessive pendant la journée.

· L'iftar (rupture du jeûne) avec le

 

s pauvres : On invite un pauvre à partager son repas du soir, ou on envoie de la nourriture à une famille dans le besoin.

· La lecture de la sourate Ya-Sin (n°36) après la rupture du jeûne : Cette sourate est appelée « le cœur du Coran ». On la lit pour ses bienfaits.

 

9. Témoignages :

 

· Beaucoup de chiites rapportent que le jeûne du 24, combiné à la veillée de la nuit suivante, leur a apporté une paix intérieure durable (plusieurs mois, parfois toute l'année).

· Un dicton chiite : « Le 24, on nettoie son corps par le jeûne. Le 25, Dieu nettoie son âme par le pardon. »

 

10. Le jeûne du 24 dans le calendrier chiite :

 

· Ce jeûne n'est pas mentionné dans le Mafatih al-jinan (Clés des paradis) aussi clairement que celui du 25, mais les érudits contemporains (comme cheikh Abbas al-Qummi) le recommandent.

· Dans les pays chiites (Iran, Irak, Liban), certaines mosquées affichent un rappel : « Demain 24 Dhu al-Qi'dah : jeûne recommandé. »

 

Conclusion

 

Le jeûne du 24 Dhu al-Qi'dah est une pratique de préparation – préparation à la nuit bénie qui suit, au grand jour du Dahw al-Ardh, au pardon de Dieu. Moins spectaculaire que le jeûne du 25 (70 années de récompense), il n'en est pas moins précieux pour les chiites qui veulent maximiser les bénédictions de la fin du mois sacré. En jeûnant le 24, veillant la nuit, puis jeûnant à nouveau le 25 (pour ceux qui le peuvent), le croyant vit 48 heures de dévotion intense qui transforment son année. Comme le dit l'imam as-Sadeq : « Le 24 est le vestibule ; le 25 est le sanctuaire. On n'entre pas dans le sanctuaire sans passer par le vestibule. » Ainsi, chaque année, des millions de chiites ouvrent la porte de leur cœur ce jour-là, par l'abstinence, l'humilité et l'espoir.

Ajouter votre commentaire

Commentaires des lecteurs

Il n\y a pas de commentaires
*
*

Le site des Imams Al Hassan et Al Houssein pour le patrimoine et la pensseé islamique.